Homélie pour le Jeudi Saint, Cathédrale Saint-Pierre, 18 avril 2019

Chaque célébration du jeudi Saint nous replace devant les gestes que Jésus a réalisés au cours de la Cène, le dernier repas qu’il a pris avec ses disciples. Prenons le temps de les contempler pour en percevoir tout le sens qu’ils ont pour nous aujourd’hui.

Nous venons d’entendre le récit du lavement des pieds. Ce geste sera refait dans un moment devant nous. En mesurons-nous vraiment la portée ? Elle apparaît quand nous relisons l’introduction solennelle : « Sachant que le Père a tout remis entre ses mains, qu’il est sorti de Dieu et qu’il s’en va vers Dieu ». C’est le Fils de Dieu qui va montrer son amour pour les siens en se levant de table, en déposant son vêtement et en se mettant à laver les pieds de ses disciples. Il accomplit un geste d’esclave en se mettant à genoux devant les siens et en leur lavant les pieds sales. Un tel geste annonce le lendemain où Jésus mourra en croix comme un esclave. Voilà un geste qui nous permet de mieux découvrir qui est vraiment notre Dieu. Il prend la dernière place et se met humblement à notre service.

Jésus demande à ce que ce geste ne reste pas un geste sans lendemain « si moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous devez vous aussi vous laver les pieds les uns aux autres ». Un tel geste n’est guère pratiqué aujourd’hui. Mais se laver les pieds les uns aux autres, n’est-ce pas réaliser les services humbles qui se présentent à nous, comme de s’occuper d’un malade, d’une personne âgée ou handicapée ou d’aider une personne démunie, en un mot, savoir se rendre proche. Heureux serons-nous si nous entendons l’appel du Christ et si nous le mettons en pratique.

Le second geste du Jeudi Saint, c’est l’institution de l’Eucharistie. Nous avons entendu la manière dont saint Paul en fait le récit. Jésus déclare « faites ceci en mémoire de moi ». Jésus a voulu, dans ce geste qui présente le pain et le vin comme étant le corps et le sang du Christ séparés, nous dire le sens de sa mort. Elle est un don fait par amour pour nous. Il prend sur lui tout le mal commis par les hommes, tous leurs péchés, ce qui les a séparés de Dieu, et il reste fidèle à son Père jusqu’au bout. Il peut ainsi créer une Alliance nouvelle, un lien d’amour et de fidélité qui se ne défera jamais plus.

Chaque fois que nous célébrons l’eucharistie, et particulièrement ce soir, nous nous unissons à celui qui se livre totalement pour nous. Ces deux gestes de Jésus sont des gestes humbles. Ils nous font entrer dans le secret de Dieu qui s’est abaissé jusqu’à venir à nous pour nous prendre en lui et nous transformer de l’intérieur.

Ce soir, prions tout spécialement pour ceux à qui Jésus a confié l’Eucharistie. A travers les Apôtres, ce sont les évêques et les prêtres. Jésus a besoin d’eux pour nous rejoindre dans ce sacrement. Demandons au Seigneur qu’ils vivent plus pleinement dans l’esprit de service que le Seigneur Jésus a manifesté durant toute sa vie et spécialement lors du lavement des pieds. Amen.

Prions aussi pour leur fidélité aux engagements qu’ils ont pris pour aimer le Seigneur et servir leurs frères. De tels engagements ont besoin de la prière personnelle, mais aussi de la vôtre, ainsi que de votre soutien. Amen.

Homélie pour l’office de la Passion, Cathédrale Saint-Pierre, 19 avril 2019

Le Vendredi Saint, c’est le mal, c’est la mort qui gagne ! Le signe le plus visible de cette journée, c’est la croix sur laquelle se trouve le corps de Jésus, sans vie.  Au pied de la croix se trouvent la Vierge Marie et saint Jean, le disciple que Jésus aimait. Tout paraît fini pour Jésus et pourtant la Vierge Marie, Notre-Dame, continue à croire et à espérer. Elle est debout au pied de la croix de son fils.

Lundi soir à Paris, la cathédrale Notre-Dame brûlait et beaucoup en ont été profondément marqués. Aujourd’hui, voyons plus largement encore en regardant notre monde brûler par le mal sans cesse à l’œuvre. Redécouvrons que si Jésus est mort en croix, ce n’est pas seulement à cause de la haine des autorités religieuses de son temps et de la lâcheté de Pilate. Si Jésus est mort, c’est bien à cause de notre péché.

Nous voilà renvoyés à nous-mêmes ! Nous autres, le peuple des chrétiens, nous savons que nous sommes tous des pécheurs. Mais nous savons également que notre Eglise est le lieu où l’on offre à Dieu le sacrifice pour les péchés des hommes afin que le mal ne les écrase pas.

Ce soir, regardons celui que nous avons transpercé, vénérons la croix en mesurant jusqu’où le Christ nous a aimés. Voilà notre Dieu qui affronte le mal et le péché, sans les esquiver, sans les rendre insignifiants. Il les prend sur lui, il souffre et meurt pour nous en délivrer.

Ce n’est pas sans raison que le signe de la Croix est devenu, pour les chrétiens, un signe essentiel, celui de l’amour de Dieu pour chacun de nous, un amour qui va jusqu’au bout. Chaque fois que nous traçons sur nous ce signe, qu’il nous donne d’entrer dans ce qu’il rappelle, son amour pour le Père et pour nous. Alors nous découvrirons ce que nous sommes appelés à vivre pour être les disciples et les amis d’un Dieu crucifié.

 

Homélie pour la veillée pascale, Cathédrale Saint-Pierre, 20 avril 2019

Nous chantons et proclamons que Jésus est ressuscité, qu’il est vivant pour toujours. Nous le faisons dans la cathédrale et dans nos églises, et c’est très bien. Mais avez-vous eu la possibilité d’en parler à quelqu’un ? Avez-vous pu exprimer votre foi à ce sujet ? Qu’avez-vous dit ?

La liturgie nous propose des images et des signes pour nous présenter la résurrection de Jésus. Celle-ci est un évènement unique dans l’histoire du monde et elle échappe à notre expérience et à nos sens.

Ce soir, nous avons fait l’expérience de la lumière au sein de la nuit avec la bénédiction du feu et notre entrée dans la cathédrale, sombre, en tenant nos cierges allumés au cierge pascal. Nous avons eu aussi comme une parabole de la résurrection avec la cathédrale Notre-Dame de Paris. Elle a subi les ravages de l’incendie, mais la mobilisation d’une foule de personnes va amener sa renaissance. Bien d’autres signes dans nos vies peuvent nous aider à nous représenter la vie nouvelle qui surgit de la mort.

Mais pour Jésus, il y a davantage. S’il est ressuscité, ce n’est pas pour retrouver la vie d’avant sa mort. Il est ressuscité dans une vie totalement nouvelle, une vie que la mort ne pourra plus arrêter, une vie éternelle.

Voilà ce que nous sommes appelés à espérer pour nous ! Si Jésus est sorti du tombeau et s’il est auprès de Dieu son Père pour toujours, c’est pour nous ! Notre vie sur terre nous achemine vers notre vie future avec Dieu. Elle est le chemin vers la vie éternelle, le paradis, que nous attendons et espérons. Le baptême en est la porte.

Nous prierons avec tous les baptisés de Pâques, de cette nuit et de demain matin, avec action de grâce.

 

Homélie pour le dimanche de Pâques, Cathédrale Saint-Pierre, 21 avril 2019

La résurrection de Jésus s’est produite dans la discrétion et le calme. Personne n’a vu Jésus en train de ressusciter. Ce qui a alerté ses proches, c’est que le tombeau dans lequel on l’avait déposé était vide. Nous venons d’entendre, dans le récit de l’évangile, la découverte que Marie-Madeleine a faite. C’est au jour de Pâques que Jésus va se faire voir et ainsi mener à la foi ses disciples encore sous le choc de sa mort sur la croix ; ils croyaient que tout était fini.

Jésus va leur permettre de découvrir qu’il est vivant. Il le fera de manière adaptée à chacun. Ainsi, il appellera Marie-Madeleine par son nom « Marie » et cela lui suffira. Plus tard, il fera route avec les deux disciples sur le chemin d’Emmaüs en leur expliquant les Ecritures, et ils le reconnaîtront à la fraction du pain. Il montrera ses mains, avec les traces des clous, et son côté percé par la lance aux Apôtres réunis et il faudra que Thomas puisse le voir et le toucher pour se mettre à croire lui aussi. Je me dis que chacun reçoit le signe qui lui est nécessaire pour croire. Dans le passage d’évangile entendu à l’instant, il suffit à Jean, le disciple que Jésus aimait, de voir les linges dans lesquels on avait mis le corps de Jésus, roulés sans le corps, pour se mettre à croire.

Et nous, qui sommes nombreux dans la cathédrale en ce matin de Pâques, qu’est-ce qui nous a permis de croire ? Repensons un instant aux personnes qui nous ont marqués par leur foi, aux évènements de notre vie qui nous ont simulés. Bien entendu, notre existence n’est pas un long fleuve tranquille. Des difficultés, des souffrances, la mort de proches nous ont parfois fait douter de la présence de Dieu. Mais la vie et l’espoir sont plus forts que le mal et la mort. Remercions le Seigneur d’avoir donné à chacun de nous les signes nécessaires.

Dans les évangiles de la résurrection, je remarque une autre chose : chacun des disciples de Jésus qui l’a découvert vivant s’empresse de transmettre aux autres son expérience ; il ne la garde pas que pour lui. La foi se transmet et se répand ainsi.

Je vous le demande alors tout simplement : avez-vous eu l’occasion ou la possibilité de parler de votre foi chrétienne à d’autres ? Non par prosélytisme, mais simplement pour dire ce qui est important pour vous, ce qui vous fait vivre ? Si vous ne l’avez jamais fait, essayez ! Vous serez surpris de constater que cela vous rendra heureux.

J’aimerais encore relever un détail dans les récits des apparitions de Jésus ressuscité ; je vous suggère de les relire et d’y réfléchir chez vous. Jésus ressuscité invite plusieurs fois à regarder ses mains et ses pieds. Il est ressuscité mais il porte toujours les cicatrices de sa passion. La résurrection de Jésus ne supprime pas ce qu’il a souffert en mourant. Mais ses cicatrices sont maintenant le signe de sa victoire sur la mort.

Nous aussi, nous portons les traces de nos peines, de nos souffrances, de nos chutes et accidents. C’est vrai pour chacun de nous, mais aussi pour nos familles, nos communautés humaines, nos pays, notre Eglise. Lorsqu’il y a cicatrice, cela signifie que l’on a été blessé, mais aussi que l’on est guéri. Notre corps garde la trace des cicatrices, mais au lieu de rappeler notre mal, elles nous rappellent notre guérison.

C’est le sens de la fête de Pâques pour chacun de nous, pour celles et ceux qui vont recevoir le baptême et entrer dans la vie nouvelle des baptisés. Extérieurement, il peut sembler ne pas y avoir beaucoup de changement, mais intérieurement, c’est autre chose ! Le Christ Vivant nous est donné comme un ami et un compagnon qui nous soutient. Cette bonne nouvelle de Pâques nous révèle que la force de l’amour de Dieu dépasse la violence et la mort qui nous semblent toujours à l’œuvre.

Peut-être me direz-vous que vous avez de la peine à croire, que vous avez des doutes. Pas d’inquiétude ! Seuls les fanatiques n’ont aucun doute. Il n’est pas si facile de croire en quelqu’un qui échappe à nos sens humains, que l’on ne voit pas de ses yeux, que l’on ne peut pas toucher de ses mains ni entendre de ses oreilles. Pourtant, il est vivant et il agit.  Appuyons-nous sur la foi des autres !

Accueillons avec joie et le cœur grand ouvert la bonne nouvelle de Pâques qui vient éclairer notre vie : le Christ est ressuscité. Alléluia !

« Ma Maison » (Petites Soeurs des Pauvres), le 19 mars 2019

 

Quels qualificatifs retenir pour parler de saint Joseph ? Pourquoi ne pas reprendre celui que lui donne l’Evangile. Il est « juste ». Cela renvoie à la manière de penser de la Bible : est juste celui qui est à sa juste place. C’est précisément l’attitude de Joseph dans le passage d’Evangile que nous venons d’entendre. Il a totalement confiance en Marie, sa fiancée. Si celle-ci est enceinte, Dieu y est pour quelque chose et Joseph se dit que ses projets humains ne doivent pas empêcher ce que Dieu veut faire ; c’est pourquoi, pendant la nuit, l’Ange du Seigneur lui indique ce qu’il doit faire.

Saint Joseph n’est pas un saint comme les autres. « De tous les saints, il est le plus élevé au ciel après la Vierge Marie », dit le Pape Léon XIII. Dieu lui a demandé de veiller auprès de Jésus et de Marie, ces deux dons merveilleux offerts à l’humanité.

  • Il est un saint pour notre temps. De quelle manière ? Un maître de silence et de vie intérieure. C’est tellement nécessaire dans notre monde si bruyant et agité. Saint Joseph, dont l’Evangile ne nous rapporte aucune parole, nous apprend à nous taire et à agir pour le bien. Nous mesurons combien Joseph a su écouter ce que lui disait l’Ange du Seigneur et le mettre en pratique. Il reçoit la mission de donner à l’enfant qui naît de la Vierge Marie le nom de Jésus, « Dieu sauve ». Il a prononcé le premier ce nom et, en le disant, il a exprimé l’essentiel du message du salut.

A la suite de saint Joseph, comme savent le faire si bien nos frères chrétiens d’Orient, redisons simplement ce simple nom de « Jésus ».

  • Saint Joseph réalise ce que Dieu lui demande. Il vit ce qu’est la véritable obéissance à Dieu, attitude intelligente qui accueille ce qui est demandé et cherche la meilleure manière de le mettre en pratique, vite et bien.

Reprenons à notre compte ces mots de l’Ecriture que nous connaissons : « Parle, Seigneur, ton serviteur écoute » et encore « me voici, Seigneur, pour faire ta volonté » ; « ma nourriture, c’est de faire la volonté de mon Père qui est aux cieux « ; « que ta volonté soit faite ». Je pourrais citer d’autres textes encore qui parlent de la relation à vivre avec Dieu. Nous ne sommes pas à égalité et nous avons le bonheur qu’il se tourne vers nous et nous demande notre action et notre contribution pour ce qu’il veut faire : sauver les hommes.

  • Notre monde est affronté à de nombreux défis que nous connaissons bien. Nous savons aussi tout ce qui blesse notre Eglise. Voilà pourquoi il est bon de nous rappeler que saint Joseph est le patron de l’Eglise universelle. Lui qui a veillé sur la Sainte Famille, l’a protégée, a subvenu à ses besoins, il est aussi celui qui défend et assiste l’Eglise dans tous les combats qu’elle doit mener.

Ce sont les moyens évangéliques humbles et modestes qui doivent être les nôtres. Nos racines cachées plongent dans la vie humble de Nazareth. C’est dans ce village obscur et ignoré que tout commence pour nous. Ce n’est pas à Jérusalem ni dans le Temple !

  • On a appelé saint Joseph le patron de la « bonne mort », sans doute parce qu’il est mort entouré de Jésus et de la Vierge Marie. Joseph est l’homme de l’espérance ; il l’a vue grandir avec la naissance et la croissance de Jésus. Au moment de disparaître, saint Joseph est assuré que Jésus est bien celui qui va combler les attentes du peuple juif. N’est-ce pas l’espérance qui est appelée à être la vertu de nos ultimes années terrestres ?

Reprenons ensemble une prière à saint Joseph.

« Saint Joseph, qui êtes le modèle et le consolateur des mourants, nous vous demandons votre protection pour les derniers instants de notre vie, pour ces moments où nous n’aurons peut-être pas la force de vous appeler à notre aide.

Pour obtenir cette faveur, accordez-nous de vivre comme vous de la présence de Dieu et de Marie et de ne pas blesser leurs regards par la tache du péché.

Jésus, Marie, Joseph, assistez-nous dans nos derniers instants, soutenez-nous, défendez-nous contre les assauts du démon et accordez-nous d’expirer en votre sainte compagnie. Amen ».

Jeudi dernier Mgr Carré recevait plus de 110 prêtres et diacres du diocèse à Sète à l'occasion des vœux. Ils ont tous été accueillis dans la chapelle du Mont Saint Clair puis ils ont visité le cimetière marin avant de déjeuner dans la salle du théâtre de la mer (mise gracieusement à  disposition par la mairie de Sète).

Mgr Carré en a profité pour reparler de l'Orientation Diocésaine: Bâtissons l'Avenir. Il a aussi précisé pourquoi il avait fait une demande d’évêque auxiliaire: "apporter du sang neuf dans un diocèse qui grossit chaque année". Il a enfin évoqué les questions de pédophilie en invitant vivement à participer aux journées de formation et de sensibilisation sur le sujet, prévues à Montpellier et Béziers.

Le Père Gérard Blayac a pris la parole à la suite, en annonçant les différents événements à venir dans le diocèse: lancement de la Campagne Denier 2019, nouveau livret "Monastère Invisible", semaine de prières pour l'unité des chrétiens, soirée des acteurs de l'aide au migrants, lancement du livret St Paul....

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APPEL DU CONSEIL PERMANENT DE LA CEF

À l’heure où nous écrivons, notre pays n’est pas encore sorti de la crise dite « des gilets jaunes » : crise révélatrice d’un malaise très profond et très ancien, qui engendre une grave défiance envers les responsables politiques.

Il serait à coup sûr très dommageable que cette situation délétère se prolonge. Mais chacun sent, plus ou moins confusément, que la sortie de crise sera difficile car les enjeux sont tout autres que conjoncturels : il en va de notre capacité collective d’espérer et de bâtir l’avenir. Comme nous l’écrivions il y a deux ans, « il faudrait être sourds ou aveugles pour ne pas nous rendre compte de la lassitude, des frustrations, parfois des peurs et même de la colère, intensifiées par les attentats et les agressions, qui habitent une part importante des habitants de notre pays, et qui expriment ainsi des attentes et de profonds désirs de changements. Il faudrait être indifférents et insensibles pour ne pas être touchés par les situations de précarité et d’exclusion que vivent beaucoup sur le territoire national »[1].

Nous constatons que notre démocratie manque de lieux d’échange et de réflexion qui pourraient permettre l’émergence à une large échelle de suggestions positives élaborées ensemble. L’affaiblissement de nombreux partis politiques et un recul significatif de l’engagement syndical contribuent à ce déficit. Où nos concitoyens trouveront-ils des lieux appropriés pour ce travail si urgent ?

L’Église catholique dispose d’un maillage de milliers de paroisses, réparties sur l’ensemble de notre territoire et riches de la présence de multiples mouvements, aumôneries et associations de fidèles. Lieu de prière, en particulier liturgique, la paroisse est aussi par nature et par vocation la « maison de famille fraternelle et accueillante » [2] pour tous et la « famille de Dieu, fraternité qui n’a qu’une âme » [3]. À ce moment de notre histoire, nous pouvons le montrer et apporter notre contribution pour aider notre société tout entière à surmonter la crise qu’elle traverse. Sans se substituer aux politiques, l’Église offre un espace pour faire grandir la fraternité.

Notre proposition

Nous sommes à quelques jours de Noël, mais dès maintenant il est possible d’entreprendre une réflexion qui pourra se poursuivre tout le temps nécessaire, en lien avec tout ce qui se déroulera sur le territoire. C’est maintenant que nos concitoyens ont besoin de débattre entre eux et de disposer de lieux pour le faire.
C’est pourquoi nous vous proposons, dans les semaines à venir, de susciter partout où ce sera possible des groupes d’échanges et de propositions en invitant très largement d’autres personnes, partageant ou non notre foi, qui peuvent être intéressées d’y participer et d’y apporter leurs idées.

Pour ce travail, à titre de pistes de réflexion, nous vous suggérons les cinq questions suivantes :

1/ Quelles sont selon vous, en essayant de les hiérarchiser, les causes principales du malaise actuel et des formes violentes qu’il a prises ?

2/ Qu’est-ce qui pourrait permettre aux citoyens dans notre démocratie de se sentir davantage partie prenante des décisions politiques ?

3/ Quels sont les lieux ou les corps intermédiaires qui favoriseraient cette participation ?

4/ Quel « bien commun » recherché ensemble pourrait fédérer nos concitoyens et les tourner vers l’avenir ?

5/ Quelles raisons d’espérer souhaitez-vous transmettre à vos enfants et petits-enfants ?

Nous vous suggérons de transmettre vos réponses à vos élus. Votre évêque lui aussi sera heureux d’en être informé.

Le 11 décembre 2018,

Le Conseil permanent de la Conférence des évêques de France
Mgr Georges PONTIER, Archevêque de Marseille, président de la CEF
Mgr Pierre-Marie CARRÉ, Archevêque de Montpellier, vice-président de la CEF
Mgr Pascal DELANNOY, Évêque de Saint-Denis, vice-président de la CEF
Mgr Michel AUPETIT, Archevêque de Paris
Mgr Jean-Pierre BATUT, Évêque de Blois
Mgr François FONLUPT, Évêque de Rodez
Mgr Stanislas LALANNE, Évêque de Pontoise
Mgr Philippe MOUSSET, Évêque de Périgueux et Sarlat
Mgr Benoît RIVIÈRE, Évêque d’Autun
Mgr Pascal WINTZER, Archevêque de Poitiers

[1] Conseil permanent de la Conférence des évêques de France, Dans un monde qui change retrouver le sens du politique, coédition Bayard-Cerf-Mame 2016, p. 12.
[2] S. Jean-Paul II, Exhortation apostolique Christifideles laici, 1988, n° 26.
[3] Vatican II, Constitution dogmatique sur l’Église Lumen Gentium, n° 28.

A l’approche de l’ouverture du débat parlementaire en vue de la révision de la loi bioéthique, alors que l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques va publier son rapport et que le Comité Consultatif National d’Ethique va donner son Avis, l’Eglise de France explique sa position sur l’Assistance Médicale à la Procréation (AMP).
Dans une Déclaration signée par tous les évêques de France : « La dignité de la procréation » (coédition, Cerf, Bayard, Mame), l’Église catholique rappelle la valeur de la procréation : acte profondément et spécifiquement humain dont la manipulation entamerait gravement la valeur de fraternité qui fonde le pacte social en notre société.

>>>Téléchargez la synthèse de la déclaration.

 

2 septembre 2018, Cathédrale de Montpellier

Chers amis,

J’ai été nommé évêque le 22 mai 2003 et ordonné le 31 août suivant, en la fête de Notre-Dame des Tables, patronne de la ville. Lorsque vous est demandé d’accepter une telle responsabilité, des sentiments contradictoires s’emparent de vous et vous êtes tiraillé devant cette charge lourde mais exaltante !

Recevoir la plénitude du sacerdoce ministériel, entrer dans le Collège des Apôtres de Jésus, que le Collège épiscopal continue à travers les siècles ; annoncer la Bonne Nouvelle de l’amour de Dieu à tout homme ; comment se sentir apte à une telle mission, sinon en s’abandonnant à la grâce de Dieu, comme j’ai voulu l’indiquer dans ma devise épiscopale : « L’Esprit vous conduira à la Vérité tout entière » ?

Le Concile Vatican II a rappelé clairement, dans le décret sur les évêques, la triple mission qui leur était confiée : docteur, sanctificateur et pasteur. Et j’avais repéré, comme vous sans doute, que nos évêques de Montpellier entraient dans cette mission, chacun avec sa personnalité propre.

Pour les uns, ils accomplissaient leur ministère surtout comme « docteurs », c’est-à-dire enseignants, ou mieux : « évangélisateurs ». Avec cette insistance, il s’agit d’annoncer la Bonne Nouvelle en accueillant la Parole de Dieu, en approfondissant la foi par la catéchèse et la formation, en donnant toute sa place à la prédication… En Allemagne, les évêques sont appelés Herr Doctor, c’est-à-dire docteur de la foi. C’est le cœur du ministère : faire découvrir l’amour immense de Dieu. Et cela non seulement à l’intérieur de la communauté ecclésiale, mais aussi par la prise de parole publique. Au nom de la foi, il convient que la parole épiscopale se fasse entendre au cœur des grands débats qui marquent notre monde : l’Evangile est pour tous ! Les évêques de France et du Mali n’hésitent pas à le faire…

Pour les autres, ils privilégiaient l’intériorité, le silence, la prière, les sacrements, tout ce qui conduit à une connaissance spirituelle, à une vie de foi personnelle, à un engagement intérieur profond. Dans cette perspective, celle du « sanctificateur », c’est l’accueil du don de Dieu qui est mis en valeur pour chacun… L’appel à prendre du recul dans une vie trépidante, à vivre des moments de silence et de tête-à-tête avec Dieu.

Pour d’autres encore, ils insistaient davantage pour être « pasteurs » et se comporter comme tels. A travers la proximité aux personnes dans leur diversité, le contact facile et chaleureux, l’accueil du tout-venant. Et avec ça, l’autorité nécessaire pour décider, trancher et orienter la marche du Peuple de Dieu. C’est la belle image du bon pasteur, celui qui conduit le troupeau au nom du Christ : non pas pour qu’il dirige des brebis dociles, mais pour qu’il soit prêt à donner sa vie, au jour le jour, pour le Peuple qui lui est confié et le conduire au Salut.

Trois portes d’entrée différentes, nécessaires et complémentaires pour entrer dans le ministère épiscopal et accomplir l’unique mission confiée. Saint Paul résume fort bien selon moi la mission de l’évêque quand il écrit à Timothée, son enfant bien-aimé : « J’ai reçu la charge de messager, d’apôtre et d’enseignant pour l’annonce de l’Evangile. » (2 Tm 1/10-11).

Et moi ? Pendant ces 15 années écoulées, j’ai essayé de répondre à ces exigences surtout comme pasteur. Je pense à tout ce qu’apporte à notre ministère les confirmations de collégiens, de lycéens, d’adultes : leurs lettres de demande et de motivation, la rencontre préparatoire et la diversité des célébrations, du petit groupe à la grande assemblée. Je pense également aux ordinations de prêtres et de diacres, la préparation des célébrations, la joie d’être témoin de l’appel de Dieu dans la diversité des situations humaines. Je pense aux prêtres et aux diacres, nos principaux collaborateurs. Je pense aussi à l’accompagnement des adultes qui s’engagent dans un parcours de formation et qu’il faut soutenir. Je pense aux laïcs en mission ecclésiale que j’ai encouragés à poursuivre leurs études supérieures en fac de théologie. Oui, l’évêque veille sur la foi reçue des apôtres, il envoie en missions ecclésiales variées ceux et celles qui se sont formés pour cela, sans oublier de les accompagner dans leur mission !

Et voici qu’arrive l’imprévu, la maladie qui dure et empêche d’accomplir le ministère tel qu’il était prévu. Je sais ce que vivent des prêtres, des religieuses, âgés ou malades et qui se sentent inutiles. Que devient notre vocation, notre ministère lorsque l’âge ou la santé ne permettent plus de continuer à l’identique ? Et pourtant ! Cette expérience peut rapprocher du Christ et nous révéler grâce aux autres comment être témoin autrement de la vérité de l’Evangile et de l’amour de Dieu : un chemin rude mais beau, fait de dépouillement, de dépossession et d’abandon. Nous n’enseignons plus, mais nous sommes enseignés, nous ne visitons plus mais nous sommes visités, nous ne décidons plus, mais d’autres prennent des décisions pour nous… Quel changement !

Merci pour tant de rencontres inattendues, exceptionnelles, qui m’ont remis debout, tel médecin qui m’a redonné vie ; tel jeune qui est venu m’annoncer son entrée au Grand Séminaire ; tel couple toujours présent à mes côtés ; et tant d’autres et vous qui êtes là ce soir ! C’est un autre ministère qu’il m’a été donné de vivre dans une prière d’action de grâce, au cœur du personnel soignant et des visiteurs, porté par la prière et la fraternité de vous tous.

Des pasteurs selon le cœur de Dieu, quelles que soient les conditions d’exercice du ministère. Des pasteurs qui répondent par amour à l’amour prévenant du Christ : « Pierre, m’aimes-tu vraiment ?... Seigneur, toi tu sais tout, tu sais bien que je t’aime… Sois le pasteur de mes brebis… Toi, suis-moi… »

 

Notre diocèse est beau et riche dans sa diversité : j’ai été heureux de le servir. Vous aussi, prêtres, diacres, religieux, religieuses, laïcs, soyez heureux dans la mission pour rendre les autres heureux du bonheur de l’Evangile.

Amen !

Par décision de Mgr l’Archevêque, à effet du 1er septembre 2018,

  • Wayne Bodkin continue sa responsabilité de la cellule de prévention de la pédophilie en lien avec le CRIAVS, CHU Montpellier.

Il continue également à accompagner psychologiquement les personnes, couples et familles  envoyées par les prêtres et les responsables pastoraux.

Il poursuit sa thèse de doctorat en psychothérapie.

Il sera également responsable des relations extérieures du diocèse avec les journalistes et les collectivités territoriales, la Préfecture, la Police, la Gendarmerie et les Renseignements Généraux.

Son nouveau bureau sera basé au 2 rue Bocaud, Montpellier."

M. le Chanoine Alain Eck                                                                    + Pierre-Marie Carré

Chancelier                                                                                           Archevêque de Montpellier