Pèlerinage diocésain à Lourdes

Lourdes, Pèlerinage du diocèse de Montpellier 
Messe d’envoi, 18 juillet 2022 

Au terme de ce pèlerinage, il convient tout d’abord de dire un immense merci au Seigneur pour tout ce qu’Il nous a permis de vivre pendant ces jours à Lourdes. Ce fut un bon pèlerinage, un temps fort pour notre vie de foi. Dieu agit directement dans les cœurs, c’est vrai, mais Il se manifeste par l’intermédiaire des autres ; c’est du fait de l’implication de chacun d’entre nous que ce pèlerinage fut beau.  La prière, l’oubli de soi, les services rendus, les sourires et les mots amicaux échangés, tout cela y a contribué largement.

Un pèlerinage a un début et une fin, il est comme un résumé de ce qui se passe dans nos vies. Nous allons repartir et rentrer chez nous ce soir. Nous retrouverons tous ceux qui n’ont pas vécu les mêmes choses que nous et il ne sera pas toujours facile de faire percevoir ce que nous avons vécu en profondeur à Lourdes. Si nous avons été transformés pendant ce pèlerinage, ce n’est pas seulement pour nous, c’est pour devenir témoins de l’invisible qui nous a saisis.

Peut-être pouvons-nous nous comparer aux disciples de Jésus qui le découvrent vivant au soir de Pâques. Ils croient en lui, mais ils ont encore du chemin à parcourir pour grandir dans la foi et en devenir témoins.

  • D’abord, recevoir la grâce de comprendre les Ecritures. C’est un don de Dieu, mais cela demande aussi un effort personnel.
  • Ensuite, recevoir la mission de devenir témoins du Christ après avoir reçu le don de l’Esprit Saint.

Si Jésus n’est plus présent physiquement auprès de ses disciples, Il ne les abandonne pas pour autant. Le texte des Actes des Apôtres est particulièrement suggestif. Il nous montre comment l’action humaine et l’action de Dieu se rejoignent pour produire du fruit, et ce fruit, c’est la naissance et la croissance de l’Eglise à Antioche.

Voyons-en d’abord le commencement. Des chrétiens, chassés de Jérusalem, arrivent à Antioche et s’adressent aux païens pour leur annoncer la Bonne Nouvelle : « Jésus est le Seigneur ! » Ils sont les premiers missionnaires ! Ils ne sont pas seuls, le récit des Actes des Apôtres (11, 19-26) précise que « la main du Seigneur était avec eux ». Dans ces premiers temps de la mission, il est essentiel que l’action de Dieu se fasse sentir fortement, avec puissance. Et le résultat est noté : « un grand nombre de gens devinrent croyants ».

Le deuxième temps est plus complexe. La nouvelle arrive aux oreilles des Apôtres à Jérusalem et on envoie Barnabé voir ce qui se passe à Antioche. Que fait-il ? Il voit la grâce de Dieu à l’œuvre et se réjouit de ce que d’autres ont fait. Alors il encourage et cherche à soutenir la communauté chrétienne. Où est l’action de Dieu ? Elle est à la fois dans la communauté, puisque Barnabé « voit la grâce de Dieu à l’œuvre » et en Barnabé dont il est dit qu’il est « rempli d’Esprit Saint et de foi ». Le résultat est noté « une foule considérable s’attache au Seigneur ».

Le dernier temps va durer un an : Barnabé va chercher Saul à Tarse et, ensemble, ils agissent en participant aux assemblées et en instruisant une foule considérable. Mais où se trouve mentionnée l’action de Dieu ? Dans le fait que les disciples commencèrent à recevoir le nom de « chrétiens ». C’est une action intérieure de Dieu qui les conduit à agir et à parler si bien du Christ qu’ils en reçoivent le nom par ceux qui les voient et les entendent !

C’est ce à quoi nous sommes appelés nous aussi, vous dans le diocèse de Montpellier, et moi dans celui d’Agen désormais. Que le Seigneur nous guide sur nos chemins respectifs !

 

Mgr Pierre-Marie Carré
Archevêque émérite de Montpellier