Comme chaque année depuis 1964, le 4ème dimanche de Pâques, lors duquel est proclamé l’Evangile du Bon Pasteur, a lieu la journée mondiale de prière pour les vocations. En 2020, ce sera donc le dimanche 3 mai. A cette occasion, le Pape François nous adresse un message intitulé « Les Paroles de la Vocation » que vous trouverez ci-après. Le Service National pour l’Evangélisation des Jeunes et pour les Vocations propose un certain nombre d’outils pour animer cette journée mais aussi permettre l’éveil vocationnel tout au long de l’année.


Les paroles de la vocation

Chers frères et sœurs!

Le 4 août de l’année dernière, lors du 160ème anniversaire de la mort du saint Curé d’Ars, j’ai voulu offrir une lettre aux prêtres qui, chaque jour consacrent leur vie à l’appel que le Seigneur leur a adressé, au service du peuple de Dieu.

A cette occasion, j’avais choisi quatre paroles-clés – souffrance – gratitude – courage et louange – pour remercier les prêtres et soutenir leur ministère. J’estime qu’aujourd’hui, en cette 57ème Journée Mondiale de Prière pour les Vocations, ces paroles peuvent être reprises et adressées à tout le Peuple de Dieu, sur le fond d’un passage évangélique qui nous raconte la singulière expérience survenue à Jésus et Pierre, durant une nuit de tempête sur le lac de Tibériade (cf. Mt 14, 22-33).

Après la multiplication des pains, qui avait enthousiasmé la foule, Jésus ordonna à ses disciples de monter dans la barque et de le précéder sur l’autre rive, pendant qu’il renverrait les foules. L’image de cette traversée sur le lac évoque, en quelque manière, le voyage de notre existence. La barque de notre vie, en effet, avance lentement, toujours agitée parce qu’à la recherche d’un lieu d’accostage favorable, prête à affronter les risques et les opportunités de la mer, mais aussi désireuse de recevoir du timonier un virage qui conduise finalement vers la bonne direction. Mais parfois, il peut arriver qu’elle s’égare, qu’elle se laisse aveugler par les illusions, au lieu de suivre le phare lumineux qui la conduit à bon port, ou d’être défiée par les vents contraires des difficultés, des doutes et des peurs.

Il en est de même aussi dans le cœur des disciples, lesquels, appelés à suivre le Maître de Nazareth, doivent se décider à passer sur l’autre rive, en choisissant avec courage d’abandonner leurs sécurités et de se mettre à la suite du Seigneur. Cette aventure n’est pas tranquille : la nuit arrive, le vent contraire souffle, la barque est ballotée par les vagues, et la peur de ne pas y arriver et de ne pas être à la hauteur de l’appel risque de les dominer.

L’Evangile nous dit, cependant, que dans l’aventure de ce voyage difficile, nous ne sommes pas seuls. Le Seigneur, presqu’en forçant l’aurore au cœur de la nuit, marche sur les eaux agitées et rejoint les disciples, il invite Pierre à venir à sa rencontre sur les vagues, il le sauve quand il le voit s’enfoncer, et enfin, il monte dans la barque et fait cesser le vent.

La première parole de la vocation, alors, est gratitude. Naviguer vers le juste cap n’est pas une tâche qui relève de nos seuls efforts, et ne dépend pas seulement des parcours que nous choisissons de faire. La réalisation de nous-mêmes et de nos projets de vie n’est pas le résultat mathématique de ce que nous décidons dans un « moi » isolé ; au contraire, elle est avant tout la réponse à un appel qui vient d’En-Haut. C’est le Seigneur qui nous indique le rivage vers lequel aller et qui, bien avant, nous donne le courage de monter sur la barque ; alors qu’il nous appelle, c’est lui qui se fait aussi notre timonier pour nous accompagner, nous montrer la direction, nous empêcher de nous échouer dans les écueils de l’indécision et nous rendre même capables de marcher sur les eaux agitées.

Toute vocation naît de ce regard aimant par lequel le Seigneur est venu à notre rencontre, peut-être alors même que notre barque était en proie à la tempête. « Plus qu’un choix de notre part, la vocation est la réponse à un appel gratuit du Seigneur » (Lettre aux prêtres, 4 août 2019) ; c’est pourquoi, nous réussirons à la découvrir et à l’embrasser, quand notre cœur s’ouvrira à la gratitude et saura saisir le passage de Dieu dans notre vie.

Quand les disciples voient Jésus s’approcher en marchant sur les eaux, ils pensent d’abord qu’il s’agit d’un fantôme et ils ont peur. Mais aussitôt Jésus les rassure par une parole qui doit toujours accompagner notre vie et notre chemin vocationnel : « Courage, c’est moi, n’ayez pas peur ! » (v.27). Justement c’est la seconde parole que je voudrais vous confier : courage.

Ce qui souvent nous empêche de marcher, de grandir, de choisir la voie que le Seigneur trace pour nous, ce sont les fantômes qui s’agitent dans notre cœur. Quand nous sommes appelés à laisser notre rivage de sûreté et à embrasser un état de vie – comme le mariage, le sacerdoce ordonné, la vie consacrée –, la première réaction est souvent représentée par le « fantôme de l’incrédulité » : ce n’est pas possible que cette vocation soit pour moi ; s’agit-il vraiment du juste chemin ? le Seigneur me demande-t-il vraiment cela ?

Et, peu à peu, croissent en nous toutes ces considérations, ces justifications et ces calculs qui nous font perdre l’élan, qui nous troublent et nous paralysent sur le rivage de départ : nous pensons avoir fait fausse route, ne pas être à la hauteur, avoir simplement vu un fantôme à chasser.

Le Seigneur sait qu’un choix fondamental de vie – comme celui de se marier ou de se consacrer de façon spéciale à son service – nécessite du courage. Il connaît les interrogations, les doutes et les difficultés qui agitent la barque de notre cœur, et c’est pourquoi il nous rassure : « N’aie pas peur, je suis avec toi ! ». La foi en sa présence, qui vient à notre rencontre et nous accompagne, même quand la mer est en tempête, nous libère de cette acédie que j’ai déjà eu l’occasion de définir comme une « douce tristesse » (Lettre aux prêtres, 4 août 2019), c’est-à-dire ce découragement intérieur qui nous bloque et ne nous permet pas de goûter la beauté de la vocation.

Dans la Lettre aux prêtres, j’ai parlé aussi de la souffrance, mais ici je voudrais traduire autrement ce mot et me référer à la fatigue. Toute vocation comporte un engagement. Le Seigneur nous appelle parce qu’il veut nous rendre comme Pierre, capables de « marcher sur les eaux », c’est-à-dire de prendre en main notre vie pour la mettre au service de l’Evangile, dans les modes concrets et quotidiens qu’il nous indique, et spécialement dans les diverses formes de vocation laïque, presbytérale et de vie consacrée. Mais nous ressemblons à l’Apôtre : nous avons le désir et l’élan, cependant, au même moment, nous sommes marqués par des faiblesses et des craintes.

Si nous nous laissons emporter par la pensée des responsabilités qui nous attendent – dans la vie matrimoniale ou dans le ministère sacerdotal – ou par les épreuves qui se présenteront, alors nous détournerons vite notre regard de Jésus et, comme Pierre, nous risquerons de couler. Au contraire, même dans nos fragilités et nos pauvretés, la foi nous permet de marcher à la rencontre du Seigneur Ressuscité et de vaincre même les tempêtes. En effet, il nous tend la main quand, par fatigue ou par peur, nous risquons de couler, et il nous donne l’élan nécessaire pour vivre notre vocation avec joie et enthousiasme.

Enfin, quand Jésus monte sur la barque, le vent cesse et les vagues s’apaisent. C’est une belle image de ce que le Seigneur opère dans notre vie et dans les tumultes de l’histoire, spécialement quand nous sommes dans la tempête : Il commande aux vents contraires de se calmer, et les forces du mal, de la peur, de la résignation n’ont plus pouvoir sur nous.

Dans la vocation spécifique que nous sommes appelés à vivre, ces vents peuvent nous épuiser. Je pense à ceux qui assument d’importantes charges dans la société civile, aux époux que, non pas par hasard, j’aime définir comme « les courageux », et spécialement à ceux qui embrassent la vie consacrée et le sacerdoce. Je connais votre fatigue, les solitudes qui parfois alourdissent le cœur, le risque de l’habitude qui petit à petit éteint le feu ardent de l’appel, le fardeau de l’incertitude et de la précarité de notre temps, la peur de l’avenir. Courage, n’ayez pas peur ! Jésus est à côté de nous et, si nous le reconnaissons comme l’unique Seigneur de notre vie, il nous tend la main et nous saisit pour nous sauver.

Et alors, même au milieu des vagues, notre vie s’ouvre à la louange. C’est elle la dernière parole de la vocation, et elle veut être aussi l’invitation à cultiver le comportement intérieur de la sainte Vierge Marie : reconnaissante pour le regard de Dieu qui s’est posé sur elle, confiant dans la foi ses peurs et ses troubles, embrassant avec courage l’appel, elle a fait de sa vie un éternel chant de louange au Seigneur.

Chers frères et sœurs, spécialement en cette Journée, mais aussi dans l’action pastorale ordinaire de nos communautés, je désire que l’Eglise parcoure ce chemin au service des vocations, en ouvrant des brèches dans le cœur de chaque fidèle, pour que chacun puisse découvrir avec gratitude l’appel que Dieu lui adresse, trouver le courage de dire « oui », vaincre la fatigue dans la foi au Christ et, enfin, offrir sa vie comme un cantique de louange pour Dieu, pour les frères et pour le monde entier. Que la Vierge Marie nous accompagne et intercède pour nous.

Pape François

Rome, Saint Jean de Latran,
8 mars 2020, deuxième dimanche de Carême.

 

Communiqué du Conseil Permanent de la Conférence des évêques de France

 

 

 

 

 

 

 

Le Premier Ministre a annoncé ce 28 avril 2020 que les célébrations avec assemblées ne pourraient reprendre qu’à partir du 2 juin, même si les lieux de cultes pourraient rester ouverts comme ils le sont aujourd’hui, que la liturgie des obsèques pourrait toujours être célébrée, tant dans les églises que dans les cimetières, en limitant le nombre de participants à 20.

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Confinés et fiers de nous

Oui, une fois n’est pas coutume, nous pouvons être tous fiers de nous et de notre engagement. Dans cette période de confinement, nous sommes tous engagés dans une action même sans l’identifier en tant que telle : téléphoner à ses proches ou à un ami bénévole, faire les courses pour son voisin, aller sur le terrain pour déposer les chèques services, faire un dessert et l’offrir à la famille du palier en face, fabriquer des masques ... Cette entraide est faite sur Montpellier mais aussi partout dans les villes et villages de notre département. Alors vos témoignages sont essentiels. Faites-nous quelques lignes et une photo et partageons cette belle solidarité ! Merci


Alors voici quelques témoignages de bénévoles, qui comme vous, sont actifs mais sans sortir de chez eux :

Action niveau 1 : on agit mais on ne sort pas.

- Les bénévoles du café solidaire témoignent
- La cellule d'écoute est à votre écoute
- Quelques témoignages d'actions réalisées par les bénévoles de l'accueil de jour
- Accompagnement scolaire à la Mosson
- Apprentissage du français à Vendargues, ça continue.

Mais aussi, notre bureau diocésain composé de Vincent, Roger et Amélie ne “chôme” pas lui aussi. Entre visioconférences 2 à 3 fois par semaine, calage indispensable, prise de décision, contact avec les institutions (DDCS, Mairie, partenaires...), comme nous tous, leurs journées sont bien remplies.


Action niveau 2 : auprès du public sans contact

Les chèques service : depuis le 27 mars dernier, deux cellules de coordination ont vu le jour et travaillent en étroite collaboration avec les équipes du terrain pour répondre au mieux à l’urgence avec notamment les chèques services aux plus démunis.
Un accompagnement fraternel à distance… c’est possible, l’équipe de Vendargues témoigne mais cette équipe assure aussi un service course bien apprécié.


Action niveau 3 : avec contact

Accueil de jour : nous avons toujours besoin de jogging, slips, chaussettes, tee-shirt (Merci de ne pas donner des affaires de femmes ou enfants).
Contactez-nous pour l’aspect technique. Merci

Quelques kits d'hygiène aux personnes qui ont bénéficié des chèques services du Secours Catholique - grâce à la collaboration active avec l'association des femmes invisibles. Cela a permis aux personnes d'utiliser les chèques pour acheter davantage de nourriture.

Une collecte de jeux de société a été organisée pour apporter des activités ludiques dans des lieux d'accueil et abris de nuit pendant cette période de confinement.

Le service de douches : "Grâce à l'engagement de tous (déléguée, animatrice, coordinateur de l’accueil de jour, responsables de matinée et les autres bénévoles disponibles) le service de douches de l’accueil de jour a repris le mercredi 08 avril. Un protocole a été réalisé et testé afin de permettre la réouverture de ce service dans les conditions qui permettent la protection des bénévoles et des personnes accueillies. Mercredi 8 avril se sont 5 douches qui ont été offertes et vendredi 10 avril 6 douches dans une ambiance détendue et amicale, selon les termes de Ségolène qui, avec la déléguée et les autres bénévoles mobilisés, a été au premier rang de l'action sur le terrain.

Le nombre de douches dispensées est encore faible, au regard de nos habitudes, mais volontairement l'information n'avait pas circulé afin de ne pas être dépassés et d'être en conditions de vérifier la faisabilité du protocole défini pour répondre aux contraintes sanitaires.

En pratique donc :
- les douches sont ouvertes de 14h00 à 17h00 (fermeture des admissions à 16h00) les lundis, mercredi et vendredi.

- le service est gratuit avec distribution du kit habituel (serviettes, rasoir, etc.)
- chaque jour une équipe de 7 bénévoles assure l'accueil et le service.
- un service de nettoyage renforcé est assuré par l'entreprise de ménage.
- du matériel de protection est à disposition (masques, blouses, gel hydroalcoolique, gants) "

Vincent Baron
Coordinateur de l’accueil de jour

La plateforme solidaire :

Les bénévoles du Secours Catholique sont aux côtés de ceux du Secours Populaire et de la Petite Cordée pour animer la plateforme humanitaire de Montpellier. Des colis alimentaires sont distribués aux plus précaires dont 2000 personnes vivant en squats et en bidonvilles. Une procédure unique a été mise en place pour les travailleurs sociaux afin d’orienter les personnes. Pierre et Marie-Thérèse, bénévoles à l’accueil de Campredon, prennent en charge la gestion du mail commun et prennent les rendez-vous. Ainsi, la plateforme est en mesure d’accueillir trois files piétons et trois files en drive avec des rendez-vous toutes les 10 minutes. Au total, cette plateforme unique peut approvisionner 5000 personnes avec des produits de base pour adultes et enfants pour 15 jours.

- Le reportage photo du Secours Catholique - Caritas France et celui de la Gazette


Confinés et toujours mobilisés contre l’isolement …

Durant toute la période du confinement lié au COVID 19, le centre Frantz Fanon coordonne une cellule d’écoute et de soutien psychologique adressée aux personnes exilées et aux professionnels ou bénévoles qui les accompagnent dans le Gard et l’Hérault : Permanence téléphonique (avec interprète si nécessaire) du lundi au vendredi de 14h00 à 17h00 au 07.57.47.81.17

Les personnes ne parlant pas français peuvent envoyer un sms, en laissant leur nom, leur numéro de téléphone et la langue dans laquelle elles souhaitent être rappelées.

La permanence est possible grâce à la mobilisation de 17 psychologues d'horizons différents.


Confinés avec ses 10 doigts :

Nous vous transmettons la fiche repère du Secours Catholique. N’hésitez pas à vous enregistrer sur le site de l’Afnor car un nouveau modèle devrait sortir la semaine prochaine. Nous en avons besoin pour nos actions en faveur des personnes en difficulté.

L’atelier couture du café solidaire cherche des machines à coudre en prêt ou en don et des tissus pour fabriquer ces masques (tissu très serré style cotonnade ou wax). N’hésitez pas à nous contacter, nous pouvons nous déplacer !


Confinés et cultivés :

Nos bénévoles ont du talent : Benoît Pradaud, bénévole à l’accueil de jour à Montpellier, nous invite à surfer sur  le site Poule et Poussin,

“ Par ces temps de pluie et de confinement, j'ai pensé que vous pourriez découvrir mon site (...) car pour ceux qui ont des enfants -petits-, cela peut permettre, de voir qu'avec peu de choses on peut faire de vrais tableaux (40 poules et poussin avec 40 matériaux différents), et que pour les enfants -plus grands- il peut y avoir, avec leurs parents et/ou grands-parents, tout un décryptage des jeux de mots, mettant en avant la richesse de la langue française. Ces mêmes parents peuvent encourager un concours de tableaux aviaires pour occuper certaines journées.

A consommer sans modération, en mettant sur le site éventuellement un commentaire bien pondu.

Ce site étant un peu volatile et comprenant encore des coquilles, il est recommandé de le lire avec célérité et délicatesse ! Mais il peut aussi vous donner des ailes…”



Et pour la suite ?

Nous allons commencer à réfléchir sur l’après ! Le confinement fini, la vie ne sera plus la même, on le sait. Mais les actions de solidarité inventées pendant cette crise ne sont-elles pas une forme de révolution fraternelle ? Le monde est à réinventer et nous nous sommes déjà engagés sur cette nouvelle voie, alors que ferons-nous après ? Réfléchissons-y ensemble.

POUR SAUVER DES VIES, RESTEZ CHEZ VOUS !

 

Le bureau de la délégation de l’Hérault : Amélie, Roger et Vincent
Amélie CORPET - Déléguée diocésaine
Délégation de l'Hérault : 10 rue Ernest Michel - CS 99518 - 34960 Montpellier Cedex 2
04 99 13 61 13 | 06 22 64 17 75
www.herault.secours-catholique.org

Homélie de Mgr Pierre-Marie Carré pour le 3ème dimanche de Pâques
Cathédrale Saint-Pierre, 26 avril 2020

 

Nous croyons que Jésus est ressuscité, n’est-ce pas ? Mais est-il possible de le rencontrer ? Que faire ? Nous avons certainement beaucoup de questions de ce genre. Elles sont sans doute ravivées par la situation que nous vivons, confinés sans avoir la possibilité de nous retrouver pour la célébration de l’Eucharistie, ou pouvoir rencontrer famille et amis.

L’épisode des disciples d’Emmaüs peut nous aider à y voir plus clair. Ils s’en vont sans espérance. Ils le disent simplement « nous espérions », ce qui veut dire qu’ils n’espèrent plus. Ils avaient été heureux avec Jésus, ils pensaient que c’était le Messie, le libérateur, celui qui ouvrait l’avenir. Mais il a été condamné, il est mort et enterré ; c’est fini ! Ils repartent chez eux. Pourquoi rester davantage à Jérusalem avec les autres ?

Il faudra du temps et beaucoup d’explications de la part de Jésus pour qu’ils se mettent à croire en lui et qu’ils le découvrent vivant. Ils sont enfermés dans le passé et la tristesse, totalement incapables de reconnaître celui qui fait route avec eux. Ils devront bénéficier de la présence de Jésus ressuscité ; c’est lui qui saura ouvrir leurs yeux, réchauffer leurs cœurs et leur faire retrouver la route de Jérusalem. Tout alors sera changé pour eux.

Que s’était-il passé ? Ils avaient oublié ! Ils savaient bien ce qui s’était produit dans la vie de Jésus. Ce qu’ils disent est exact, mais il manque la foi ! Il faut que Jésus passe en revue les Ecritures pour montrer que ce qui s’est produit pour lui, sa mort et sa résurrection, étaient annoncées dans les Ecritures. Ils devaient retrouver la mémoire du cœur.

Nous nous attachons au Seigneur Jésus, nous pouvons dire que nous l’aimons, et voici qu’en ces semaines notre amour est soumis à l’épreuve. Nous ne pouvons plus nous retrouver pour le célébrer en communauté chrétienne, nous ne pouvons plus le recevoir dans la communion. Nous ressentons douloureusement cette situation, même si nous en connaissons bien la raison profonde : c’est un geste de charité afin de protéger ainsi les autres de la circulation du virus, en particulier les plus fragiles. Voilà un geste d’amour concret qui nous demande de grands efforts. Que le Seigneur nous donne la force de les supporter le temps nécessaire.

Jésus va donc faire route avec ces deux disciples. Il semble qu’il n’a rien de plus important à faire en ce jour de Pâques que de marcher avec eux, à leur rythme, de les écouter, de parler. On ne sait pas grand-chose d’eux, le nom de Cléophas pour l’un seulement. N’est-ce pas une manière pour saint Luc de nous faire percevoir que ce disciple sans nom, c’est chacun de nous ?

Jésus va à notre pas, plus vite pour certains, plus lentement avec d’autres. Avant de parler, il écoute. Il faut que les disciples puissent « vider leur sac », exprimer ce qu’ils ressentent. Ainsi, ils pourront mieux écouter, mieux comprendre.

La rencontre de Jésus se fait d’abord par l’écoute et la méditation de la Parole de Dieu. Pendant ces semaines, c’est la seule nourriture de foi qui nous est accessible. Ce n’est pas rien ! Nous vivons avec nos frères et sœurs chrétiens qui ne peuvent pas bénéficier habituellement de la célébration de l’Eucharistie parce qu’ils sont très isolés, ou parce que les prêtres sont peu nombreux.

Je reprends quelques phrases du Pape François. « J’invite chaque chrétien, en quelque lieu ou situation où il se trouve, à renouveler aujourd’hui même sa rencontre personnelle avec Jésus-Christ, ou, au moins, à prendre la décision de se laisser rencontrer par lui et de le chercher chaque jour sans cesse. »

Nous sommes en route vers Emmaüs. C’est là-bas qu’aura lieu la fraction du pain et que les yeux des disciples s’ouvriront. Nous sommes en route, plus près du but que la semaine dernière ! Courage, frères et sœurs, le Seigneur est avec nous, il marche avec nous et ne cesse de réchauffer notre cœur.

 

✝  Mgr Pierre-Marie Carré
Archevêque de Montpellier