Wendy

Réalisateur : Benh Zeitli

Date de sortie du film : 23 juin 2021

Durée : 1h 52 min

Genre: Drame, Fantastique

Nationalité : Américaine

Distribution : Devin France, Yashua Mack…

Après Les Bêtes du Sud sauvage, film quatre fois nommé aux Oscars et fort bien accueilli, Benh Zeitlin nous propose un récit surprenant, sorte de conte moderne évoluant entre réalisme et fantastique. Il s’agit d’une relecture du Peter Pan de J.M. Barrie, mais du point de vue de Wendy.

Élevée par sa mère célibataire, Wendy s’ennuie dans un quotidien dénué de magie. Un soir, la fillette ment à sa mère et part à l’aventure en sautant dans un train en marche avec ses deux petits frères. Au terme du voyage, ils débarquent sur une île déserte où les enfants ne semblent pas vieillir et où règne un garçon rebelle, nommé Peter Pan. Sous le charme de l’île, Wendy va vite en découvrir l’autre versant : les enfants qui ont subi un deuil sont condamnés à s’isoler sur une partie de l’île qui est une terre aride pour vieillir en solitaire. En effet le virus de l’âge est considéré sur l’île comme une tare. Wendy devra se battre pour sauver sa famille, sa liberté et garder l’esprit jovial de sa jeunesse face au danger mortel de grandir.

Avec sa re-visite très personnelle de Peter Pan, Benh Zeitlin se sert de son goût prononcé pour les univers poétiques et oniriques où s’exprime la beauté de l’enfance, afin de travailler des thématiques comme les idéaux, l’avenir, le refus du déterminisme, la peur de grandir et de la mort.

Bien qu’il soit une belle relecture du fameux roman de Barrie, le film surprend, séduit, sans toutefois convaincre totalement.

Mais surtout, par une simple transposition de l’histoire de Peter Pan chez les laissés-pour-compte de l’Amérique rurale d’aujourd’hui, il délivre un message limpide et précieux : en cette époque sombre, quel plus beau phare dans la nuit que l’énergie de la jeunesse et son inépuisable pouvoir d’imagination ?

Conseillé

 

Philippe Cabrol
Chrétiens et Cultures

Sous le ciel d’Alice

Réalisateur : Chloé Mazlo

Date de sortie du film : 30 juin 2021

Durée : 1h 30 min

Genre : Comédie dramatique

Nationalité : Française

Distribution : Alba Rohrwacher, Wajdi Mouawad, Isabelle Zighondi…

Chloé Mazlo, s’est emparée de l’album familial, et tout particulièrement du destin de sa grand-mère Alice d’origine suisse, qui décida, dans les années 1950, de partir à Beyrouth pour un emploi de nurse. « Le point de départ de mon film, confie Chloé Mazlo, est le personnage central d’Alice qui est inspiré de ma grand-mère suisse partie à Beyrouth en tant que nurse dans les années 50 et qui tomba complètement amoureuse du pays puis de mon grand-père… Tout au long de l’écriture, elle est restée une référence car j’avais besoin que la base émotionnelle du récit soit réelle. »

Dans les années 50, la jeune Alice quitte la Suisse pour le Liban, contrée ensoleillée et exubérante. Là-bas, elle a un coup de foudre pour Joseph, un astrophysicien malicieux qui rêve d’envoyer le premier libanais dans l’espace. Alice trouve vite sa place dans la famille de ce dernier. Mais après quelques années de bonheur les fêtes avec les amis, les enfants, la vie de famille, la guerre civile éclate…Tout se disloque, se désagrège dans le pays comme pour le couple. À la gaieté succèdent peu à peu le vide, la séparation d’avec ceux qui décident de partir.

Dans un premier temps, le film montre une époque d’insouciance, un pays où les habitants prennent plaisir à se recevoir, où chaque repas est un festin, où les conditions matérielles, parfois difficiles, n’entament en aucun cas la joie de vivre d’un peuple jamais découragé et toujours prêt à s’entraider. Par la suite l’image s’assombrit et vire petit à petit vers la tragédie.

Dans ce film, il ne s’agit pas de décrypter la guerre, mais seulement de faire réfléchir à son absurdité et de sonder le sentiment d’attachement à un pays. La réalisatrice y parvient grâce à un récit coloré et poétique qui entrelace histoire familiale et histoire nationale

Vivement conseillé 

Philippe Cabrol
Chrétiens et Cultures