Samedi 17 octobre 2026, une journée de mobilisation nationale,  a été marquée, dans plusieurs grandes villes, par des violences, des destructions et des pillages.

La Conférence des Evêques de France ainsi que de nombreux diocèses ont d’une part condamné ces exactions, reconnu dans ces violences les symptômes d’une société en difficulté et appelé à être des artisans de paix.

Retrouvons la déclaration de Mgr Norbert Turini, le communiqué de la Conférence des évêques ed France et les réactions de plusieurs évêques.

Montpellier, le 19 octobre 2026

Jésus dans l’Evangile condamne la violence, mais en même temps il entend la colère du Peuple, le cri des pauvres et il réclame que justice leur soit rendue. Nous sommes ses disciples et nous marchons à sa suite. Il nous faut condamner avec la plus grande fermeté la violence qui met notre pays à feu et à sang. Comment peut-on qualifier cette violence de légitime ?

Est-ce légitime de détruire du mobilier urbain ?
Est-ce légitime de piller des magasins et de réduire à néant le labeur des commerçants en les privant de leurs revenus ?
Est-ce légitime de blesser par des tirs de mortiers et toutes sortes d’armes les forces de l’ordre qui s’interposent pour éviter le pire ?
Est-ce légitime d’incendier une mairie ou de s’attaquer à des bâtiments publics, symboles de notre République ?

Non c’est illégitime. Et cette violence nous devons la dénoncer. Il nous faut faire une distinction entre les casseurs qui créent le chaos et les manifestants qui expriment leurs revendications.

Comment ne pas les entendre ? Nous voyons des jeunes descendre dans la rue, des lycéens exprimer leurs inquiétudes, des femmes et des hommes manifester leur colère. Nous avons encore en mémoire le mouvement des Gilets Jaunes qui relaient le cri de celles et ceux qui ne parviennent plus à vivre dignement de leur travail, qui se sentent oubliés, méprisés, éloignés des lieux où se prennent les décisions.

Derrière les manifestations, derrière les slogans, derrière parfois les excès il y a aussi des vies, des familles, des fins de mois difficiles, des inquiétudes pour l’avenir, et souvent le sentiment douloureux de ne pas être entendus. Nous n’avons pas à approuver toutes les revendications ni toutes les formes de contestation. Mais nous ne pouvons pas détourner le regard de la souffrance qu’elles expriment

Quand la colère monte dans une société, la première question n’est pas seulement de savoir comment la faire taire. C’est aussi de comprendre ce qu’elle nous révèle. L’Évangile ne nous donne pas un programme politique. Il nous donne quelque chose de plus fondamental : un regard sur l’homme, une exigence de justice et un chemin de fraternité.

+ Norbert TURINI
Archevêque de Montpellier

Cardinal Jean-Marc Aveline – Diocèse de Marseille

“J’appelle chacun à ne pas se laisser emporter par l’engrenage de cette violence : notre ville et notre pays méritent mieux que cela. Avec tous les croyants, nous prions pour que cessent ces troubles et que la paix revienne.”

Mgr Laurent Ulrich – Diocèse de Paris

“Prenant le pas sur la manifestation légitime des inquiétudes de tant de nos concitoyens – au premier rang desquels les jeunes, préoccupés de leur avenir et désireux d’entrer le mieux possible dans les responsabilités de l’âge adulte – et rendant celle-ci invisible et inaudible, les scènes de ces affrontements et de ces pillages d’une violence extrême sont encore très présentes à nos esprits. (…) Je veux manifester mon soutien et ma prière, qui sont le soutien et la prière des catholiques de Paris, à tous ceux qui ont vécu les deux derniers jours comme un traumatisme, et inviter nos concitoyens à un sursaut : en aucun cas, sous aucun prétexte, la violence aveugle, qui blesse, vole, incendie, ne peut être une réponse légitime. “

Mgr Dominique Lebrun – Diocèse de Rouen

” Nous continuerons d’offrir l’Évangile à quiconque cherche vérité, justice et amour : « Une Église prétendant se désintéresser des questions temporelles n’irait pas au bout de sa vocation » Léon XIV à l’Élysée, le 25 septembre 2026.”

Mgr Benoît Aubert – Diocèse de Limoge

” Dans cette épreuve, j’invite les catholiques du diocèse à s’unir à ma prière. Que le Christ nous aide à vivre la fraternité et à être des artisans de paix.”

Mgr Olivier de Germay – Diocèse de Lyon

“Je n’ignore pas que cette violence est le signe d’une société qui va mal, mais je veux redire avec force qu’elle est une impasse et ne peut qu’engendrer davantage d’injustices et de divisions. Ce n’est pas les uns contre les autres, mais ensemble, que nous pourrons relever les défis auxquels notre société doit faire face. “

Mgr François Touvet – Diocèse de Toulon

« Si la force est légitime contre la violence, la violence ne l’est pas : elle est une impasse dont nous devons épargner la jeunesse. Les lâches ennemis de la paix agissent le visage masqué. Nous devons donner un visage à la fraternité. » 

Mgr Benoît Bertrand – Diocèse de Pontoise

“Rien ne peut se construire dans la violence et les divisions motivées par les intérêts partisans. Notre pays a besoin de retrouver le chemin d’un dialogue respectueux et vrai.”