Le Carême est un temps favorable pour se recentrer sur l’essentiel et approfondir notre relation à Dieu.

Parmi les moyens simples pour y parvenir, aménager un coin de prière chez soi peut être une démarche précieuse.

Ce petit espace dédié devient un lieu de rencontre avec le Seigneur, propice au silence, au recueillement et à la fidélité quotidienne.

Pas besoin d’un grand appartement ni d’une pièce entière. Un coin de chambre, une étagère ou une petite table suffisent. L’essentiel est de choisir un endroit calme, à l’écart des écrans et des distractions, où il sera possible de s’arrêter quelques minutes chaque jour.

Ce lieu devient alors un repère visible, un signe concret de la place que nous donnons à Dieu dans notre vie.

Pour l’aménager, quelques objets simples suffisent à orienter le cœur : une croix, une bougie, une Bible ouverte. Une icône du Christ, une image de la Vierge Marie ou d’un saint peuvent également nourrir la méditation et rappeler la présence aimante de Dieu. Ces signes visibles aident à entrer dans une véritable attitude de prière, même lorsque les mots manquent.

Ce coin de prière n’a pas besoin d’être parfait. Ce qui compte, c’est la fidélité. En y revenant chaque jour, même brièvement, nous ouvrons notre cœur à Celui qui nous attend.

Dans le silence et la simplicité, la prière transforme peu à peu l’âme et nous apporte paix, force et espérance.

En ce temps de Carême, osons faire cette place à Dieu, chez nous, dans notre quotidien.

Mon coin prière est né l’an dernier… d’un tas de vêtements.

Dans ma chambre, il y avait un angle que je n’aimais pas regarder. J’y posais tout ce que je ne voulais pas ranger : livres, chargeurs, vêtements. Un soir, pendant le Carême, après une journée particulièrement stressante, je me suis assis sur mon lit et j’ai regardé ce coin. J’ai réalisé qu’il ressemblait un peu à mon cœur : encombré, dispersé, un peu incohérent et disons-le carrément, rempli de choses qui n’étaient pas à leur juste place.

Le lendemain, j’ai tout vidé. J’ai nettoyé, ramené un petit meuble qui se trouvait dans son salon sur lequel j’ai posé une petite croix en bois que ma grand-mère m’avait donnée. J’y ai ajouté une bougie et ma Bible. C’était simple, presque fragile et pas vraiment dans la continuité de la manière dont était aménagé le reste de ma chambre plutôt encombrée. C’était différent, et j’ai ressenti l’impression d’avoir ouvert une fénêtre qui n’existait pas.

Au début, je passais devant sans m’arrêter. Puis un soir, sans vraiment réfléchir, je me suis assis devant. Je n’ai rien dit. Et pour la première fois depuis longtemps, j’ai ressenti du calme.

Peu à peu, ce coin est devenu un repère. Certains jours, je m’y assieds quelques minutes avant de dormir. D’autres fois, je viens quand je suis inquiet ou perdu. Il ne résout pas mes problèmes, mais il change ma façon de les porter, de les appréhender et d’y chercher des solutions.

Ce qui m’a le plus surpris, c’est le silence. Un silence vivant. Comme si je n’étais plus seul.

Ce coin prière n’est pas seulement un endroit. C’est devenu un espace où je dépose ce que je ne peux pas contrôler. Un espace où je respire, où je questionne et où je trouve des réponses.

Je n’aurais jamais pensé qu’un simple mètre carré pouvait changer autant de choses.

Julien