Bien que tout chrétien soit « consacré » au Christ par le baptême, le terme « vie consacrée » désigne aujourd’hui le caractère public des personnes qui engagent toute leur vie à la suite du Christ dans un célibat librement choisi, sous une forme stable, reconnue par l’Eglise qui en est le garant. Elle recouvre la vie religieuse apostolique, monastique et missionnaire, les instituts de vie consacrée, les sociétés de vie apostolique, les ermites, l’ordre des vierges consacrées et les veuves consacrées. Ceux qui s’y engagent font « profession », sous des formes diverses, de suivre la voie des « conseils évangéliques » en cherchant à se rapprocher le plus possible de ce que Jésus a lui-même vécu : amour, partage, simplicité de vie, proximité des pauvres, service, annonce du Royaume de Dieu, réconciliation, don total et obéissance, abandon de sa vie entre les mains du Père.

La vie consacrée est un élément indispensable de la vie de l’Eglise et à sa mission. Elle est présente depuis les débuts de l’Eglise jusqu’à maintenant, sous des formes multiples et variées, selon les inspirations de l’Esprit Saint, en réponse à des appels et à des besoins qui évoluent avec le temps et les lieux.  Un peu de vocabulaire !

Ordres religieux

Dans la tradition chrétienne, les ordres religieux sont des associations d’hommes ou de femmes qui s’engagent à suivre le Christ dans une vie évangélique. Les membres sont liés publiquement par des vœux de pauvreté, de chasteté, et d’obéissance. On parle de l’ordre de saint Benoît, de saint François, du carmel, des chartreux, etc. Ils existent depuis de nombreux siècles.

Le code de droit canonique de 1983 ne fait plus de différence entre les ordres religieux traditionnels et les congrégations religieuses plus récemment fondées : tous sont des instituts de vie consacrée. C’est de cela dont nous parlons désormais.

Vie religieuse : apostolique, monastique, missionnaire

Comme pour tout chrétien, il s’agit de suivre le Christ en vivant l’Evangile, avec des moyens spécifiques.

  • Avec d’autres que l’on n’a pas choisis, dans une vie communautaire.
  • Pour toujours, en prononçant des vœux définitifs, publics.
  • A la manière du fondateur ou de la fondatrice, en suivant une règle de vie commune.

Il existe de très nombreux instituts religieux (congrégations, ordres, monastères, etc..). Chacun d’entre eux a été fondé par une ou plusieurs personnes qui ont été marquées par un visage particulier du Christ :

  • Le Christ qui se fait proche des exclus de toutes sortes, qui enseigne, qui guérit (vie apostolique et missionnaire)
  • Le Christ qui prie son père dans le silence et la solitude (vie monastique, communautaire ou solitaire).

Sociétés de vie apostoliques

Elles regroupent des prêtres, frères ou sœurs qui ne prononcent pas de vœux ; ils ne sont pas religieux mais vivent en communauté. Ces sociétés se définissent d’abord par leur tâche apostolique, leur mission, et non par le mode de vie (ex : les Eudistes, les Missions étrangères de Paris, l’Oratoire, etc.).

Monachisme, Moine, moniale (du mot grec monachos, solitaire)

Les premiers moines ayant été des ermites, le mot a continué à s’appliquer aux diverses formes de la vie monastique (ermites ou cénobites) pour signifier le retrait du monde et la recherche de Dieu dans une vie de prière, de solitude et de conversion.

La vie monastique varie entre forme cénobitique (vie en communauté) et érémitique (vie solitaire).  A travers leur vie, et dans la ligne de leur tradition, les moines rappellent que l’Evangile est exigeant et que Dieu seul peut suffire à une vie.

Communauté religieuse

C’est le lieu de vie des religieux (ses). Les membres d’une communauté sont réunis au nom du Christ et ne se choisissent pas. Ils mettent tout en commun et par leur vœu de pauvreté ne disposent ou ne gardent pas de biens propres. Ils vivent ensemble dans une vie de chasteté et d’obéissance à une règle de vie commune et à leur supérieur, selon un rythme structuré par la prière et différents services communautaires. Leur participation à la mission de l’Église se réalise selon le charisme propre à chaque communauté, en lien avec les églises locales. Dans la vie religieuse, la dimension communautaire est importante, car elle témoigne de l’appartenance à une véritable famille.

Instituts séculiers

Ils sont reconnus par l’Eglise comme « instituts de vie consacrée » depuis 1947. Les membres, hommes, femmes, célibataires ou veufs, vivent une vie consacrée dans le monde, à la manière du levain plus ou moins caché (pas d’habit religieux, pas de vie commune, pas d’apostolat commun). Ils gardent leur profession et ont pour mission, par leur présence, de faire progresser l’esprit de l’Evangile. Le monde n’est pas seulement un lieu sociologique, mais un lieu théologique : il est l’instrument de leur sanctification.

Les membres d’instituts séculiers appartiennent à des « instituts » marqués par une spiritualité qui assurent leur formation et au sein desquels ils s’engagent définitivement par des vœux après plusieurs années de probation.

Vierges consacrées vivant dans le monde

Les « vierges consacrées » sont des femmes qui sont consacrées à Dieu par l’évêque de leur diocèse selon un rituel très ancien, mais renouvelé à la suite du concile Vatican II : celui de la « consécration des vierges ».

Dès les premiers siècles de l’Eglise et avant que ne se forment des communautés religieuses, une consécration nuptiale, liturgique, solennelle était proposée à des femmes qui vivaient dans le monde (cf. Ste Geneviève au 5ème siècle). Progressivement, elle fut réservée à des moniales de vie cloîtrée. Dans l’esprit de retour aux sources du dernier concile, elle a pu être à nouveau proposée à des femmes vivant dans le monde ; le rituel a été publié en date du 31 mai 1970.  

L’Ordre des vierges consacrées ne s’appuie ni sur des constitutions ni sur des écrits d’un fondateur ou d’une fondatrice. C’est essentiellement le rituel de consécration qui dit son identité au cœur de l’Eglise, comme don de la Sainte Trinité, pour servir ce monde selon les engagements très divers de chacune dans l’Eglise et dans la société. C’est une vocation en profonde osmose avec le mystère même de l’Eglise, épouse et mère.

Les vierges consacrées ne portent pas d’habit particulier, ne vivent pas en communauté. Elles doivent s’assumer financièrement en exerçant une profession, avec une attention particulière à l’Eglise diocésaine où des services ou mission peuvent leur être confiées en fonction de leur formation ou charisme personnel. Elles sont présentes dans tous les secteurs de la société.  La mission qui leur est confiée au jour de leur consécration est la prière. Elles sont placées sous la vigilance de leur évêque, sans qu’il soit leur supérieur.

Ermites

Ce sont des hommes et des femmes (souvent des religieux ayant éprouvé leur propos dans la vie communautaire) dont le choix de vie insiste sur la séparation intérieure et extérieure du monde pour mieux souligner que l’homme ne vit que pour Dieu, dans une vie de silence et de solitude, de prière et de pénitence. Ils sont reconnus comme dédiés à Dieu dans la vie consacrée s’ils font profession publique des trois conseils évangéliques scellés par un vœu ou par un autre lien sacré entre les mains de l’évêque. L’observance des conseils évangéliques, l’organisation de leur vie, les sources de subsistance font l’objet d’une règle de vie personnelle.

Veuves consacrées

Comme à l’époque des Apôtres, la consécration des veuves est à nouveau proposée aujourd’hui. Par le vœu de chasteté perpétuelle, ces personnes consacrent leur veuvage à Dieu, en relation au sacrement de mariage reçu un jour, pour se donner à la prière et au service de l’Eglise. Elles le font soit au sein d’institut ou de fraternité de veuves, soit en étant consacrées par l’évêque de leur diocèse.

Le sens de cette consécration est d’être signe dans l’Eglise que le veuvage n’est pas seulement une condition, un donné de fait, à subir parce que le conjoint est mort, mais à recevoir dans toute sa dimension de vocation, d’appel de Dieu à témoigner de la dimension eschatologique de l’amour conjugal humain, en tant que sa source est l’amour divin.

Vœu public, vœu privé

Selon le code de droit canonique de 1983, un vœu est public s’il est reçu au nom de l’Eglise par le supérieur légitime. Sinon, il est qualifié de privé : il est émis devant Dieu, dans le secret du cœur ou devant un prêtre et n’engage que la personne. Un baptisé peut décider de vivre une consécration sincère de toute sa vie à Dieu à titre privé. Subjectivement, il sera effectivement consacré à Dieu. Mais, canoniquement parlant, il ne sera pas considéré comme une personne consacrée, dans la mesure où il ne fera pas partie d’un état de vie défini et approuvé comme tel par l’Eglise.

Effets juridiques canoniques des vœux. Si le vœu est public, il entraîne des effets reconnus par l’Eglise. Il établit la personne dans un nouvel état et lui confère des droits et devoirs spécifiques. Il donnera lieu à un acte écrit et archivé. Ce n’est pas le cas d’un vœu privé.

Laïcs associés à des instituts religieux

Des laïcs désirent partager l’idéal de vie chrétienne vécu par des instituts religieux qui leur proposent une forme de « rattachement » sous des formes et des appellations diverses : laïcs associés, oblats, tertiaires. On emploie aussi l’expression de « famille évangélique » qui rassemble des chrétiens de vocations diverses (laïcs, religieux…) se référant à une même spiritualité (franciscaine, dominicaine, ignatienne, etc.).

Associations de fidèles

Des chrétiens choisissent de se lier entre eux pour s’entraider dans leur vie spirituelle ou en vue d’un objectif commun, un peu à la manière des associations loi 1901.

Ces associations de fidèles et communautés nouvelles, d’une très grande variété, peuvent recevoir une reconnaissance de l’Eglise. Leurs membres restent des laïcs ; cependant, certains d’entre eux peuvent se consacrer à Dieu par un engagement privé.

Une association privée de fidèle naît sur l’initiative de ses membres. Une association publique de fidèles, quant à elle, doit son existence à une intervention d’un évêque. Car la première agit en son nom propre et sous la responsabilité de ses membres ; la seconde agit au nom de l’Eglise dans le domaine des fins qu’elle se propose d’atteindre et, en quelque sorte, engage l’Eglise comme institution sociale. C’est pourquoi le statut d’association publique de fidèle suppose un contrôle épiscopal exigeant.

Certaines de ces associations publiques de fidèles, lorsque les conditions seront requises, pourront un jour être érigées en instituts de vie consacrée.

Mercredi 27 juin étaient réunis à Puimisson, pas moins de 240 membres de la vie consacrée d ela province. Pour voir les photos, cliquez ici.