Le 20 juin 2025, le pape Léon XIV a signé un décret du dicastère pour les Causes des saints, reconnaissant le martyre de cinquante Français morts par haine de leur foi sous le régime nazi entre 1944 et 1945. Notre-Dame de Paris, recevait samedi 13 décembre dernier, la messe de béatification présidée par le cardinal Jean-Claude Hollerich, archevêque de Luxembourg et légat du pape, de ceux que l’on a qualifiés de Martyrs de l’apostolat.
Durant la Seconde Guerre mondiale, environ 300 000 jeunes français âgés de 19 à 25 ans furent envoyés en Allemagne comme travailleurs dans le cadre du Service du travail obligatoire (STO) imposé par le régime régime de Vichy.
Contrairement aux prisonniers de guerre protégés par la Convention de Genève, ces ouvriers ne bénéficiaient d’aucune assistance spirituelle.
Face à cette situation, des évêques français, notamment le cardinal Emmanuel Suhard, archevêque de Paris, et l’abbé Jean Rodhain, futur fondateur du Secours catholique, ont mis en place la “Mission Saint-Paul”.
Cette initiative consistait à envoyer clandestinement des prêtres, des séminaristes, des religieux, des scouts et des militants de l’Action catholique auprès des jeunes ouvriers déportés pour leur apporter un soutien spirituel et moral.
Le 3 décembre 1943, l’ordonnance Kaltenbrunner, signée par le chef de la Gestapo, ordonnait l’élimination de tous ceux qui menaient une activité religieuse auprès des jeunes travailleurs civils français. Dès lors, toute action pastorale devenait passible de la peine de mort.
Arrêtés, torturés puis déportés dans les camps de concentration nazis de Buchenwald, Mauthausen, Dachau, Neuengamme et Flossenbürg, ces cinquante hommes ont succombé aux conséquences de leur incarcération : exécutions sommaires, mauvais traitements, typhus; ou durant les marches de la mort qui ont précédé la libération des camps.
La cérémonie du 13 décembre 2025 s’est déroulée, en présence de nombreux évêques français et allemands.
Le cardinal Hollerich s’est adressé aux fidèles en français et en allemand, plaçant cette béatification sous les signes de la réconciliation et de la fraternité entre les peuples européens.
Parmi les cinquante martyrs, on compte quatorze prêtres, trois séminaristes et trente-trois laïcs, dont quatorze membres des Scouts de France et dix-neuf de la Jeunesse ouvrière chrétienne.
Désormais, ces nouveaux bienheureux seront célébrés chaque année le 5 mai dans le calendrier liturgique.


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