Quelques heures avant les vêpres pour clôturer l’année jubilaire dans le diocèse de Montpellier, Mgr Norbert Turini présentait ses voeux à la Vie Consacrée chez les Petites Soeurs des Pauvres.

Jour du baptême du Seigneur, il évoque, dans son homélie, l’année jubilaire ainsi que l’importance de la Vie Consacrée “mémoire vivante du baptême de l’Eglise”.

HOMELIE MGR NORBERT TURINI
REPONSE AUX VOEUX DE LA VIE CONSACREE DIOCESAINE
FÊTE DU BAPTÊME DU SEIGNEUR ET CLÔTURE DU JUBILE DE L’ESPERANCE – DIMANCHE 11 JANVIER 2026 

Chères sœurs, chers frères,
Merci.
Merci de tout cœur pour vos vœux, pour cette parole prononcée au nom de toutes et tous.
Merci surtout à vous toutes et tous d’être présents, Merci pour ce que vous êtes, bien avant ce que vous faites.
La Providence a parfois de ces coïncidences qui ne sont pas des hasards.
En ce dimanche, nous célébrons le Baptême du Seigneur, et tout à l’heure à la Cathédrale, nous clôturerons le Jubilé de l’Espérance.
Baptême. Espérance. Et vie consacrée.
Tout est lié. Tout se répond. Tout se tient.
Le Baptême de Jésus n’est pas un simple épisode inaugural.
C’est un acte fondateur, un geste prophétique, une déclaration d’espérance.
Jésus n’avait pas besoin d’être baptisé. Et pourtant, il descend dans l’eau. Il rejoint la foule. Il se tient au milieu des hommes et des femmes tels qu’ils sont, avec leurs attentes, leurs fragilités, leurs blessures.
Il n’évite pas l’humanité : il l’assume.
Et c’est précisément là, dans cette eau partagée, que le ciel s’ouvre, que l’Esprit descend, que la voix du Père retentit : « Tu es mon Fils bien-aimé ; en toi je trouve ma joie. »
L’espérance chrétienne commence ici : non pas dans l’illusion, non pas dans le déni du réel, mais dans la certitude que Dieu se tient avec nous, au cœur même de nos vies.
Tout au long de ce Jubilé de l’Espérance que nous clôturons aujourd’hui, nous avons voulu redire que l’espérance n’est pas un slogan, mais une manière de vivre, une manière d’habiter le monde, une manière de traverser les nuits sans perdre la lumière.

Et permettez-moi de le dire avec force et gratitude : vous, personnes consacrées, avez été — et vous êtes — des témoins privilégiés de cette espérance.

Dans un monde inquiet, parfois fatigué, souvent tenté par le repli, vous avez continué à croire que Dieu agit, que la fidélité est possible, que l’amour peut durer.

Vous avez tenu bon. Vous avez veillé. Vous avez prié. Vous avez servi.
Sans bruit. Sans projecteurs. Mais avec une espérance têtue, enracinée dans l’Évangile.

La vie consacrée est une mémoire vivante du baptême de l’Église.
Elle rappelle que l’Église ne vit pas pour elle-même, qu’elle ne peut se réduire à l’organisation ou à la gestion, qu’elle est appelée à rester en état de sortie, d’offrande et de confiance.

Les communautés apostoliques portent l’espérance là où la vie est blessée, là où l’avenir semble bouché.
Les communautés contemplatives gardent vivante la certitude que Dieu agit même quand tout semble immobile.
Les vierges consacrées, au cœur du monde, disent qu’une vie donnée totalement est une source de liberté et de fécondité.
Les laïcs consacrés manifestent que l’espérance chrétienne ne retire pas du monde, mais l’habite de l’intérieur.

Votre diversité est une force prophétique.
Elle dit que l’Esprit Saint ne répète jamais la même phrase, mais qu’il compose une seule symphonie à partir de vies très différentes.

Osons le dire avec vérité, sans dramatiser mais sans édulcorer : si la vie consacrée venait à manquer, c’est toute l’Église qui serait atteinte. Non pas parce qu’il manquerait seulement des forces vives, mais parce qu’il manquerait des signes d’espérance visibles.

Il manquerait des vies qui proclament que Dieu est premier.
Il manquerait des existences qui attestent que l’Évangile est praticable.
Il manquerait des femmes et des hommes qui acceptent de vivre une certaine fragilité, pour rappeler que la force de l’Église ne vient pas d’elle-même.
Et j’ose le dire avec beaucoup de respect et d’affection : vous manqueriez à l’Église.
Parce que vous êtes des veilleurs dans la nuit, des sentinelles de l’espérance, des rappels vivants que Dieu n’abandonne jamais son peuple.

En ce jour du Baptême du Seigneur, et au terme du Jubilé de l’Espérance, il est essentiel de redire ceci : la vocation fondamentale de tout chrétien est le baptême.

Avant toute mission, avant tout état de vie, avant toute responsabilité, il y a cette parole fondatrice : « Tu es mon enfant bien-aimé. »
La vie consacrée ne s’ajoute pas au baptême : elle en est une intensification, une visibilité, un signe offert à tous les baptisés.

Par votre vie, vous rappelez à l’Église entière que :
• la pauvreté ouvre à une espérance libre,
• l’obéissance creuse un chemin de confiance,
• la chasteté élargit le cœur jusqu’à l’universel.

Alors, au moment où nous allons clore ce Jubilé de l’Espérance, je veux vous dire, avec émotion et simplicité : merci.
Merci pour votre fidélité parfois éprouvée.
Merci pour votre espérance quand les chiffres baissent et que l’avenir inquiète.
Merci pour votre prière quand l’Église traverse des tempêtes.
Merci pour votre présence discrète mais essentielle dans notre diocèse.

En ce début d’année, je vous adresse mes vœux les plus fraternels : que l’Esprit Saint vous renouvelle intérieurement, qu’il vous garde dans la joie profonde de votre appel, qu’il fasse de vous, encore et toujours, des témoins crédibles de l’espérance.

Je veux vous dire mon estime, mon affection, ma reconnaissance d’évêque et de frère.

Je compte sur vous.

L’Église compte sur vous. Et je crois profondément que le Seigneur, aujourd’hui encore se réjouit de vous voir, comme au Jourdain, vous tenir dans l’eau vive de votre baptême, porteurs de l’espérance qui ne déçoit pas.

Merci.

Et belle année à chacune et chacun de vous. “

↓ Retrouvez l’album photos de la clôture du Jubilé, cathédrale Saint-Pierre à Montpellier ↓

Crédit photo : Eva Tisseyre