Voici l'homélie du P. Blayac, vicaire général, pour les obséques du P.Michel.

« Nous serons enlevés sur des nuées à la rencontre du Seigneur dans les airs et ainsi nous serons toujours avec le Seigneur. »

Dans son ministère de prêtre, Claude a souvent été confronté à la mort et certaines particulièrement douloureuses, mais cette phrase de St Paul que nous venons d’entendre, il l’avait faite sienne, avec toute la joie de vivre qui l’animait.

Le dernier livre qu’il lisait nous aide aussi, avec notre tristesse, à comprendre cet événement du départ de Claude : « Au désir toujours impatient de faire, de prendre et de ne rien perdre, il faut donc répéter ces mots de Jésus sur la croix : « tout  est accompli ». Il n’y a plus qu’à célébrer. »

Ces mots Claude les a lus quelques jours avant de prendre son sac à dos, son bréviaire et de rejoindre la vallée de la Vis, seul à la rencontre de la beauté de la création, seul à la rencontre de son Sauveur.

Lui-même nous donne les clés : « Après le temps du croire, ce sera le temps de la rencontre, le temps de la plénitude. Voila la Bonne Nouvelle qui change la vie des hommes… Elle nous permet d’avancer en toute confiance, vers le face-à-face. Dans notre monde en déficit d’espérance, ceux qui croient à la résurrection sauront-ils porter l’espérance ? »

Cette question que Claude posait aux chrétiens des paroisses de Stella Maris en avril 2015, il nous la pose aujourd’hui, à chacun de nous.

De la vie de Claude, comme de son face-à-face avec Dieu, avec notre sœur la mort corporelle à qui nul homme vivant ne peut échapper, faisons un  amen. Oui, tout est accompli.

Dans ce face-à-face, Claude comprend tout l’engagement qui a été le sien, auprès d’ados des années 60-80, auprès d’enfants, d’enseignants, de parents de l’Enseignement Catholique, auprès de malades, de soignants, d’aumôniers d’hôpitaux et de visiteurs de malades, auprès de paroissiens, gens heureux ou gens souffrants, gens croyants ou gens en plein doute, auprès de vous ses neveux et nièces tant aimés. Tout est accompli.

C’est en cette année jubilaire de la miséricorde, cette année où résonnent les paroles du pape François, en qui il retrouvait les accents du concile Vatican II, que Claude vit le passage. Et alors que nous célébrons sa vie de frère à l’image du petit frère universel, sa vie de prêtre à la suite du Souverain Prêtre, sa vie pleine de distinction, de simplicité, de discrétion, nous l’entendons nous lire ces mots du pape François, qu’il a médité ces derniers jours : « Nous avons toujours besoin de contempler le mystère de la miséricorde. Elle est source de joie, de sérénité, et de paix, elle est le chemin qui unit Dieu et l’homme, pour que l’homme ouvre son cœur à l’espérance d’être aimé pour toujours. »

Claude nous l’a répété inlassablement, que nous sommes aimés par Dieu pour toujours. J’ai entendu bien des fois ces jours-ci : « Il m’a fait confiance », « il m’a permis de retrouver la confiance en moi, malgré la maladie, malgré mes erreurs. »

Si Claude disait cela, c’est qu’il le tirait de sa profonde méditation sur le mystère de l’homme et sur la certitude qu’il avait que Dieu est amour et qu’il sauve tout homme et toute la création.

Cette prière du petit frère de Jésus, Charles de Foucauld, avec laquelle Claude priait si souvent : « Mon Père je m’abandonne à toi, fais de moi ce qu’il te plaira. Quoi que tu fasses de moi, je te remercie, se suis prêt à tout, j’accepte tout. Pourvu que ta volonté se fasse en moi et en toutes tes créatures, je ne désire rien d’autre mon Dieu », aujourd’hui, elle nous permet de relire la vie de Claude, tout ce qu’avec l’humilité de l’enfant de Nazareth, il a pu faire. Aujourd’hui, nous le célébrons.

Tout est accompli dans la confiance en l’homme, dans la confiance en Dieu. Adieu Claude, le frère et le père, le croyant et l’ami.