Le 18 avril 2025, une peinture représentant le bienheureux Gui de Montpellier a été solennellement installée dans l’église du Saint-Esprit-en-Saxe à Rome, là même où le fondateur de l’Ordre du Saint-Esprit avait exercé sa mission au début du XIIIᵉ siècle.
Un événement chargé de sens pour la famille du Saint Esprit comme pour le diocèse de Montpellier à quelque jours de l’anniversaire du changement de nom de la Halte Solidarité en l’honneur du bienheureux Montpellierain.
Une cérémonie internationale pour un saint montpelliérain
La messe d’inauguration a été présidée par Mgr Krzysztof Marcjanowicz, du Dicastère pour le Culte divin et la Discipline des sacrements. Il a également béni la nouvelle œuvre. Parmi les personnalités présentes figuraient Mère Kazimiera Gołębiowska, supérieure générale des Chanoinesses du Saint-Esprit de Saxia, le professeur Zbigniew Sałaj — auteur du tableau —, ainsi qu’Adam Kwiatkowski, ambassadeur de la République de Pologne près le Saint-Siège. Des prêtres, des religieuses et des fidèles laïcs liés à la spiritualité du bienheureux Gui complétaient l’assemblée.
Dans son allocution, Mère Gołębiowska a souligné que les célébrations s’inscrivent dans « plus de 800 ans d’histoire de l’Ordre du Saint-Esprit en Pologne ». Elle a également évoqué l’audience accordée le 5 décembre 2024 par le pape François à la famille spiritaine, au cours de laquelle il l’avait invitée à se consacrer avant tout au service des pauvres.
Dans son homélie, Mgr Marcjanowicz a présenté Gui de Montpellier comme un homme capable de percevoir la présence de Dieu là où d’autres fermaient les yeux : face aux pauvres et aux laissés-pour-compte de la société médiévale, Gui entendait un appel intérieur à agir.
Une œuvre qui raconte une vie entière
Le tableau, réalisé par le professeur Zbigniew Sałaj de l’Académie des Beaux-Arts de Cracovie, place la figure du bienheureux Gui sur fond de l’architecture de l’hôpital romain du Saint-Esprit. Au centre de la composition se trouve ce que l’artiste appelle la « roue de la vie » — une horloge humaine qui symbolise l’étendue des œuvres de miséricorde accomplies par l’Ordre. Plusieurs personnages l’entourent : la colombe de l’Esprit Saint, un pèlerin, des malades, des sans-abri, une jeune mère. Autant de figures qui invitent à lire le tableau dans le sens des aiguilles d’une montre pour en découvrir les différentes dimensions de la mission de Gui.
Pour Mère Gołębiowska, la présence de cette peinture dans l’église romaine constitue « un signe symbolique du retour de celui qui, doté du charisme de la charité miséricordieuse, réalisait en ce lieu l’idéal de la miséricorde chrétienne ».
Gui de Montpellier : un fondateur béatifié en 2024
Gui de Montpellier est né vers 1160. Il fonda dans sa ville natale, vers 1180, un hôpital ainsi que l’Ordre des Hospitaliers du Saint-Esprit. En 1198, le pape Innocent III approuva la règle monastique de l’Ordre. En 1201, une bulle pontificale confia à Gui et à ses compagnons la charge de l’église Sainte-Marie-en-Saxe à Rome — aujourd’hui l’église du Saint-Esprit-en-Saxe — ainsi que l’hôpital attenant.
Gui de Montpellier mourut à Rome au début de l’année 1208. Sa mémoire fut préservée avec discrétion pendant plusieurs siècles dans les monastères et hôpitaux qui suivaient sa règle.
Le 18 mai 2024, par le motu proprio Fide Incensus, le pape François lui accorda officiellement le titre de bienheureux, avec une fête fixée au 7 février.


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