Cathédrale Saint-Pierre, 29 novembre 2020

 

Voici le début d’une année liturgique ! Nous avons devant nous, dans moins d’un mois, la fête de Noël. Ces semaines de l’Avent sont un temps de préparation à cette grande fête de la naissance du Fils de Dieu au milieu des hommes, l’incarnation du Fils de Dieu. Un début d’année est habituellement le temps des souhaits et des vœux. Que vous souhaiter qui exprime au mieux notre foi chrétienne ? Je le fais en reprenant une expression de saint Paul : « que la paix de Dieu garde vos cœurs et vos pensées en Jésus Christ ». Nous en avons vraiment besoin dans les temps agités que nous vivons.

Que nous dit la Parole de Dieu entendue ce dimanche ? Elle met en évidence le fait que nous sommes dans la situation de serviteurs dont le maître est parti en voyage. Il est absent et il nous faut vivre cette situation sans savoir le temps qu’elle pourra durer. C’est le temps où nous ressentons l’absence et le manque du maître. N’est-ce pas ce que nous percevons au jour le jour ? Il nous semble que Dieu nous laisse seuls avec nos responsabilités à exercer pleinement, nos choix à faire. Nous l’avons déjà découvert en réfléchissant à la parabole des talents, il y a 15 jours.

Une autre insistance est révélée aujourd’hui. Nous avons à nous placer dans l’attitude de celui qui veille. Ce verbe est répété : « veillez », ce qui signifie savoir attendre. Il y a plusieurs manières d’attendre. Il existe une attente fébrile, où on regarde sans cesse l’heure, où l’on s’impatiente devant le temps. Ce n’est pas ce que demande Jésus. Il ne désire pas non plus une très vague attente où l’on se met à dormir ou à faire autre chose afin de s’occuper. L’attente, l’attitude de veille que Jésus nous demande, c’est celle que l’on adopte quand on attend le retour d’un être cher, quand on désire qu’il soit déjà là et que l’on guette les moindres signes de son approche.

C’est cette attitude qui nous est demandée au fil du temps. N’est-ce pas ce que nous disons et chantons à chaque messe, après la consécration : « nous attendons ta venue dans la gloire. Viens, Seigneur Jésus ! ». Si nous l’attendons, c’est parce qu’il nous manque ! Nous avons, bien entendu, des signes de sa présence dans l’Eucharistie, la Parole de Dieu, les frères, les évènements. Mais notre Dieu est bien plus grand !

Un chemin spirituel nous est suggéré par les lectures bibliques que nous venons d’entendre.

– La première lecture, celle du prophète Isaïe, nous montre notre situation de départ. Nous nous sentons divisés. Pour une part, nous savons bien que le péché est présent, que nous oublions le Seigneur bien souvent. Par ailleurs, il existe en nous une grande attente, un profond désir « Reviens, Seigneur ! », « si tu déchirais les cieux, si tu descendais au milieu de nous » cela changerait tout. Agis, car tu es notre Père !

– Le Psaume reprend cela sous l’aspect d’une demande insistante.

– St Paul nous affirme que Dieu est fidèle. Sans cesse, il accorde les dons de sa grâce. Ne nous décourageons pas et tenons fermement jusqu’au bout de l’attente.

– L’évangile prend bien son sens. Tenons-nous prêts !

Pendant ces semaines qui nous préparent à la fête de Noël, réveillons-nous spirituellement pour retrouver le goût des réalités spirituelles, le désir de Dieu et d’une intimité avec lui.

† Mgr Pierre-Marie Carré
Archevêque de Montpellier