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Choqués par les attentats contre Charlie Hebdo, les catholiques de l'Hérault ont marché ce dimanche 11 janvier en soutien à toutes victimes.



L'émotion fut palpable pour les catholiques de l''Hérault, ce jeudi 8 janvier, au lendemain de l'attentat perpétré contre la rédaction de Charlie Hebdo. Dès le début de la matinée, on pouvait entendre sur les ondes de RCF Maguelone Hérault Mgr Pierre-Marie Carré qualifier cet attentat de "sauvagerie, parce que c''est un véritable assassinat, un massacre, un acte qui inspire de l''horreur" (voir l''ensemble du propos dans cet article). A 12h, c''est l''ensemble des cathédrales du département, Saint-Pons-de-Thomières, Béziers, Lodève, Agde et Montpellier qui ont sonné le glas pour se rallier à la minute de silence observée par la République française. Dans les locaux de la radio qui se situent dans la maison diocésaine à Montpellier, c''est le personnel présent ainsi que des personnes en formation qui ont rejoint l''antenne pour observer une minute de silence. Dimanche 11 janvier, c''est avec les 100 000 manifestants que des catholiques de l''Hérault ont défilé de la place de l''Europe à la place du Peyrou. Mgr Pierre-Marie Carré marchait aux côtés des dignitaires religieux de l''Hérault (Cf photo).

Refuser les conclusions rapides

La situation a heurté de nombreux chrétiens. La situation sera-t-elle préjudiciable au dialogue interreligieux qui se tisse déjà depuis de nombreuses années dans le diocèse de Montpellier ? On sait que l''attentat est de revendication musulmane et des catholiques, notamment ceux qui sont engagés dans les relations avec l''Islam, craignent les amalgames. P. Lucas Lambert, responsable du dialogue interreligieux pour l''Eglise de l''Hérault, ne veut pas avoir de conclusions trop rapides dans le cadre de ce dialogue qui privilégie le temps long d''un échange entre musulmans et chrétiens façonné au fil des années. "Il faut bien-sûr garder la tête froide et ne pas céder à la vengeance", précise-t-il. Ce vendredi 9 janvier, il rencontre le groupe islamo-chrétien de la Devèze à Béziers, comme tous les mois. "Cet attentat sera dans les têtes de tout le monde bien-sûr, et nous en parlerons, mais cela ne doit pas nous empêcher de continuer le dialogue". Suite à une rencontre avec le dicastère du dialogue interreligieux à Rome, lors d''un voyage avec la pastorale des Jeunes du diocèse de Montpellier, il a appris que tisser des liens en amont est le meilleur moyen de prémunir ce dialogue fécond de ces menaces qui augmentent : "Le dialogue interreligieux est un travail de long terme qui ne doit pas être perturbé par ce type d''évènements".

Connaître pour mieux comprendre

La connaissance de l'Islam et des musulmans reste le meilleur moyen de se prémunir des confusions, ce qu'a récemment proposé l''Eglise de l''Hérault à ses fidèles. Au mois de décembre dernier, le P. Christophe Roucou directeur du Service des Relations avec l’Islam (SRI) à la Conférence des Evêques de France, est venu à Montpellier et à Béziers pendant deux jours pour informer les catholiques sur le thème : « Chrétiens et musulmans : quel dialogue possible ? ». En novembre avec la paroisse Saint-Paul/Sainte-Croix à Montpellier, une marche de 150 personnes a débuté à la mosquée Averroès de La Paillade pour rejoindre l’olivier planté en octobre 2001 dans le jardin du Conseil général juste après les attentats du 11 septembre, réaction symbolique pour affirmer l’aspiration du groupe des amitiés islamo-chrétiennes de La Margelle à préserver des relations paisibles entre les deux communautés. Dans la paroisse de Sète, le 4 décembre, c’est un autre olivier de la paix qui a été planté chemin de Saint-Clair, en présence des représentants des religions musulmane, juive, protestante et catholique du sénateur-maire François Commeinhes.

 

P.-E.M.