Alors que nous continuons de vivre l'année de la vie consacrée, le P. Dominique Pacreau, capucin, nous explique ce qu'est la vie religieuse apostolique.

 

 

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Dans l’histoire de l’Eglise, les premiers religieux furent des ermites, puis des moines, retirés du monde et consacrés à la contemplation. Dans le haut Moyen Age, l’urgence de la mission et le souhait d’une vie d’Eglise plus proche de l’évangile font naître des ordres fondés entre autres par François d’Assise et Dominique de Gusnam  qui tout en maintenant une vie communautaire intense, avaient l’ambition de prêcher et de convertir. Dans tous les siècles qui suivent, d’autres congrégations ont le souci de répondre aux besoins de leur temps : mission à l’étranger au moment des grandes découvertes (Jésuites…) besoins sociaux (santé, enseignement..) qui ne sont pas satisfaits, formation des prêtres, etc… Le 19ème siècle en particulier voit de nombreuses congrégations religieuses surtout féminines prendre en charge les pauvretés des campagnes ou des villes, en France ou à l’étranger.

 La vie religieuse dite apostolique  comporte donc de nombreuses variantes. On peut cependant dire que les frères et les sœurs qui s’en réclament  (regroupés en ordres ou congrégations) ont des points communs.
    - Ils s’engagent dans la suite de leur baptême, à vivre l’évangile, vivant dans la pauvreté, la chasteté, l’obéissance  (certaines congrégations ajoutent d’autres « vœux »). Ils choisissent ce style de vie pour marquer leur consécration à Dieu, leur suite de Jésus : célibataire pour montrer que « Dieu est premier », partageant leurs ressources comme les premières communautés chrétiennes des Actes des Apôtres et dans le cadre d’une communauté qui a des responsables.
    - Ils vivent donc habituellement en communautés, partageant tout, vie spirituelle et besoins matériels, pour témoigner que d’autres types de société sont possibles que celle fondée sur le pouvoir, l’individualisme et l’argent.
    - Leur vie n’a de sens que fondée sur la suite de l’évangile et la prière commune est une part importante de leur emploi du temps.
    - Ils sont présents au monde de manière très diverse, mêlés à la vie sociale soit par le travail soit par des engagements sociaux ou humanitaires. Beaucoup n’ont pas hésité à partir « au loin » pour semer l’évangile dans une autre culture même inhospitalière, y risquant parfois leur vie. Dans les congrégations masculines, certains membres sont prêtres et donc souvent au service de l’activité ecclésiale.

Aujourd’hui, beaucoup de besoins sociaux que rendaient les religieux (hôpital…) sont pris en charge par la puissance publique. Les religieux sont donc amenés à retrouver ce qui fait l’essentiel de leur vie, une vie donnée à la suite du Christ de manière assez radicale. Les contemplatifs le font en s’isolant dans les monastères, les apostoliques essaient de le vivre en se mêlant à la vie du monde pour y témoigner que l’évangile « ça vaut la peine d’être vécu ».


Père Dominique Pacreau