La bibliothèque diocésaine vous propose ses choix de lecture. Cette fois-ci, la revue théologique des Bernardins.


Par Antoine Guggenheim, Directeur du pôle recherche du Collège des Bernardins.

Revue théologique des Bernardins, Mai-Août 2014, p. 133-138.

Résumé

Trois intellectuels aident à écouter la parole des personnes souffrantes.

1. Irving Greenberg, rabbin à New-York, « La voix des souffrants, parole de vérité »

L’auteur part du fait des enfants juifs jetés vivants dans les fours crématoires par les nazis

« Ni la foi traditionnelle, ni l’athéisme ne permettent de prendre en compte la dimension incommensurable de l’Holocauste, car aucun des deux n’a donné une réponse vraiment appropriée ; aucun des deux n’est à lui seul crédible, face aux enfants jetés vivants dans les fours crématoires ».

Pour Antoine Guggeheim, la foi et la raison sont des instruments de résistance spirituelle à la violence et à la souffrance, mais la réponse à la souffrance ne vient pas d’elles seules. La réponse vient de l’amour, dont la puissance se trouve plus dans les actes que dans les paroles, comme le dit Ignace de Loyola. La parole des souffrants appelle un acte de réparation aimant et compétent.

2. Jean-Claude Larchet, théologien orthodoxe, « Quelle théologie de la croix »

Jean-Claude Larchet veut faire mourir une fausse perception de la croix de Jésus, qui y voit une « justification » et « une valorisation » de la souffrance.

La libération de la croix n’est pas une dette infinie et insolvable envers une mort ; elle est un accès à la présence plénière et cachée de la source de vie. Elle est au centre de l’histoire, parce qu’elle ouvre un chemin qui vient de plus loin – du paradis perdu (Gn 3) – et va plus loin – à la nouvelle Jérusalem (Ap 21).

3. Julia Kristeva, psychanalyste et philosophe, athée, « Handicap et lien social ».

Julia Kristeva a été invitée par le pape Benoît XVI à intervenir lors de la rencontre d’Assise de 2012 pour exprimer les enjeux d’une telle réunion, vus par une héritière de l’humanisme des lumières.

Son livre est un essai pour mettre la société laïque devant ses responsabilités à l’écoute de la parole des souffrants.

« Chacun à sa façon, des artistes et des penseurs s’avancent vers la conviction moderne qui sous-tend ce que j’appelle une troisième phase de l’histoire du handicap : c’est la connaissance et la reconnaissance de la fragilité d’autrui plus que son excellence, qui constitue le lien démocratique en tant qu’amitié de quiconque ; la reconnaissance d’autrui dans sa différence déroutante devient ainsi notre passion ».

La parole des personnes en situation de handicap dévoile l’essence du lien social.

Conclusion

L’auteur conclut ainsi cette présentation de trois intellectuels touchés par le mystère et le scandale de la souffrance : « Voir, se laisser toucher, agir est une chemin pour être digne de la fraternité humaine, comme le montre la parabole du « Bon Samaritain ».

Michel Billiard

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