Vendredi 13 mars, journée de prière pour les personnes victimes de violences au sein de l’Eglise, des messes memorielles se sont déroulées dans tous les diocèses de France.

A Montpellier ainsi que dans de nombreuses paroisses de l’Hérault,  des messes mémorielles réunissant de nombreux fidèles se sont déroulées en ce 3ème vendredi de carême.

A cette occasion, une plaque commémorative a été dévoilée.

Cathédrale Saint-Pierre, vendredi 13 mars 2026

Homélie de Mgr Norbert Turni, Archevêque de Montpellier

Sœurs et Frères,

Ce soir, nous ne sommes pas entrés pas dans cette cathédrale comme d’habitude, mais avec gravité, avec honte, surtout avec des visages et des noms dans le cœur.
Des enfants. Des adolescents. Des jeunes. Des vies blessées. Des existences marquées à jamais.
Et nous savons que les mots sont pauvres. Que nos paroles, même sincères, ne pourront jamais effacer ce qui a été subi. Tout ce que nous pourrons faire, tout ce que nous ferons, ne sera jamais suffisant au regard du drame vécu.
Mais nous ne pouvons pas nous taire.

Dans le livre d’Ézéchiel, Dieu parle d’une profanation. « Vous avez profané mon saint Nom. »

Profaner, ce n’est pas simplement désobéir.
Profaner, c’est salir ce qui est sacré.
Or qu’y a-t-il de plus sacré qu’une personne ?

Elle n’est pas une propriété.
Ni un objet.
Elle est un mystère confié, un sanctuaire vivant.
Quand son corps est violé, manipulé, brisé, c’est Dieu lui-même qui est atteint.
Parce que cette personne est à son image et à sa ressemblance.
Parce que son corps est un temple sacré.
Parce que sa confiance est une terre sainte.

Oui, nous devons le dire avec force : profaner le corps d’une personne, c’est profaner Dieu.
Et lorsque ces crimes ont été commis par des membres de l’Église, lorsque l’institution n’a pas protégé, lorsque la parole n’a pas été entendue, lorsque la justice a tardé, lorsque les silences coupables se sont installés, c’est le Nom même de Dieu qui a été défiguré.

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