Notre calendrier comporte un certain nombre de jours fériés en plus du dimanche, le jour du Seigneur Ressuscité. C’est le cas pour la Toussaint et l’on peut imaginer qu’il sera bien difficile de supprimer cette fête et le jour de congé qu’elle entraine, même pour l’esprit le plus laïcard qui soit !
La Toussaint, fête de tous les saints connus ou inconnus avec ceux et celles qui récemment ont été inscrits au calendrier religieux.
Après le pasteur Martin Lutter King, Mgr Oscar Roméro, les saints Jean XXIII et Jean-Paul II, les générations présentes ont été sensibles à Sainte Térésa, à l’abbé Pierre ou encore à Sœur Emmanuelle. Et voici que nous découvrons en eux leur profonde humanité, leurs doutes, les hauts et les bas de leur existence.
Nous avons appris cela sur Mère Térésa, après les révélations de lettres intimes où elle parle, comme tant d’autres saints et mystiques, de ses doutes, de ses nuits, de son chemin d’aridité spirituelle : « où es- tu, Seigneur ? » Pour elle, pour nous, la sainteté c’est la confiance et l’abandon à la grâce de Dieu qui peut réaliser des merveilles plus grandes encore, au cœur même de nos sentiments tiraillés.
Nous serions- nous laisser abuser au point de croire que tout était facile pour elle ? Que la foi lui était devenue naturelle ? Qu’elle percevait à chaque instant la présence de Dieu ? Aurions-nous confondu sainteté avec perfection, héroïsme, exploits humains ?
Dans la vie de tous les jours, nous expérimentons la pauvreté de nos réponses à l’amour de Dieu, à son appel à la sainteté. « Je ne suis pas Mère Térésa ! » Cette phrase nous redit bien la perception que beaucoup ont eue de l’action de cette femme devenue modèle et icône de la charité en acte.
Mais où puisait-elle, contre vents et marées, au creux des doutes et des difficultés à croire, la force de continuer ? Toute la révélation biblique nous en indique la direction. Inlassablement, c’est l’invitation à revenir au Seigneur, à faire mémoire de ses hauts faits, de ses bienfaits pour le peuple et pour chacun.
Il y a comme un leitmotiv qui court à travers toute la Bible : « rappelle-toi, souviens-toi, vous ferez mémoire des hauts faits de Dieu », de tout de ce qu’il a fait pour toi, pour vous et singulièrement la libération d’Egypte et de la servitude.
La Vierge Marie, dans son Magnificat se situe dans la grande lignée des saints du Premier Testament quand elle proclame : « Le Seigneur fit pour moi des merveilles, saint est son nom »… C’est le cri de l’humble servante du Seigneur qui accomplit son existence, sa vocation dans la logique du oui de l’Annonciation.
Et St Paul ne dit pas autre chose à son disciple Timothée : « ne néglige pas le don de la grâce qui te fut conféré… je te rappelle d’avoir à raviver le don de Dieu qui est en toi depuis que je t’ai imposé les mains » (1 Tm 4/14 et 2 Tm 1/6)
Voilà où s’origine la sainteté, dans le don de Dieu, dans la vocation, la réponse de nos commencements. Alors s’ouvre le chemin de nos vies, chemin de sainteté au croisement des appels de notre monde et de notre capacité à y répondre que seul peut nous donner l’Esprit de sainteté, l’Esprit-Saint.
P. Claude AZÉMA