Chers amis,
De retour de Lourdes, où j’ai accompagné les pèlerins de l’Hérault, je partage avec vous les moments qui m’ont le plus marqué durant la visite apostolique du pape Léon XIV en France.
Un disciple venu affermir la foi
Dans l’avion qui le conduisait de Rome à Paris, le pape a prononcé une phrase que peu ont relevée : « Je viens en France comme disciple du Christ. » Elle m’a touché. Successeur de Pierre, il l’est assurément, mais il a choisi de se présenter d’abord avec cette humilité qui le caractérise. Sa mission est celle que Jésus a confiée à Pierre : affermir la foi de ses frères. C’est pourquoi il a voulu une visite apostolique plutôt qu’une visite d’État. Il souhaitait simplement que l’esprit de son voyage soit clair dès le départ.
Le soir de son arrivée, il a été impressionné par les 80 000 jeunes au Stade de France, à Saint-Denis. Dans son homélie, il a dit : « Remettez le Christ au centre de votre vie. » Affermir sa foi, c’est en effet revenir sans cesse au Christ pour repartir de lui.
À Lourdes, une parole pour la vie
Le deuxième message que je retiens est celui de la défense de la vie, au cœur de la rencontre avec les malades à Lourdes. Ce fut un moment d’une grande émotion, que le pape partageait lui-même. Il a d’abord écouté les associations qui servent les malades, puis des personnes en souffrance qui ont témoigné. Il a ensuite tenu des propos nets en faveur de la vie. Une phrase m’a frappé : « Ce qui est légal n’est pas nécessairement moral. » Il importait qu’elle soit prononcée devant des malades, dont certains portent de très lourdes souffrances. Aucune agressivité dans ses paroles, mais une liberté tranquille. Ce pape a une parole libre, et il la dit avec douceur. On perçoit en lui un homme d’intériorité. Tout au long du voyage, ce que les fidèles ont ressenti, c’est la paix qui émane de sa personne : sa présence apaise.
Écouter les victimes, rencontrer les évêques
Je n’ai pas assisté à la rencontre avec les victimes d’abus sexuels, mais j’ai suivi leurs témoignages. Le pape a accordé quinze minutes d’entretien personnel à chacune, avant de les réunir toutes à la fin. Toutes ont dit la même chose : il les avait écoutées en profondeur. Cette qualité d’écoute dit quelque chose de lui : une douceur intérieure qui rayonne et qui laisse deviner une relation intime avec le Seigneur.
J’ai aussi ressenti sa proximité lors de sa rencontre avec les évêques. Il a tenu à saluer chacun personnellement et ses paroles témoignaient d’une fraternité d’évêque à évêque. Je n’ai pas encore eu le temps de relire l’ensemble des discours du voyage ; ils le méritent, car un fil rouge les traverse.
Pèlerin parmi les pèlerins
C’est lors de la procession mariale que j’ai senti le plus fortement sa simplicité. Il a voulu être pèlerin parmi les pèlerins. Dès le premier soir, il a accompli les gestes de tous ceux qui viennent à Lourdes : déposer un cierge, parcourir la grotte en posant la main sur le rocher et boire l’eau de la source. La procession aux flambeaux du dernier soir a été l’occasion de découvrir un pape de grande proximité avec tous.
Ce voyage nous a permis de mieux le connaître. Il a pu affirmer sa personnalité : celle d’un pasteur de l’Église universelle, d’un homme libre qui dit ce qu’il a à dire sans détour, avec des mots que chacun peut comprendre.
La joie des pèlerins de l’Hérault
À Lourdes, nous étions plus de 150 000 pèlerins, parmi lesquels de nombreux Héraultais. J’ai tenu à voyager en bus avec eux, à l’aller comme au retour : ce contact compte beaucoup pour moi. Au retour, j’ai vu des pèlerins comblés, heureux d’avoir vécu ces journées. Elles ravivent notre foi. Le pape a aussi encouragé les catéchumènes et les néophytes, et il a eu, pour les jeunes, cette parole qu’ils n’oublieront sans doute jamais : « Vous êtes les saints de France. »
+Norbert Turini, Archevêque de Montpellier
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