Père DebergéLe mardi 9 février, à 17h30, le pape François recevait 726 Missionnaires de la Miséricorde (1) , provenant de tous les continents. J’avais la grâce d’en faire partie. Auparavant, le matin, nous avions vécu ensemble un temps d’adoration et de confession. Puis, dans l’après-midi, après une longue procession depuis le Château Saint Ange jusqu’à la Basilique saint-Pierre, nous avions, par groupes linguistiques, franchi la Porte sainte et nous étions recueillis devant les dépouilles de deux saints confesseurs capucins, Padre Pio et Léopold Madic, que le Saint Père avait, semble-t-il, fait venir pour cette occasion.
Lors de son allocution dans la salle royale du Palais apostolique du Vatican, le pape François évoqua certains souvenirs personnels et, dans un style à la fois pastoral et affectueux, insista fortement sur ce qu’il attendait des Missionnaires de la Miséricorde. A titre d’exemple, j’ai choisi ce passage qui traduit bien la tonalité de l’intervention :

« Avant tout, je désire vous rappeler que, dans ce ministère, vous êtes appelés à exprimer la maternité de l’Eglise (…) Nous ne pouvons pas courir le risque qu’un pénitent ne perçoive pas la présence maternelle de l’Eglise qui l’accueille et qui l’aime. Si cette perception diminuait à cause de notre rigidité, ce serait un grave dommage en premier lieu pour la foi elle-même (…) Au contraire, nous sommes appelés à être l’expression vivante de l’Eglise qui, comme mère, accueille quiconque s’approche d’elle, sachant qu’à travers elle, on est inséré dans le Christ. En entrant au confessionnal, souvenons-nous toujours que c’est le Christ qui accueille, le Christ qui écoute, le Christ qui pardonne, le Christ qui donne la paix. »
Le lendemain, 10 février, au cours de la messe du Mercredi des cendres dans la Basilique Saint-Pierre, le Pape François rappela à nouveau ce qu’il attendait des Missionnaires de la Miséricorde : « Chers frères, puissiez-vous aider à ouvrir les portes des cœurs, à dépasser la honte, à fuir la lumière. Que vos mains bénissent et relèvent paternellement vos frères et sœurs ; qu’à travers vous, le regard et les mains du Père se posent sur ses enfants et soignent leurs blessures. » Et c’est à la fin de la célébration, dans un envoi solennel, qu’il conféra le « mandat » de Missionnaire de la Miséricorde aux prêtres et religieux de tous pays réunis à cet effet.
Ainsi s’achevèrent ces deux journées, riches en ferveur et en intensité spirituelle et ecclésiale, pleines de tendresse aussi comme le fut ce long moment que prit le pape François à saluer les Missionnaires de la Miséricorde qui se présentaient à lui. Son visage radieux et aimant, sa disponibilité à chacun, et ce « Priez pour moi » qu’il m’adressa alors que je le remerciais pour son intervention, resteront longtemps gravées dans mon cœur de prêtre, ainsi que cette autre recommandation, prononcée le 9 février :
« Ce n’est pas avec le bâton du jugement que nous réussirons à ramener la brebis perdue dans l’enclos, mais par la sainteté de vie (…) La sainteté se nourrit d’amour et sait prendre le poids de celui qui est plus faible. Un Missionnaire de la Miséricorde porte le pécheur sur ses épaules et il le console par la force de sa compassion. »
Merci, Saint-Père

 

Mgr Pierre Debergé
Missionnaire de la miséricorde

 


(1)Ils sont 1142 au total. Dans la bulle d’indiction du Jubilé de la miséricorde, le Pape François avait indiqué son intention d’envoyer des Missionnaires de la Miséricorde au cours du carême. Il avait décrit leur mission en ces termes : « Ils seront le signe de la sollicitude maternelle de l’Eglise à l’égard du Peuple de Dieu, pour qu’il entre en profondeur dans la richesse de ce mystère aussi fondamental pour la foi. (…) Ils seront surtout signe vivant de la façon dont le Père accueille ceux qui sont à la recherche de son Pardon. » (§18).