Selon la constitution du Concile Vatican II sur la liturgie, Sacrosanctum Concilium § 14, tous les moyens doivent être mis en œuvre pour faciliter et solliciter la participation pleine, consciente et active aux célébrations liturgiques.
Nos églises sont parfois équipées d’écrans utilisés lors des célébrations. Cet usage remplace les feuilles de chants ou livrets et présente des avantages, notamment du point de vue d’une économie de papier.
Leur usage appelle toutefois à un discernement qui favorise la participation active des fidèles, mais qui ne détourne pas l’attention de l’action liturgique. Il y a un juste équilibre à trouver.
Nous proposons ici quelques conseils dans un souci de maintenir et de favoriser un « art de célébrer ».

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 1. QUELQUES POINTS D’ATTENTION

 

Il est important de bien réfléchir à l’emplacement de l’écran. Il ne doit pas « entrer en concurrence » avec les principaux lieux de la célébration : l’ambon, l’autel, le siège de présidence, ni focaliser toute l’attention. 

Il faut également à projeter ainsi qu’au visuel qui les accompagne et qui n’est en général pas nécessaire.

De même, si la projection se fait par vidéo-projecteur, il faut veiller au bon emplacement de cet outil et de l‘ordinateur qui va avec…) pour éviter tout désagrément lors de la célébration. 

Il ne faut pas non plus que les écrans nuisent à l’architecture des églises, notamment lorsqu’ils ne sont pas utilisés.

 

2. QUELQUES REPÈRES AU FIL DE LA CÉLÉBRATION

– Le chant d’entrée, Les couplets et refrains.

Si le chant est développé, avec des parties dialoguées : soliste, chorale, assemblée, il est important de bien faire figurer ce qui revient à chacun pour éviter les confusions. 

Exemple : Si le Père vous appelle, de Didier Rimbaud et Jacques Berthier

Strophe 1

Soliste : Si le Père vous appelle à aimer comme il vous aime dans le feu de son Esprit,

Assemblée : bienheureux êtes-vous !

S : Si le monde vous appelle à lui rendre une espérance, à lui dire son salut,

Ass : bienheureux êtes-vous !

S : Si l’Eglise vous appelle à peiner pour le royaume aux travaux de la moisson,

Ass : bienheureux êtes-vous !


Refrain

Tressaillez de joie ! Tressaillez de joie

Car vos noms sont inscrits

Pour toujours dans les cieux.

 

Tressaillez de joie ! Tressaillez de joie

Car vos noms sont inscrits

Dans le cœur de Dieu !


 

– L’Ordinaire de messe : Il n’est pas utile de projeter systématiquement l’Ordinaire de messe, et particulièrement quand il est en français. Inutile de projeter les invocations « Seigneur prends pitié ». Cela fait partie de la mémoire de l’assemblée ; la mémoire est d’ailleurs un enjeu liturgique. Dans certains cas, à discerner pastoralement, notamment lors de célébrations particulières dont on saura que l’assemblée est susceptible de ne pas avoir cette mémoire, on pourra le faire figurer. Exemple : assemblées de premières communions, de baptêmes, d’enfants…

On appréciera, en fonction des assemblées, le besoin ou non de projeter les paroles de l’hymne « Gloire à Dieu ».

Inutile en revanche, de projeter les paroles des dialogues tels que : « Le Seigneur soit avec vousEt avec votre esprit »

– Les processionnaux : offertoire et communion. Dans ce cas, il est bon de projeter les paroles, car c’est un avantage de pouvoir chanter en marchant, sans feuille dans les mains.

– La liturgie de la Parole : Il ne faut projeter ni les lectures ni l’évangile. C’est la proclamation de la Parole qui compte. Pour le psaume responsorial, si le répons est connu, pas besoin de projection. Celle-ci est utile dans le cas où l’assemblée « » des versets du psaume.  

Exemple :  Psaume 145

Répons/ Je veux louer le Seigneur, tant que je vis. 

(Psalmiste)Le Seigneur garde à jamais sa fidélité,

il fait justice aux opprimés ;

(Assemblée) aux affamés, il donne le pain ;

le Seigneur délie les enchaînés.

 

(psal)Le Seigneur ouvre les yeux des aveugles,

le Seigneur redresse les accablés,

 

(ass)le Seigneur aime les justes,

le Seigneur proge l’étranger.

 

– Éviter également les projections d’images. Elles nuisent tout à fait à l’attention dévolue à l’action liturgique. Les écrans sont de vrais aimants à regards. Par exemple, inutile de projeter un lectionnaire ouvert quand un lecteur fait la lecture à l’ambon.

– Les prières : Sauf exception, il ne faut pas projeter les prières qui font partie de la mémoire nécessaire (exemple : Je confesse ; Notre Père ; Symbole des Apôtres ; Je vous salue Marie…). Quelques cas, déjà évoqués plus haut, peuvent parfois le motiver néanmoins.

– La vidéo : Il semble mieux d’éviter de projeter des vidéos pendant les célébrations. Un juste discernement est nécessaire pour des célébrations filmées et retransmises en direct.

 

– Repères techniques pour la projection

Quelques logiciels de projection de paroles chantées existants :

https://videopsalm.weebly.com La vidéo-projection accélérée de chants et de versets de la Bible
www.psalmo.com logiciel de louange et de projection de chants
https://opensong.fr/ logiciel gratuit de référence pour projeter chants et passages bibliques.

Le simple PowerPoint peut faire aussi très bien l’affaire mais demande de la mise en page.

 

3. LES POINTS D’ATTENTION CONCRETS SUR LA MISE EN OEUVRE

– Un outil de type télécommande ou présenteur est assez utile pour passer les diapositives
depuis un lieu différent que la chaise devant l’ordinateur. Plus cela sera discret, mieux ce
sera.

– Préparer les fiches à projeter avec soin. Utiliser une police de caractères assez neutres,
sans fioritures, de préférence blanc sur fond noir. La police peut rendre la lecture plus
difficile.

– Veillez également à ce que le texte soit écrit suffisamment grand : un texte trop petit ne
sera pas lisible. Mieux vaut faire deux diapositives mais écrire plus gros, qu’une seule sans
que l’assemblée ne soit en mesure de lire le texte.

– Ne projeter que l’utile et éviter tout superflu.

– Quand cela est possible, privilégier la rétro-projection, c’est-à-dire la projection par
l’arrière : le vidéo-projecteur étant de ce fait, invisible ou presque, puisque situé derrière
l’écran.