Homélie de Mgr Carré pour le départ des sœurs de Jeanne-Delanoue
Eglise Saint Léon, le 19 septembre 2020

 

Voilà 107 ans, en 1913, que des sœurs de la congrégation de la Providence de Mende sont arrivées à Montpellier où leur présence et leur action ont été appréciées. Cette année, en 2020, La congrégation qui, entretemps, s’est unie aux sœurs de Jeanne-Delanoue de Saumur, va nous quitter. Ce n’est jamais une bonne nouvelle de découvrir qu’une maison religieuse ferme, même si nous comprenons bien que l’âge, le manque de vocations en France, sont des raisons impérieuses.

Nous sommes tous enclins à apprécier la présence des religieuses en faisant une liste des activités qu’elles mènent, et elles sont nombreuses ! En entendant l’évangile de ce jour, on peut dire que vous êtes au travail dès la première heure en ayant répondu à l’appel du Seigneur à travailler à sa vigne. Mais en rester à regarder ce qu’est l’action des religieuses, c’est passer à côté de l’essentiel.

L’essentiel, c’est ce que vous êtes ! Tout d’abord, des personnes qui avez répondu à l’appel du Seigneur et décidé de vous donner à lui pour toujours en vivant en communauté, dans la pauvreté, la chasteté et l’obéissance. Vous avez découvert que le Seigneur vous aimait et vous lui avez répondu. Il est essentiel que ce signe qu’est votre vie consacrée reste vivant dans notre Eglise. Il serait inquiétant que personne n’ose plus se donner au Christ en pensant que c’est trop difficile. Voilà pourquoi je vous invite à prier pour les vocations. Prier, ce n’est pas forcer Dieu à changer d’avis, prier ce n’est pas non plus vouloir que d’autres fassent ce qui ne m’intéresse pas. Prier pour les vocations, c’est constituer un climat favorable pour que celles et ceux qui ont perçu un appel de Dieu se disent qu’ils peuvent y répondre et qu’ils seront encouragés et soutenus. Voilà ce qui dépend de nous !

Que signifie la vie religieuse apostolique au milieu de nous ? J’aurais envie de le résumer en disant qu’elle cherche à devenir un visage du Christ en plein monde. Cela est le parcours de toute une vie : apprendre à se laisser conduire par le Christ, par les choix des supérieurs et ainsi, jour après jour, donner sa vie, le faire joyeusement et dans la paix du cœur. La vie religieuse, c’est un chemin qui conduit à la Vie. Le Christ veut naître et grandir en chacun de nous. Celles et ceux qui se sont donnés à lui dans la vie religieuse sont en quelque sorte des premiers de cordée. Ils et elles nous entraînent à découvrir ce qu’est le chemin de la vie chrétienne en y engageant toutes leurs forces et toute leur vie.

Votre départ me pousse aussi à réfléchir à ce que devient notre Eglise. Il nous faut savoir regarder paisiblement la réalité et consentir aux transformations et évolutions nécessaires. Nous devenons moins nombreux ; la crise sanitaire a éclairci les rangs de nos assemblées. N’imaginons pas que nous pourrons toujours continuer comme si rien n’avait changé. Tout en disant cela, nous savons que Dieu choisit ce qui est faible dans le monde et que sa manière d’agir n’est pas la nôtre. Relisez la Bible ! Sans arrêt, on voit que c’est dans la faiblesse humaine que Dieu agit. Alors, on ne compte plus sur soi, mais sur Lui.

Je pose de temps en temps une question : « qui construit l’Eglise ? ». « C’est nous » est la réponse spontanée que j’entends. Tant que nous ne répondons pas spontanément que « c’est le Seigneur Jésus », nous faisons peser sur nos épaules un fardeau qui n’est pas le nôtre. Rappelons-nous la réponse de Jésus à Pierre : « tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise ». C’est par un appel à l’espérance que je voudrais achever cette homélie.

Pour vous, chères sœurs, votre mission ne s’arrête pas ! Vous allez nous quitter pour rejoindre d’autres maisons de votre congrégation et continuer à servir le Seigneur, à prier et à aimer les autres. Pour nous, poursuivons ici notre suite du Christ.

+ Pierre-Marie Carré
Archevêque de Montpellier

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Du 11 au 18 octobre aura lieu la Semaine Missionnaire Mondiale sur le thème : "Me Voici, envoie-moi" (Isaie 6,8).


Note introductive

Depuis 19261, toutes les paroisses sont invitées à célébrer la Journée Missionnaire Mondiale, l’avant dernier dimanche du mois d’octobre ; cette année c’est le dimanche 18 octobre 2020. Le temps d’animation qui la précède, Semaine Missionnaire Mondiale, commence le dimanche 11 octobre pour se terminer le dimanche 18 octobre, jour de la Journée Missionnaire Mondiale. Toute l’Église catholique fête en même temps la Journée Missionnaire Mondiale ou Dimanche des Missions.

La Semaine Missionnaire Mondiale répond à un triple objectif :

· S’informer sur la vie des communautés chrétiennes à travers le monde ;

· Prier pour la Mission et pour l’Eglise;

· Faire un geste de partage en faveur du Fonds Missionnaire Mondiale.

La quête mondiale pour la mission est un acte missionnaire. Elle permet à l’Église de vivre, d’assurer sa mission, sa croissance dans le monde et de favoriser l’annonce de l’Évangile. L’Église lui donne le statut de « quête impérée », l’intégralité de la collecte est transmise aux Œuvres Pontificales Missionnaires (OPM) qui ont la charge de sa collecte et de sa distribution.

 


 

Ressources pour s'informer

Différentes informations sur la Semaine Missionnaire Mondiale en générale et, particulièrement, sur celle de 2020 ainsi que différents outils d’animation se retrouvent sur les sites des Œuvres pontificales Missionnaires (OPM/France) et du Service Nationale de la Mission Universelle de l’Eglise (SNMUE) au sein de la Conférence des Evêques de France (CEF) :

https://www.opm-france.org/semaine-missionnaire-mondiale-2020-me-voici-envoie-moi/

http://www.opm-france.org/la-journee-missionnaire-mondiale/

https://mission-universelle.catholique.fr/