Grâce à la mobilisation de l’ensemble des antennes RCF, le voyage apostolique bénéficiera d’une couveture de l’ensemble du séjour du pape Léon XIV en France sur les ondes de RCF Notre Dame dont la grille sera exclusivement consacrée à l’évènement.
Marie Jacqmin, directrice de RCF Occitanie en charge de l’étape du Saint Père à Lourdes, en évoque les coulisses.
Service communication
Couvrir un voyage apostolique, est-ce que ça se prépare comme n’importe quel grand événement, ou y a-t-il une tension particulière, presque un trac, propre à ce type de reportage ?
Marie Jacqmin
La réponse est à la fois oui et non. Oui, parce que nous partons avec notre matériel habituel d’opérations extérieures (on dit opex) et que nos équipes ont l’habitude de couvrir des événements extérieurs : ce savoir-faire-là ne change pas d’un déplacement à l’autre. Non, parce qu’en l’occurrence, nous assurons la partie technique pour notre antenne nationale RCF Notre Dame pour l’ensemble de l’étape du Saint-Père à Lourdes.
Cela change tout : il y a une pression supplémentaire, car le moindre couac de notre côté pourrait mettre en péril l’ensemble de la retransmission prévue. Ce n’est plus seulement notre antenne qui est en jeu, mais celle de tout un réseau.
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Quel est le moment que vous redoutez le plus dans la couverture d’un tel déplacement — celui où tout peut basculer techniquement ou éditorialement ?
Marie Jacqmin
Avant toute chose, c’est la panne technique. Le bug imprévisible, celui qui fait qu’alors que tout était calé à 8 heures, plus rien ne fonctionne à 8h01, pour des raisons totalement indépendantes de notre volonté.
On a beau tout vérifier, tout tester, on sait que ce risque-là ne disparaît jamais complètement. Et honnêtement, jusqu’à la dernière seconde de la diffusion, on reste, au fond de soi, habité par ce stress. Parce que le travail des journalistes, aussi bon soit-il, n’existe plus si la technique nous fait brusquement défaut.
Service communication
Comment décidez-vous de ce qui mérite l’antenne en direct et de ce qui sera raconté après coup ? Qui tranche, et sur quels critères ?
Marie Jacqmin
Pour un événement de cette ampleur, cette décision ne se prend pas à l’échelon local ni régional. Elle a été prise en amont par la direction nationale : l’ensemble de la grille de programmation sera dédié au voyage apostolique, sous forme de directs liés aux interventions publiques du pape, complétés par des émissions spéciales qui permettront de revenir plus en profondeur sur certains moments.
Service communication
Quel est le rôle d’une radio locale comme RCF face aux grands médias nationaux qui couvriront aussi l’événement ? Qu’est-ce que vous seuls pouvez raconter ?
Marie Jacqmin
Il faut comprendre l’architecture de notre réseau : RCF est une radio chrétienne nationale, avec des décrochages locaux et régionaux assurés par des antennes locales comme la nôtre.
C’est précisément ce maillage qui permet à RCF d’assurer une présence continue sur l’ensemble du voyage apostolique (le directeur de la rédaction fait d’ailleurs partie de la délégation qui accompagnera Léon XIV lors de ses déplacements en avion).
Cette capacité à couvrir l’intégralité des trois étapes du voyage, à Paris, Lourdes et Metz, tient justement à la présence de nos antennes locales, qui mettent à disposition tout le matériel, la logistique, la technique nécessaires ainsi que des journalistes.
Sans ce réseau d’antennes de proximité, une telle couverture ne serait tout simplement pas possible.
Service communication
Qu’est-ce qu’un tel événement change, concrètement, dans le quotidien d’une petite équipe comme la vôtre — les semaines avant, pendant, après ?
Marie Jacqmin
En règle générale, toutes les opérations extérieures sont fédératrices, parce que leur réussite tient essentiellement à l’engagement de chaque membre de l’équipe présent sur le terrain.
Fédératrices, mais aussi stimulantes : chaque opex est unique, car au-delà du contexte propre à l’événement, elle implique des contraintes particulières (météo, conditions, environnement), et donc des capacités d’adaptation tout aussi particulières.
Mais pour un voyage apostolique, qui dépasse largement la dimension habituellement couverte par nos antennes locales, j’ajouterais une dimension supplémentaire, de l’ordre de la gratitude. Pour les membres de notre équipe, ce sera à la fois un moment de foi et la possibilité rare de jouer un rôle déterminant dans la couverture d’un événement historique.
Service communication
Si Lourdes n’était couverte par aucune radio, aucune télévision, que perdrait-on selon vous de ce que vit réellement le pèlerin sur place ?
Marie Jacqmin
Je crois qu’on perdrait d’abord des pèlerins eux-mêmes. Sans cette couverture, une partie de ceux qui ne peuvent pas être physiquement à Lourdes, pour des raisons de santé, d’âge, de distance ou simplement d’agenda, resteraient à la porte de cet événement.
Les médias créent un lien entre les personnes. Ce sont des ponts invisibles mais essentiels. Ils permettent à celles et ceux qui ne pourront pas faire le déplacement de vivre malgré tout quelque chose de cette fraternité qui se noue à Lourdes, d’y prendre réellement part et pas seulement d’en être simplement informés à postériori.
C’est aussi une forme d’intimité que la radio rend possible : sans le filtre de l’image, ce sont les voix, les silences, les chants et les prières qui portent l’auditeur au plus près de ce qui se vit sur place. On n’est plus simple spectateur d’un événement qu’on regarde de l’extérieur, mais presque partie prenante de ce qui s’y joue, les yeux fermés.
C’est peut-être cela, au fond, la spécificité du son face à l’image : une proximité qui demande un engagement plus exigeant et plus personnel de l’auditeur.
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