2 septembre 2018, Cathédrale de Montpellier

Chers amis,

J’ai été nommé évêque le 22 mai 2003 et ordonné le 31 août suivant, en la fête de Notre-Dame des Tables, patronne de la ville. Lorsque vous est demandé d’accepter une telle responsabilité, des sentiments contradictoires s’emparent de vous et vous êtes tiraillé devant cette charge lourde mais exaltante !

Recevoir la plénitude du sacerdoce ministériel, entrer dans le Collège des Apôtres de Jésus, que le Collège épiscopal continue à travers les siècles ; annoncer la Bonne Nouvelle de l’amour de Dieu à tout homme ; comment se sentir apte à une telle mission, sinon en s’abandonnant à la grâce de Dieu, comme j’ai voulu l’indiquer dans ma devise épiscopale : « L’Esprit vous conduira à la Vérité tout entière » ?

Le Concile Vatican II a rappelé clairement, dans le décret sur les évêques, la triple mission qui leur était confiée : docteur, sanctificateur et pasteur. Et j’avais repéré, comme vous sans doute, que nos évêques de Montpellier entraient dans cette mission, chacun avec sa personnalité propre.

Pour les uns, ils accomplissaient leur ministère surtout comme « docteurs », c’est-à-dire enseignants, ou mieux : « évangélisateurs ». Avec cette insistance, il s’agit d’annoncer la Bonne Nouvelle en accueillant la Parole de Dieu, en approfondissant la foi par la catéchèse et la formation, en donnant toute sa place à la prédication… En Allemagne, les évêques sont appelés Herr Doctor, c’est-à-dire docteur de la foi. C’est le cœur du ministère : faire découvrir l’amour immense de Dieu. Et cela non seulement à l’intérieur de la communauté ecclésiale, mais aussi par la prise de parole publique. Au nom de la foi, il convient que la parole épiscopale se fasse entendre au cœur des grands débats qui marquent notre monde : l’Evangile est pour tous ! Les évêques de France et du Mali n’hésitent pas à le faire…

Pour les autres, ils privilégiaient l’intériorité, le silence, la prière, les sacrements, tout ce qui conduit à une connaissance spirituelle, à une vie de foi personnelle, à un engagement intérieur profond. Dans cette perspective, celle du « sanctificateur », c’est l’accueil du don de Dieu qui est mis en valeur pour chacun… L’appel à prendre du recul dans une vie trépidante, à vivre des moments de silence et de tête-à-tête avec Dieu.

Pour d’autres encore, ils insistaient davantage pour être « pasteurs » et se comporter comme tels. A travers la proximité aux personnes dans leur diversité, le contact facile et chaleureux, l’accueil du tout-venant. Et avec ça, l’autorité nécessaire pour décider, trancher et orienter la marche du Peuple de Dieu. C’est la belle image du bon pasteur, celui qui conduit le troupeau au nom du Christ : non pas pour qu’il dirige des brebis dociles, mais pour qu’il soit prêt à donner sa vie, au jour le jour, pour le Peuple qui lui est confié et le conduire au Salut.

Trois portes d’entrée différentes, nécessaires et complémentaires pour entrer dans le ministère épiscopal et accomplir l’unique mission confiée. Saint Paul résume fort bien selon moi la mission de l’évêque quand il écrit à Timothée, son enfant bien-aimé : « J’ai reçu la charge de messager, d’apôtre et d’enseignant pour l’annonce de l’Evangile. » (2 Tm 1/10-11).

Et moi ? Pendant ces 15 années écoulées, j’ai essayé de répondre à ces exigences surtout comme pasteur. Je pense à tout ce qu’apporte à notre ministère les confirmations de collégiens, de lycéens, d’adultes : leurs lettres de demande et de motivation, la rencontre préparatoire et la diversité des célébrations, du petit groupe à la grande assemblée. Je pense également aux ordinations de prêtres et de diacres, la préparation des célébrations, la joie d’être témoin de l’appel de Dieu dans la diversité des situations humaines. Je pense aux prêtres et aux diacres, nos principaux collaborateurs. Je pense aussi à l’accompagnement des adultes qui s’engagent dans un parcours de formation et qu’il faut soutenir. Je pense aux laïcs en mission ecclésiale que j’ai encouragés à poursuivre leurs études supérieures en fac de théologie. Oui, l’évêque veille sur la foi reçue des apôtres, il envoie en missions ecclésiales variées ceux et celles qui se sont formés pour cela, sans oublier de les accompagner dans leur mission !

Et voici qu’arrive l’imprévu, la maladie qui dure et empêche d’accomplir le ministère tel qu’il était prévu. Je sais ce que vivent des prêtres, des religieuses, âgés ou malades et qui se sentent inutiles. Que devient notre vocation, notre ministère lorsque l’âge ou la santé ne permettent plus de continuer à l’identique ? Et pourtant ! Cette expérience peut rapprocher du Christ et nous révéler grâce aux autres comment être témoin autrement de la vérité de l’Evangile et de l’amour de Dieu : un chemin rude mais beau, fait de dépouillement, de dépossession et d’abandon. Nous n’enseignons plus, mais nous sommes enseignés, nous ne visitons plus mais nous sommes visités, nous ne décidons plus, mais d’autres prennent des décisions pour nous… Quel changement !

Merci pour tant de rencontres inattendues, exceptionnelles, qui m’ont remis debout, tel médecin qui m’a redonné vie ; tel jeune qui est venu m’annoncer son entrée au Grand Séminaire ; tel couple toujours présent à mes côtés ; et tant d’autres et vous qui êtes là ce soir ! C’est un autre ministère qu’il m’a été donné de vivre dans une prière d’action de grâce, au cœur du personnel soignant et des visiteurs, porté par la prière et la fraternité de vous tous.

Des pasteurs selon le cœur de Dieu, quelles que soient les conditions d’exercice du ministère. Des pasteurs qui répondent par amour à l’amour prévenant du Christ : « Pierre, m’aimes-tu vraiment ?... Seigneur, toi tu sais tout, tu sais bien que je t’aime… Sois le pasteur de mes brebis… Toi, suis-moi… »

 

Notre diocèse est beau et riche dans sa diversité : j’ai été heureux de le servir. Vous aussi, prêtres, diacres, religieux, religieuses, laïcs, soyez heureux dans la mission pour rendre les autres heureux du bonheur de l’Evangile.

Amen !

Par décision de Mgr l’Archevêque, à effet du 1er septembre 2018,

  • Wayne Bodkin continue sa responsabilité de la cellule de prévention de la pédophilie en lien avec le CRIAVS, CHU Montpellier.

Il continue également à accompagner psychologiquement les personnes, couples et familles  envoyées par les prêtres et les responsables pastoraux.

Il poursuit sa thèse de doctorat en psychothérapie.

Il sera également responsable des relations extérieures du diocèse avec les journalistes et les collectivités territoriales, la Préfecture, la Police, la Gendarmerie et les Renseignements Généraux.

Son nouveau bureau sera basé au 2 rue Bocaud, Montpellier."

M. le Chanoine Alain Eck                                                                    + Pierre-Marie Carré

Chancelier                                                                                           Archevêque de Montpellier

               Dans notre diocèse, en cette période de l’année, les pèlerinages se multiplient et donnent l’occasion de rencontres, parfois inattendues, entre les participants. Chacun est parti de chez lui avec ses joies et ses peines, sa bonne humeur ou son mal-être. Les uns trainent les pieds pour y aller et d’autres, à l’enthousiasme communicatif, réussissent à y entrainer les plus réticents ! C’est ce qui se passe pour notre pèlerinage diocésain à Lourdes.

               Très souvent, le rendez-vous est donné dans un sanctuaire marial : ils sont nombreux chez nous, sous les invocations les plus variées à la Vierge Marie, comme Notre-Dame de la Route, Notre-Dame des Tables, Notre-Dame de Consolation, et même Notre-Dame du Spasme… sans parler de la communauté portugaise qui se réunit à Notre-Dame du Suc, ou l’aumônerie des gitans aux Saintes-Maries de la Mer.

               A l’heure des retrouvailles alternent la célébration eucharistique, l’apéritif, le repas partagé, les temps de convivialité et même d’enseignement. Les responsables pastoraux témoignent du vécu intense, y compris pour ceux qui viennent de loin. Le côté populaire permet d’atteindre les périphéries, c’est-à-dire ceux et celles que l’on ne rencontrerait pas à l’église.

               Actuellement, nous préparons le pèlerinage diocésain à Lourdes du mois de juillet dans cet esprit, avec les accueillants e les accueillis, les bien portants et les malades, les fidèles de cette démarche et les regardants qui se décident. C’est une manière de mettre en œuvre nos orientations diocésaines.

Le Pape François a accepté la démission de la charge d’évêque auxiliaire de Montpellier que lui a présentée Mgr Claude Azéma, fonction qu’il occupait depuis 2003.

 

Par décision de Mgr l’Archevêque, à effet du 1er septembre 2018,

  • Le Père Adam Jozefaciuk, de la Mission Polonaise, avec l’accord de ses supérieurs, est nommé curé de la paroisse S. Jean – Lavérune, dans le cadre du secteur missionnaire « Grand Montpellier Ouest »

  • M. l’abbé Alexis-Nazaire Passy est nommé administrateur de la paroisse S. Julien de la Mosson, dans le cadre du secteur missionnaire « Grand Montpellier Nord ».
  • M. l’abbé Pierre Brugidou est nommé vicaire paroissial de la paroisse Ste Bernadette, dans le cadre du secteur missionnaire « Grand Montpellier Nord »

  • M. l’abbé Paul Rodier est nommé vicaire paroissial de la paroisse S. Benoît Val d’Erau, dans le cadre du secteur missionnaire « Lergue-Hérault » et membre de l’équipe de formation des candidats au diaconat permanent.
  • M. l’abbé René-Luc Giran, tout en restant directeur de l’école diocésaine d’Evangélisation « CapMissio », est nommé membre de l’équipe des prêtres et laïcs en mission ecclésiale de la pastorale étudiante et, dans le cadre de la pastorale étudiante et des activités de CapMissio, il mènera des missions particulières sur les paroisses du diocèse, en accord avec le curé du lie

  • M. l’abbé Jean-Sébastien Strumia est nommé Directeur du Centre Universitaire Guilhem de Gellone.
M. le Chanoine Alain Eck                                                                                  + Pierre-Marie Carré

Chancelier                                                                                                          Archevêque de Montpellier

Les beaux jours arrivent ! Ce sont aussi dans nos paroisses des assemblées un peu particulières avec les baptêmes, les mariages, les premières communions...

Si on excepte les obsèques, beaucoup de chrétiens et aussi de non chrétiens ne viennent dans nos églises que ces jours-là. Ces célébrations seront pour eux le visage de l'Eglise et à travers elle le visage  du Christ. Certes nous ne sommes pas maîtres de l'action de l'Esprit Saint dans le cœur de chacun. Mais nous avons toujours à nous interroger sur la qualité de ces célébrations un peu particulières. Quel est notre accueil : celui du célébrant mais aussi celui de l'ensemble de la communauté ? Comment gérons-nous ces assemblées à la fois avec autorité et avec bienveillance ? Plus encore comment permettons-nous à la Parole de Dieu d'être audible (dans tous les sens du mot) pour ces paroissiens d'un jour ?  Qu'il y ait Eucharistie ou non, comment conduisons nous ces assemblées, souvent très sécularisées, à une authentique attitude de prière  ?

Ne cachons pas que ces assemblées sont parfois 'lourdes' !  Mais, tout autant que le rassemblement du dimanche, elles sont un lieu  privilégié de rencontre avec le Christ et avec son Eglise.  N'ayons pas peur de prendre les moyens pour qu'il en soit ainsi !

P. Alain Eck, Chancelier

En convalescence chez nos sœurs de la Villa Savine, j’ai pu regarder en direct sur KTO l’émission de ce lundi 9 avril aux Bernardins : moment rare d’humanité profonde qui ne laisse pas indifférent.

Profondément humains les témoignages des trois binômes accompagnés-accompagnants, où transparaissait, entre ombres et lumières, l’itinéraire conjoint de deux personnes où chacune pouvait grandir en humanité.

Il m’a été donné de vivre cette expérience pendant des semaines avec le personnel soignant et les membres de l’aumônerie de la Pastorale de la santé.

Des relations nouvelles s’établissent d’une manière surprenante ; des dialogues inattendus se nouent au fil des soins ; des confidences peuvent s’exprimer sur les peurs et les situations angoissantes. Et la complicité qui s’en suit fait jaillir et montre à chacun le meilleur de l’autre…

Profondément humain également le discours de Mgr Georges Pontier, archevêque de Marseille et Président de la Conférence des Evêques de France. Les sujets abordés, et singulièrement les problèmes de bioéthique et le drame des migrants, situaient d’emblée l’Eglise catholique dans son rôle d’accompagnement et de compagnonnage des personnes sur leurs chemins de vie, dans sa mission « d’experte en humanité », comme le disait le Bienheureux Pape Paul VI à la tribune de l’ONU.

En effet, à la suite de Jésus, Verbe incarné, Fils de Dieu et fils de Marie, l’Eglise poursuit la mission du Christ venu pour sauver tout homme et tout l’homme. Au milieu de situations nouvelles, difficiles, inédites, elle accomplit son devoir de discernement pour guider tous les hommes vers leur destinée finale à travers les aléas de la vie présente.

Le discours du Président de la République mérite notre attention. Je pense à son invitation à trouver dans l’Eglise catholique un partenaire parmi d’autres pour collaborer à plus d’humanité dans notre pays, un appel à s’engager… Il a à la fois souligné la place que tiennent les catholiques dans la solidarité avec les plus démunis, et en même temps il n’a pas caché les points de divergences qui existent entre nos aspirations et les décisions des pouvoirs publics.

Il a surtout appelé l’Eglise catholique à continuer à offrir au pays les dons qu’elle a apportés à tous durant des siècles : don de la sagesse, de l’engagement et de la liberté.

Et il n’a pas caché les tiraillements et la tension entre l’idéal évangélique de l’Eglise et les positions des responsables du pays confrontés aux évolutions de la société.

Une telle rencontre est à la fois lourde de sens et porteuse d’avenir. Elle répond au désir maintes fois exprimé de ne pas cantonner l’Eglise à la sphère du privé, mais de lui permettre de jouer son rôle d’humanisation.

Elle invite les catholiques à répondre à l’appel souvent répété par les papes et singulièrement par François, à prendre un chemin de sainteté qui conduit à se mettre au service concret du frère dans le besoin pour marcher avec lui à la rencontre du Sauveur qui s’est incarné pour tous.

+ Claude Azéma

Evêque auxiliaire de Montpellier