Dernière conférence de la saison des Lundis de Maguelone, celle de Marie-Laure Durand, le 4 mai, a tenu en haleine l'auditoire pendant presque deux heures. Y fut traité un thème ni facile, ni souvent abordé : celui de la fraternité dans la Bible, à travers l'Ancien Testament.

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Ce mot de fraternité, Marie-Laure Durand ne le prononça pas vraiment et nous le retrouverons seulement dans le titre de son livre Osons la fraternité et pas du tout au fil des pages. Cependant, elle fait vraiment le "choix du fère différent" dans ses interprétations des textes.

Cette jeune femme, docteur en théologie de l'Institut rabinique Ratisbonne de Jérusalem, enseigne l'anthropologie à Montpellier, à l'ISFEC (Institut supérieur de formation de l'Enseignement catholique).

La conférence, il faut le souligner, échappa à la monotonie des pages lues et trop préparées. Marie-Laure Durand nous "fait la conversation" avec petits sourires et mains en mouvement. La Torah et le Talmud ne semblent n'avoir plus de secret pour elle qui a aussi appris l'hébreu. Nous la suivons sans peine dans son propos sur l'herméneutique juive et "nous mettons en marche" à ses côtés pour aller presque sans nous en rendre compte, à la découverte de ce "autre" qui ne nous ressemble pas. Nous pourrions dire que cette conférencière nous menait "vers Dieu" en nous révélant ses méditations bibliques. C'était étrange, mais aussi très stimulant.

Saurons-nous "oser la fraternité" après ce lundi là ? A chacun d'essyer d'y répondre. Pour l'oser de cette façon, il faut un savoir, une puissance d'analyse et une expérience assez inhabituelles. Marie-Laure Durand avoue porter sa réflexion jusqu'à l'étude "de l'interprétation de l'interprétation de l'interprétation..." Nous fûmes conduits aux "vraies frontières de la fraternité" jaillie tout droit de la Bible, même si le mot ne fut pas la maître-mot de cette soirée qu'il fut, avec ou sans pudeur peu ou peu prononcé.

Robert Scotto