romecollgiens1Accompagnés par l'Abbé Dusssel ainsi que par Sœur Luisa, Sœur Sandra et par leurs animateurs, une bonne trentaine de collégiens du littoral montpelliérain ont vécu une semaine exceptionnelle à Rome et au Vatican, pendant la première semaine de leurs vacances scolaires.
Rome, ville éternelle où chaque pierre peut raconter une histoire, le Vatican où ils y ont vécu la rencontre avec le Pape François au cours de son audience hebdomadaire, le passage de la Porte Sainte habituellement murée, mais ouverte par le Saint Père qui a voulu cette Sainte Année Jubilaire de la Miséricorde. 
Au long des journées, le programme varié et bien organisé, prévoyait des moments de recueillement et des visites aussi variées que la fontaine de Trévi, rendue inoubliable par le film de Fellini « La Dolce Vita », la dégustation des fameux « gelati » italiens et de grands plats de « pastaciutta » en passant par la visite des basiliques majeures : St. Pierre du Vatican où ils purent admirer la remarquable « Piéta » en marbre de Carrare, sculptée par Michel-Ange à peine âgé de 24 ans, St. Jean du Latran, considérée comme la cathédrale du Pape en tant qu’évêque de Rome, Ste. Marie Majeure, la plus ancienne et la plus grande église dédiée à la Vierge et enfin St. Paul hors les murs, où ils purent découvrir la remarquable mosaïque de l’Apocalypse. 
CIAO, ARIVEDERCI ROMA……

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Père DebergéLe mardi 9 février, à 17h30, le pape François recevait 726 Missionnaires de la Miséricorde (1) , provenant de tous les continents. J’avais la grâce d’en faire partie. Auparavant, le matin, nous avions vécu ensemble un temps d’adoration et de confession. Puis, dans l’après-midi, après une longue procession depuis le Château Saint Ange jusqu’à la Basilique saint-Pierre, nous avions, par groupes linguistiques, franchi la Porte sainte et nous étions recueillis devant les dépouilles de deux saints confesseurs capucins, Padre Pio et Léopold Madic, que le Saint Père avait, semble-t-il, fait venir pour cette occasion.
Lors de son allocution dans la salle royale du Palais apostolique du Vatican, le pape François évoqua certains souvenirs personnels et, dans un style à la fois pastoral et affectueux, insista fortement sur ce qu’il attendait des Missionnaires de la Miséricorde. A titre d’exemple, j’ai choisi ce passage qui traduit bien la tonalité de l’intervention :

« Avant tout, je désire vous rappeler que, dans ce ministère, vous êtes appelés à exprimer la maternité de l’Eglise (…) Nous ne pouvons pas courir le risque qu’un pénitent ne perçoive pas la présence maternelle de l’Eglise qui l’accueille et qui l’aime. Si cette perception diminuait à cause de notre rigidité, ce serait un grave dommage en premier lieu pour la foi elle-même (…) Au contraire, nous sommes appelés à être l’expression vivante de l’Eglise qui, comme mère, accueille quiconque s’approche d’elle, sachant qu’à travers elle, on est inséré dans le Christ. En entrant au confessionnal, souvenons-nous toujours que c’est le Christ qui accueille, le Christ qui écoute, le Christ qui pardonne, le Christ qui donne la paix. »
Le lendemain, 10 février, au cours de la messe du Mercredi des cendres dans la Basilique Saint-Pierre, le Pape François rappela à nouveau ce qu’il attendait des Missionnaires de la Miséricorde : « Chers frères, puissiez-vous aider à ouvrir les portes des cœurs, à dépasser la honte, à fuir la lumière. Que vos mains bénissent et relèvent paternellement vos frères et sœurs ; qu’à travers vous, le regard et les mains du Père se posent sur ses enfants et soignent leurs blessures. » Et c’est à la fin de la célébration, dans un envoi solennel, qu’il conféra le « mandat » de Missionnaire de la Miséricorde aux prêtres et religieux de tous pays réunis à cet effet.
Ainsi s’achevèrent ces deux journées, riches en ferveur et en intensité spirituelle et ecclésiale, pleines de tendresse aussi comme le fut ce long moment que prit le pape François à saluer les Missionnaires de la Miséricorde qui se présentaient à lui. Son visage radieux et aimant, sa disponibilité à chacun, et ce « Priez pour moi » qu’il m’adressa alors que je le remerciais pour son intervention, resteront longtemps gravées dans mon cœur de prêtre, ainsi que cette autre recommandation, prononcée le 9 février :
« Ce n’est pas avec le bâton du jugement que nous réussirons à ramener la brebis perdue dans l’enclos, mais par la sainteté de vie (…) La sainteté se nourrit d’amour et sait prendre le poids de celui qui est plus faible. Un Missionnaire de la Miséricorde porte le pécheur sur ses épaules et il le console par la force de sa compassion. »
Merci, Saint-Père

 

Mgr Pierre Debergé
Missionnaire de la miséricorde

 


(1)Ils sont 1142 au total. Dans la bulle d’indiction du Jubilé de la miséricorde, le Pape François avait indiqué son intention d’envoyer des Missionnaires de la Miséricorde au cours du carême. Il avait décrit leur mission en ces termes : « Ils seront le signe de la sollicitude maternelle de l’Eglise à l’égard du Peuple de Dieu, pour qu’il entre en profondeur dans la richesse de ce mystère aussi fondamental pour la foi. (…) Ils seront surtout signe vivant de la façon dont le Père accueille ceux qui sont à la recherche de son Pardon. » (§18).

Le Carême s’avance toujours trop vite ! Dans un mois nous serons déjà à Pâques ! Cette année, le jubilé de la miséricorde nous sollicite plus encore.
Pourquoi ne pas chercher à redécouvrir ce que Dieu veut faire avant de nous demander les actes de miséricorde que nous pourrions mettre en œuvre ?
La miséricorde, c’est d’abord l’attitude de Dieu devant le péché des hommes. Il ne les détruit pas, mais veut leur pardonner. Plus encore ! Il cherche à se constituer au milieu de l’humanité un peuple fait de pécheurs pardonnés qui pourront mettre en pratique la miséricorde dont ils ont bénéficié. Pendant ce Carême, comme l’a fait le fils prodigue, notre attitude est de nous dire : « j’irai trouver mon Père et je lui dirai : Père, j’ai péché contre toi » (cf. Lc 15, 18). Le sacrement du pardon nous est présenté très largement et des « missionnaires » de la miséricorde, envoyés par le Pape, sont à notre service.
La miséricorde est ensuite le terme le plus adapté pour indiquer la nouvelle attitude qui est celle des chrétiens dans le monde d’aujourd’hui. Devant elle, le mal n’est pas le plus fort. Déjà, un vieil adage rabbinique déclarait que parmi les piliers qui soutiennent le monde et l’empêchent de s’écrouler et de disparaître, il y a les œuvres de miséricorde. Vivre la miséricorde en cherchant à mettre en pratique ce qui concerne les corps (cf. surtout la parabole du jugement dernier, Mt 25, 31-46) ou ce qui concerne les âmes, c’est agir en manifestant dans notre monde la force de l’Evangile et en montrer la crédibilité.
Pour terminer, une suggestion : nous avons besoin de grandir dans une estime réciproque les uns à l’égard des autres. Qu’il serait beau et bon de nous garder de toute parole malveillante et de ne pas répéter ce que nous pouvons entendre dire de mal des autres !
Bonne route vers Pâques en témoins de la miséricorde de Dieu !
+ Pierre-Marie Carré
Archevêque de Montpellier

Ouverture de la Porte Sainte en la Cathédrale Saint Nazaire à Béziers en présence de Mgr Claude Azéma, le mercredi des Cendres.

 

 



Le temps du Carême est un appel à vivre plus intensément notre baptême à la suite du Christ. C’est pourquoi prière et lecture de la Parole de Dieu, volonté de se priver du superflu par le jeûne et gestes de partage et de solidarité y tiennent une place importante.

Depuis plus de 50 ans le CCFD-Terre Solidaire œuvre pour développer au sein de l’Eglise en France le souci de lutter contre la faim et de travailler au développement dans le monde entier. La tâche est immense ! Soutenez son action.



  +Pierre-Marie Carré
Archevêque de Montpellier