Cathédrale Saint-Pierre, 14 novembre 2021,
33ème dimanche du T.O.

Messe à l’intention des bienfaiteurs du diocèse

Où va notre monde ? Quel est le destin personnel de chacun de nous ? Les derniers jours de l’année liturgique, comme ce dimanche, nous tournent vers l’avenir. Le « Je crois en Dieu » nous dit où nous allons quand nous affirmons : « j’attends la résurrection de la chair et la vie du monde à venir ». Voilà notre avenir ! Il y a un but clairement affirmé par la foi : la vie éternelle. Pour l’atteindre, un passage est affirmé également : notre mort corporelle. Il y a enfin une espérance bien claire : le salut de notre corps et de notre âme, de tout ce que nous sommes.

La fête de la Toussaint, il y a une quinzaine de jours, nous a présenté les saints comme ceux qui sont arrivés heureusement au bout de la route et nous avons été encouragés à emprunter à notre tour ce chemin à travers nos faiblesses. Aujourd’hui, il nous faut regarder notre marche vers la vie éternelle. La première chose à faire, c’est de ne pas nous endormir dans notre vie actuelle car notre monde va passer. Beaucoup s’inquiètent de la crise écologique. Mais l’Evangile nous parle d’autre chose. Nous ne sommes pas faits pour la mort. Si nous ne voyons que notre seule existence terrestre, depuis notre naissance jusqu’à notre mort, et pensons qu’avec la mort tout est fini, le message de l’Evangile n’a plus de place. Il en est de même pour le Christ Jésus. Si nous ne gardons de lui que le récit de sa naissance, des années de sa vie publique, de sa passion jusqu’à sa mort, et si nous ne parlons pas de sa résurrection, Jésus n’est qu’un homme comme nous.

Notre vie est bien plus grande qu’il n’y paraît. Comme il serait important de parler du jour de notre mort à la manière des premiers chrétiens. Ils l’appelaient « le jour de la naissance », de la naissance au ciel, bien entendu. Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus reprend cette intuition en disant « Je ne meurs pas, j’entre dans la vie ».

Ce qui est vrai de chacun de nous l’est aussi pour notre monde. Vous connaissez cette phrase de saint Paul dans l’épître aux Romains : « la création toute entière gémit dans les douleurs de l’enfantement ». Cette phrase signifie que notre monde est en souffrance. Il gémit comme quelqu’un qui n’a pas la force d’articuler des mots et de construire des phrases. Il gémit dans l’attente d’une naissance. Qu’est-ce qui va naître, qu’est-ce qui se prépare ? Le monde nouveau que Dieu va susciter. Il sera différent de celui que nous connaissons et il faudra donc que ce vieux monde disparaisse. Les images utilisées par Jésus dans le passage d’Evangile qui vient d’être lu se comprennent bien. Quelque chose de nouveau se prépare, de beau et merveilleux, c’est certain !

Nous nous trouvons dans le temps de l’espérance. Espérer, ce n’est pas voir, c’est attendre avec confiance, c’est désirer du fond du cœur que Dieu réalise ce qu’Il a promis. Espérer ne signifie pas attendre passivement que les choses viennent, mais s’engager de toutes ses forces pour servir le projet de Dieu. Ce qui compte en définitive, c’est la manière dont nous vivons au quotidien à travers la dureté des temps.

Aujourd’hui, comme chaque dimanche, nous nous réunissons dans les églises pour célébrer l’Eucharistie, pour annoncer que le Christ Jésus est présent dans notre monde et qu’Il y agit, pour accueillir sa parole comme un appel pour une nouvelle manière de vivre. Ainsi se trouve renouvelée notre espérance : demain ne sera pas le jour de la détresse ou du mal triomphant, ce sera le jour de la Vie. Le Christ que nous célébrons, entendons et recevons, nous l’affirme.

Cette messe est célébrée tout particulièrement pour les personnes qui ont donné leur appui, leur temps et de leur argent pour notre diocèse. Ils et elles l’ont fait pour que notre Eglise puisse poursuivre sa mission. Confions-les ensemble au Seigneur avec reconnaissance.