Archevêque émérite de notre diocèse de Montpellier, Mgr Guy Thomazeau poursuit sa mission au service du Christ et de l'Eglise dans son livre : « L'Evangile du sourire. Fioretti d'un évêque heureux ». Propos recueillis par Claude Gavach.

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Mgr Guy Thomazeau, que retirez-vous des neuf années que vous avez passé à la tête de notre diocèse ?


Mgr Guy Thomazeau. Je n'ai été que l'un des maillons de la chaîne pour accomplir l'œuvre de Dieu. Je ne suis que dans la succession des évêques dans ce siège apostolique. Chacun à son tour a été le pasteur que l'Eglise envoie dans l’Hérault. J'ai essayé d'être un de ces maillons. J'ai conscience de mes limites mais j'ai donné avec les forces que j'avais.



Pour vous retraite ne signifie pas un temps de loisirs perpétuels.


Mgr Guy Thomazeau. C’est important du point de vue sacramentel. De même que vous vous n'êtes pas en retraite du mariage, car c’est un sacrement. Je ne serai jamais à la retraite de mon ordination de prêtre et d’évêque. J'ai déposé mes charges mais je garde les facultés de l'ordination. Ce qui fait que, d'ailleurs, le Saint Père, le pape François, ne s'en est pas privé. Devant une difficulté qui se présentait dans le diocèse de Nice, j'ai été comme rappelé pendant neuf mois pour conduire ce grand diocèse et permettre de préparer le terrain à l'arrivée d'un nouvel évêque, suite aux problèmes de santé qui avait conduit à la démission de son prédécesseur. On appelle cette fonction administrateur apostolique envoyée par le Saint Père.



Qu'avez-vous retiré de ses neuf mois à la tête du diocèse de Nice ?


Mgr Guy Thomazeau. Ça a été magnifique. J’ai trouvé une situation douloureuse. Mon expérience de 25 ans d'épiscopat et l'accueil des prêtres qui m’ont entouré ont permis qu’en quelques mois nous sortions de l'épreuve où se trouvait le diocèse. Avant de quitter Nice, j'ai présidé une messe chrismale dont je garde un souvenir ému.



Quelles sont les autres fonctions qui vous ont été confiées depuis votre départ de Montpellier ?


Mgr Guy Thomazeau. Une, qui me tient fort à cœur, est d'être chapelain général de l'Ordre souverain de Malte. Ses œuvres sont peu présentes dans le Languedoc mais elles sont considérables. Et nous en voyons actuellement l’importance avec les drames de l'est de la Méditerranée. L'ordre de Malte France entretient la plus grande maternité du Moyen-Orient à Bethléem. Et, en France, beaucoup de travail est fait dans les établissements au profit des autistes, les malades d’Alzheimer. À Nice nous avons un établissement avec 90 malades. Et donc je soutiens les chevaliers et leurs collaborateurs.


Le livre que vous publiez porte comme sous-titre « Fioretti d’un évêque heureux ». Est-ce que vous vous considérez comme un évêque heureux ?


Mgr Guy Thomazeau. Je me considère d'abord comme un chrétien heureux, comme un prêtre heureux depuis son ordination. Et le bonheur n'est pas absent d’épreuves comme dans toute vie d'homme. Heureux d'avoir accepté l'appel de l'Eglise, d'être ordonné prêtre et devenu, ce que je n'avais pas venu prévu, évêque. C'est une continuité dans ma vie. Ce n'est pas le fait d'être évêque qui m'a rendu heureux. Ce qui m'a rendu heureux c'est de dire « oui » au Seigneur.


Selon vous, en quoi consiste le bonheur ?


Mgr Guy Thomazeau. À être aussi accordé que possible de ce que je peux connaître de la volonté de Dieu.


Qu'est-ce qui vous a donné l'idée d'écrire ce livre ?


Mgr Guy Thomazeau. Tout ce que j'ai fait auparavant était dans un esprit de mission. Et c'est encore le cas pour ce livre.
Dès que j'ai été évêque auxiliaire à Meaux, j'ai noté quelques petites choses qui m'amusaient. Car, dans les responsabilités d'évêque, je rencontrais beaucoup de personnes et je trouvais parfois dans des situations tout à fait rocambolesques. Je notais juste le titre de la scène et laissais dormir cela. Dans l’Hérault, il m'est arrivé dès le départ, au Pouget, une chose extraordinaire.
J'avais remarqué dans les Evangiles que le mot sourire ne figure pas. Or, depuis la naissance, le sourire est une expérience de la rencontre avec l'autre. Déjà pour le nourrisson dont on dit qu'il sourit aux anges. Je me suis dit il faut témoigner de cela parce que les chrétiens ne sont pas des gens tristes. François d'Assise est un des messagers de la joie des chrétiens.


Vous n'avez pas pris le parti de faire un traité de philosophie ni de théologie sur le sourire. Vous avez réussi grâce à un humour léger et à vos confidences à faire se dessiner le sourire sur le visage de vos lecteurs.


Mgr Guy Thomazeau. Car le sourire est contagieux. J'ai reçu des lettres d'amis qui m'ont dit qu'il avait passé un bon moment de détente et en même temps de réflexion en lisant ce livre.
Des gens du diocèse m’ont connu dans ma charge de la responsabilité qui était lourde par moments. Et ils n'ont peut-être pas perçu à quel point, au prix d'un combat, le sourire était là. On peut également sourire dans des situations très éprouvées entre autres au chevet des grands malades. J’en ai l’expérience toute récente dans les hôpitaux parisiens.

Adresse pour se procurer le livre : http://www.editions-salvator.com/A-23855-l-evangile-du-sourire.-les-fioretti-d-un-eveque-heureux.aspx
 

photo thomazeau