Depuis le 19 septembre 2025, l’animation de la bibliothèque diocésaine, par décision de Mgr Turini, a été confiée au Service diocésain de la formation pastorale et spirituelle, sous la responsabilité du P. Jean-Sébastien Strumia, vicaire épiscopal à la formation. Après le pause estivale, elle réouvre ses portes.
François NAUDIN, bénévole à la bibliothèque diocésaine de Montpellier, nous en dit quelques mots :
Les 17-18 juin 2026 l’université Versailles Saint-Quentin organisait un colloque intitulé : « Les bibliothèques religieuses face aux défis du monde contemporain, entre déclin et renouveau (XIXe-XXIe siècle) ».
Pendant des siècles, les bibliothèques ont eu pour fonction de préserver les memorabilia, supports « supplétifs » et « palliatifs » de la mémoire humaine, afin d’assurer la préservation des savoirs, de tous les savoirs sans distinction y compris religieux.
Au service des sciences religieuses, les bibliothèques religieuses très tôt sont orientées autour d’un triple projet : pédagogique, académique et historiographique, à ce titre elles tiennent une place à part dans le paysage des bibliothèques et cultivent leurs singularités. Elles n’en demeurent pas moins les héritières patrimoniales des turbulences et vicissitudes de l’Histoire.
A ce titre la Révolution française et la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat de 1905 posent un nouveau cadre et une nouvelle organisation qui va orienter ces lieux de savoir vers un inexorable déclin. Un important transfert du patrimoine se joue à ces deux occasions. La Révolution française, tout d’abord, marque la confiscation généralisée des ouvrages du clergé et des bibliothèques privées des émigrés. Les événements qui débutent en 1789 mettent ces collections à la disposition de la Nation et les placent dans des dépôts littéraires confiés aux communes.
Toutefois, dès 1801 le Concordat incite à la reconstitution des bibliothèques des évêchés et des séminaires. L’Eglise, à cette occasion, va réclamer les livres disséminés, d’une part, pour réparer les ravages de la Révolution, d’autre part, pour des motifs liés à la pratique du culte et aux activités pastorales et liturgiques, mais aussi pour des raisons patrimoniales puisqu’il s’agit de conserver la littérature sacrée.
Pour sa part, lors de la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat ces collections sont « placées sous les mains de la Nation » et deviennent propriété de l’Etat par le biais d’une confiscation généralisée des fonds des séminaires, diocèses et congrégations religieuse. Ce transfert de propriété génère de nombreuses pertes et destructions.
Avec le XX ème siècle s’ouvre un nouveau chapitre marqué par la sécularisation et par un nouveau rapport au livre religieux. Les fonds religieux très souvent patrimoniaux attirent lettrés, chercheurs et universitaires. Jaloux de leurs trésors, les responsables bibliothécaires préfèrent la conservation à la communication des ouvrages, que les bibliothèques populaires tentent de développer. Longtemps, lieu de la mise en valeur des fonds, laboratoire du savoir religieux, instrument de travail, d’études et de recherche, dans la société contemporaine, la place qu’occupe la bibliothèque religieuse est à la fois confortée et fragilisée par les évolutions sociales : augmentation générale du niveau de diplôme, accroissement des pratiques culturelles, mais recul du nombre moyen de livres lus, et prise de distance à l’égard du livre en tant que référent culturel.
Et que dire du choc des nouvelles technologies propre au XXI ème siècle qui, depuis un quart de siècle, en a fait des lieux baptisés « médiathèques » où le premier critère est la fréquentation et l’animation d’un espace ? Aujourd’hui, non seulement on n’a plus besoin de se rendre à la bibliothèque pour consulter fichiers et catalogues permettant d’accéder aux documents, mais une quantité croissante de données et de textes sont accessibles à distance. Ces évolutions structurelles permettent d’entrevoir et de dessiner la réinstallation des bibliothèques religieuses, malgré les nombreux obstacles matériels et financiers : le coût, les infrastructures et l’établissement de nouveaux catalogues. A n’en pas douter la Bibliothèque du diocèse de Montpellier – située au sein de Villa Maguelone – dès l’hiver prochain deviendra un lieu d’ouverture sur de nouveaux horizons intellectuels et les savoirs modernes, mais aussi un espace de médiation culturelle, de dialogue et d’accueil de nouveaux publics séduits par la richesse d’une collection de près de 35 000 ouvrages religieux.
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