A l’occasion de la journée mondiale des vocations du dimanche 17 avril, les membres du service diocésain des vocations vous présentent ce dossier. Vous y lirez des témoignages, des réflexions et des informations. Nous espérons que vous y trouverez une nourriture pour votre vie spirituelle et des ressources pour appeler aux vocations de prêtres et de consacrés. Nous serons heureux de collaborer avec vous pour toute action en ce sens : veillées de prière, temps forts, rencontres d’enfants ou de jeunes…
Alors que se préparent quatre ordinations pour cette fin d’année pastorale, nous portons plus particulièrement les ordinands dans notre prière.

Journée mondiale des vocations : dimanche 17 avril 2016
L’Eglise, mère des vocations

Dans la joie des ordinations qui s’annoncent, voici les informations pour la Journée mondiale des vocations. Le dossier du Service national des vocations est dématérialisé cette année. Vous pourrez le trouver sur le site du SNEJV (service national de l’évangélisation des jeunes et des vocations, onglets Pastorale des vocations, puis JMV et autres productions) ou directement à l’adresse suivante : http://www.jeunes-vocations.catholique.fr/pastorale-des-vocations/jmv-et-autres-productions/jmv-et-autres-productions.html

Nous vous rappelons les propositions du Service des vocations :
- La prière itinérante : accueillez dans votre aumônerie l’icône itinérante pour les vocations.
- La prière pour les vocations à l’église S. Denis à Montpellier dans la chapelle de l’adoration les samedis 16 avril, 7 mai et 4 juin de 11h à midi.
- Le Monastère invisible de Maguelone poursuit sa mission d’appel et de lien au service de la prière pour les vocations.
- La journée de prière pour les vocations sera dimanche 17 avril, nous nous tenons à votre disposition pour toute initiative qui trouverait sa place dans votre vie pastorale.
- Des entretiens personnels ont lieu avec des jeunes en recherche, merci de faire part de vos contacts au moment qui vous paraît favorable.
- L’image prière Vocations et miséricorde du national ainsi que des petits flyers Pourquoi pas moi et Ose ta vie avec le Christ. N’hésitez pas à en demander.
- Un quiz pour lycéens et étudiants est à votre disposition.
- Nous répondons aux diverses sollicitations de la pastorale des jeunes. Ce sont autant d’occasions de belles rencontres entre jeunes et avec les membres du SDV, parfois élargi. Merci de nous solliciter !

Restant à votre disposition, bien fraternellement dans la joie pascale,

L’équipe du Service des Vocations,


P. Bertrand Lacombe, Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser., délégué aux vocations

Sr Sonia, petite sœur des pauvres Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Sr Marie, petite sœur de s. François d’Assise Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Thierry et Denise Mateille, Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Diacre Alain Wetterwald, Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. 

 

Quelques chiffres pour notre diocèse

269 prêtres dans le diocèse dont 117 exerçant un ministère pastoral

37 diacres

14 séminaristes, la plupart en formation au séminaire de Toulouse

51 communautés de religieux ou de consacrés

11 vierges consacrées et 5 veuves consacrées

3 ermites

 

Sr SoniaTout quitter pour le Christ

 En 2005, après quelques années de discernement, je pris la décision de « tout quitter pour suivre le Christ ». Et si Saint Matthieu se leva et quitta son emploi de suite pour marcher à la suite du Christ, il n’en fut pas de même pour moi. La décision fut plus longue. Adolescente, j’ai ressenti l’appel du Christ à me consacrer à lui dans un ordre religieux, mais lequel ? J’ai rencontré des religieuses à l’école, au catéchisme mais ce n’était pas ça. Pourtant le Seigneur fait bien les choses. Ma tante, religieuse et membre de la Congrégation des Petites Sœurs des Pauvres, venait en famille. A cette époque, elle ne sortait que tous les cinq ans, et je n’avais pas eu encore la chance de la voir, en raison d’un éloignement géographique. Cette rencontre, le charisme de son institut, ce fut pour moi le premier déclic. Elle me parla de son travail, de sa vie religieuse. L’année suivante, avec toute ma famille, nous venions lui rendre visite. En fait, le but était de découvrir la maison de retraite pour y travailler l’été. Ce fut mon premier travail mais pas mon premier séjour. Les années suivantes, je reviendrai régulièrement, aidant dans les emplois au service des résidents, ou accompagnant les sœurs. C’est alors que je découvris la vie des petites sœurs dans le dévouement auprès des personnes âgées et leur moyen de subsistance : la quête. Elles m’invitèrent à partager les temps de prière et aussi les temps communautaires. Je passais aussi du temps avec une associée Jeanne Jugan (fondatrice des Petites Sœurs des Pauvres), et je lui parlais de mon désir de vie religieuse. Elle m’apprit la nécessité de recevoir le sacrement de confirmation et heureusement, le mois suivant un groupe se forma dans ma paroisse. Pendant deux ans, je cheminais dans ma foi, soutenue par des religieuses de divers ordres, en vue du sacrement et aussi dans des temps de partage biblique. Enfin, il me fallut l’aide de ma tante pour me pousser dans ma décision. Ce fut le deuxième déclic. Le temps passait, j’avais un travail, un appartement, mais je continuais pendant les vacances et les week-ends à rendre service et à venir prier chez les petites sœurs. Enfin, je décidais de tout quitter. Le plus dur fut de quitter le cercle familial. Mais le 1er octobre, en la fête de Sainte Thérèse, j’arrivais à Orléans pour commencer mon postulat.

Sr Sonia, Petite sœur des pauvres à Montpellier, membre du service des vocations


HumbertoAnnoncer avec assurance les merveilles de Dieu

 Je m’appelle Humberto, j’ai 35 ans, je suis colombien, et j’appartiens au Chemin néocatéchuménal. Je suis diacre et je serai ordonné prêtre le 19 juin pour le diocèse de Montpellier.

Après avoir eu, dans ma jeunesse, une vie mouvementée, j’ai rencontré le Seigneur à travers des catéchèses que j’ai écoutées dans la paroisse de Saint Joseph, en Colombie, dans un moment où je ne voyais plus quel sens avait ma vie.

Grâce à cela j’ai commencé un cheminement de foi dans une petite communauté, formée de gens de tous les âges et de conditions sociales variées, et ma vie a commencé à changer. C’est dans cette communauté du Chemin néocatéchuménal que j’ai pu goûter l’amour gratuit de Dieu, le pardon et la réconciliation : c’est là qu’est née ma vocation.

Après ma formation philosophique et théologique à Marseille et à Toulon, et avec l’aide spirituelle et humaine reçue de ma communauté et de mes formateurs, j’ai été envoyé dans notre diocèse. J’ai commencé mon insertion pastorale dans la paroisse N. D. de la Réconciliation à Béziers, où j’ai appris à connaître et à apprécier les personnes telles qu’elles sont. Cette année, je suis la formation diaconale au séminaire de Toulouse.

Avec toute l’expérience spirituelle et humaine acquise dans ce cheminement, je peux annoncer avec assurance les merveilles que Dieu a faites dans ma vie. C’est cela qui me fait répondre avec joie à son appel.

Humberto Pabon, ordonné prêtre pour le diocèse de Montpellier le 19 juin 2016


Sr Marie→  Harmoniques sur la vocation

 Qui dit vocation, dit diversité. Car elles sont nombreuses : prêtres, diacres, religieux et religieuses, moines et moniales, ermites, vierges consacrées et les formes nouvelles naissantes.

Qui dit vocation, dit recherche du sens de sa vie. Une vie aimante, féconde et heureuse, ouverte au monde et aux hommes, ajustée à Dieu.

Qui dit vocation, dit écoute de l’appel de Dieu. Dans le silence du cœur de chacun, porté par la lecture de la Parole de Dieu, la prière, les œuvres de miséricorde corporelles, la communauté. C’est parfois difficile dans l’agitation de notre monde.

Qui dit vocation, dit réponse. Tâtonnante tout d’abord, puis libre, joyeuse, forte, retentissante aux oreilles de tous. 

Qui dit vocation, dit Eglise. Parce que la vocation naît de l’Eglise, dans l’Eglise, pour l’Eglise et au-delà.

Qui dit vocation, dit prière. Sans notre prière pour tous les jeunes que le Seigneur appelle aujourd’hui, leurs oreilles, leurs yeux et leurs cœurs ne s’ouvriront pas.

Prions !

Sr Marie Grillon, Petite Sœur de St François d’Assise à Montpellier, membre du service des vocations
 
AWetterwald→ Le service de l’appel au nom du Christ

Ordonné diacre permanent à Lunel en Juillet 2011, Monseigneur Pierre-Marie Carré me confiait alors une lettre de mission avec ces points d’insistance : la famille, le monde du handicap et les vocations avec le service diocésain des vocations.

Il faut dire que l’attention avait été attirée sur une initiative l’année précédente. Avec une amie, nous avions lancé une « Prière Itinérante pour les Vocations Sacerdotales et Religieuses». Notre souci était de donner l’occasion au Peuple de Dieu de prier pour les Vocations.

Il me semble intéressant de vous confier le travail de l’Esprit Saint sur ma mission, au long de ces 5 années d’ordination.

Cette prière est itinérante et se déplace de clochers en clochers selon le vent. Au début de ma mission, je démarchais avec des tracts annonçant mon programme aux paroisses, soirées de prière, d’adoration, d’intervention aux jeunes… Le train était en marche, tout était calé, précis, nouveau… l’idée plaisait. Vite je me suis rendu compte que le projet ficelé d’avance était classé comme une activité manquant de vie.

• Premier changement, accepter l’œuvre de l’Esprit.
Je me surprenais à vider ma valise toute faite de propositions, en ne proposant aux paroisses qu’un projet à vivre et à développer ensemble. L’idée a surpris. Les réponses ont été beaucoup plus lentes à venir et à se concrétiser. Mais lorsque l’équipe locale adhère, avec son histoire et ce qu’elle est, la prière pour les vocations s’installe durablement, plus profondément, jusque dans chaque foyer.

• Deuxième changement, la prise de conscience de mon impuissance.
En parcourant le diocèse, je voyais des gens c’est sûr. Mais pour quels résultats. Seul l’Esprit Saint le sait. A ce moment-là, certainement se joue-t-il de moi pour me faire vivre ce qu’est une vocation, en m’envoyant un Appel à transmettre pour quelqu’un. Un appel si fort, si ardent, que je suis saisi et réalise qu’il provient du Ressuscité lui-même. Ce fut pour moi une période de solitude, car personne, j’étais peu suivi. Je recevais comme mission d’appeler moi-même directement. Quand cet appel fut donné à l’intéressé, le Seigneur me délivra de l’urgence de ce message à transmettre. Alors mon regard sur les vocations a encore changé.

• Troisième changement, le silence intérieur, l’émerveillement s’installe.
Mon cœur est encore déplacé. Je découvre que les vocations sont en réalité des hommes ou des femmes cherchant à devenir des disciples du Seigneur, non pas au sens « gentil » du terme mais au sens du mot grec mathèdès, c’est à dire « étudiant de Dieu ». Les amis de Jésus ont simplement faim de recevoir la Lumière du monde. Ils vivent avec Jésus au ‘jour le jour’. C’est ce qui nous manque aujourd’hui.
Alors comment faire des disciples aujourd’hui ? Je réalise combien s’occuper de vocations ou en parler en bonne assemblée n’est pas suffisant. C’est avant tout ‘sortir’ et inviter à chercher ensemble la Vérité de Dieu. Il nous faut partager ensemble et recevoir, surtout avec ceux qui sont différents. Il nous faut sortir de notre confort et avoir le courage de rejoindre toutes les périphéries en quête de la Lumière de l’Evangile (Cf. Pape François, La joie de l’Evangile). Aussi je remercie le curé et l’équipe d’animation pastorale de la paroisse de m’avoir envoyé au contact des Scouts et Guides de France de Lunel, 120 enfants, dont je suis aumônier. Dans ce petit peuple déjà au service les uns des autres il y a des âmes. Il convient que nous nous attardions avec eux dans un vivre-ensemble profond. Dieu s’infuse dans ces groupes, aumôneries paroissiales et groupes de jeunes. Les vocations sont aussi à la périphérie. Discuter avec un « étudiant de Dieu » provoque forcément un questionnement personnel sur sa propre foi. Nous sommes tous appelés à redevenir des étudiants de Dieu. Sachons nous vivifier mutuellement, pour ‘discuter le bout de gras ensemble’ autour du Ressuscité en l’écoutant. C’est Lui, et Lui seul qui appelle.

Conduire une mission confiée par le Père-évêque c’est tout sauf s’attendre à rester sur place. Le fruit de cette mission confiée, c’est goûter la grâce en mouvement de l’Esprit Saint. Je pense que je suis incapable de remplir ma mission. Mais une mission ne se remplit pas ; elle se vit, aussi je suis heureux de vous témoigner de ma joie à la vivre.

Alain Wetterwald diacre permanent à Lunel, membre du service diocésain des vocations

b.lacombeParmi les joies profondes des disciples du Christ, celles des consacrés et des prêtres

 Pour qui sait les voir, notre société procure des joies fortes et intenses. Elles ont généralement trait aux relations, à la nature, à la beauté, au sport, aux loisirs, au travail même… Elles laissent une empreinte et sont autant d’encouragements à poursuivre le chemin. Ce chemin est balisé par ces moments vifs et variés qui appellent sans cesse de nouvelles expériences. Ce sont autant de manières d’enrichir nos vies.

L’expérience religieuse trouve aussi sa place, par exemple à l’occasion d’un échange ou d’une visite dans un lieu porteur. De là à se tourner vers une vocation sacerdotale ou religieuse, il en faut plus. La question émerge plus souvent qu’on ne croit, mais elle est rapidement chassée par la quête d’une nouvelle expérience. On ne dit pas non, mais on est pris par le rythme de la vie. Néanmoins à la faveur d’une rencontre personnelle avec le Christ et de belles démarches ecclésiales, également quand apparaît dans l’accompagnement spirituel un ajustement à l’appel de Jésus, on en vient à répondre oui au Père miséricordieux. Il n’y a pas un seul bon chemin, mais des appels du Seigneur dans la diversité des parcours. Quand le oui est donné, le souffle de l’Esprit encourage à tout quitter pour entrer dans une longue préparation fraternelle et évangélique.

Après l’engagement dans une consécration ou l’ordination, les grâces se déploient dans la mission. Au sein des différentes vocations religieuses et sacerdotales, l’annonce du Royaume se traduit par un don de soi tout entier dans le célibat, une quête du Christ souvent dans un courant spirituel, une dimension communautaire prégnante, la prière et l’engagement pour les autres, la vie sacramentelle et le service, la prédication évangélique par la parole et par les actes, également l’acceptation parfois douloureuse de limites. Dans la vie consacrée, la mission s’articule autour des charismes fondateurs. Dans la vie presbytérale, elle s’oriente vers la vie pastorale et la célébration des sacrements. Chacune de ces vocations laisse émerger ses joies propres, notamment la disponibilité totale au Christ et au frère, l’accompagnement des petits et grands moments de la vie, l’annonce de la Parole de Dieu, la préparation et la célébration d’un sacrement, la participation à une œuvre commune, la fidélité dans le temps… La joie de la complémentarité des états de vie se manifeste aussi. Les prêtres et les consacrés partagent leur joie avec les autres disciples du Christ, ils échangent avec leur prochain et portent l’humanité aimée de Dieu.

Pour l’ensemble des chrétiens, la mission vient donner d’autres tonalités aux premières joies citées. Ces joies demeurent mais elles sont rapportées à la miséricorde divine qui précède toute existence et qui l’accompagne pour toujours. Il ne s’agit pas d’accumuler les expériences aussi belles soient-elles, mais à travers elles de préciser un chemin, d’approfondir une relation, de déployer des dons, et par là-même de mieux connaître et de mieux aimer le Seigneur. Ainsi la vie spirituelle n’est pas une juxtaposition de fruits indépendants les uns des autres, mais elle est l’arbre qui donne ces fruits.

Pour grandir, pour donner et recevoir, pour approfondir, la durée n’est pas une ennemie. La fidélité permet de l’habiter, sans fixisme, avec souplesse. Elle garde l’orientation tout en laissant la possibilité de s’y reprendre à plusieurs fois le cas échéant. Il faut du temps pour laisser croître la liberté des jeunes, pour faire des choix et les assumer, pour accepter le salut, pour trouver à tout âge du sens aux engagements… Dans l’Eglise, mère des vocations, ceux qui aident à rapprocher les fils de la vie et même à les tisser sont précieux. Les consacrés et les prêtres sont attendus pour leur témoignage et un soutien à la relecture de vie. Ainsi, la joie profonde des disciples du Christ ne sera plus la compilation d’une somme d’expériences hétéroclites, mais celle espérée et reçue de la reconnaissance de la lumière du Ressuscité qui transfigure nos vies.

P. Bertrand Lacombe, prêtre du diocèse de Montpellier, responsable du service des vocations