L’engagement de l’Église catholique dans les sommets internationaux n’est pas nouveau, mais il prend aujourd’hui une forme inédite.

Depuis l’encyclique Laudato Si’ du Pape François en 2015, le Saint-Siège s’est imposé au fil des rencontres internationales, comme une voix morale audible, crédible, prise en compte dans les négociations climatiques : délégation vaticane à chaque COP, messages pontificaux aux chefs d’État, prise de parole à la tribune onusienne. Mais dans tous ces cas, c’est le Vatican qui s’exprime.

Avec Church 7, une nouvelle étape semble franchie. Ce n’est plus l’institution diplomatique vaticane qui prend la parole, ce sont les Conférences épiscopales elles-mêmes. Issues des 7 nations représentées au G7 et réunies à Évian du 15 au 17 juin, elles s’adressent collectivement et directement aux chefs d’État de leurs pays respectifs.

Nouvelle, mais aussi disons-le, historique. Car pour la première fois, les présidents des Conférences épiscopales des pays membres du G7 se sont constitués en collectif . Baptisé « Church 7 » ils entendent signifier aux chefs d’État leur responsabilité particulière à l’égard du bien commun.

La différence est structurelle : là où le Saint-Siège parle au nom de l’Eglise universelle, le Church 7 porte la voix des Églises locales, enracinées dans sept nations de trois continents — Europe, Amérique du Nord, Asie.

C’est aussi le signal fort d’une l’Église catholique ne déléguant plus seulement à Rome le soin d’interpeller le pouvoir politique mondial.

« Construire des ponts pour la paix, la justice et la dignité humaine », communiqué publié par Church 7 le 12 juin dernier, s’articule autour de quatre axes : la réaffirmation du multilatéralisme et du droit international face aux conflits en Ukraine, en Terre Sainte, au Soudan et au Congo ; la solidarité internationale et le refus des réductions de l’aide au développement ; la gouvernance éthique de l’intelligence artificielle, dans la droite ligne posée par l’encyclique Magnifica Humanitas de Léon XIV ; et la responsabilité commune face à la crise climatique et aux déplacements forcés de populations qui en découlent.

Pays hôte du sommet, la France crédite malgré elle cette initiative d’une dimension supplémentaire. Dans une République régie par la loi de 1905, où la laïcité encadre strictement la parole religieuse dans l’espace public, revendiquer officiellement  dans une tribune la volonté de  « mettre au service de la paix et de la communauté internationale la capacité de nos Églises au dialogue, à la médiation et à l’accompagnement des plus vulnérables » dit quelque chose de plus sur l’audace de la démarche … et aussi sur la conviction qui l’anime.