À l’occasion de l’ouverture de la 62ᵉ édition du Salon International de l’Agriculture, le 21 février 2026, la Conférence des Evêques de France a adressé une lettre de soutien et de gratitude aux agricultrices et agriculteurs de France.

Ce texte, signé par Mgr Denis Jachiet, président du pôle « Dialogue et Bien commun », Mgr Didier Noblot, évêque accompagnateur de l’équipe nationale « Mission rurale », et le père Arnaud Favart, délégué national, témoigne de l’attention renouvelée de l’Église au monde rural.

Conscients d’une crise profonde reconnue sans détour, les évêques ne minimisent pas les difficultés : endettement bancaire, pression des marchés mondialisés, injonctions contradictoires, relations tendues avec les industries agroalimentaires, mais aussi isolement des exploitants, contraintes administratives lourdes et dérèglement climatique…

Ils reconnaissent aussi les jugements parfois hâtifs d’une société majoritairement urbaine, peu au fait des contraintes du terrain.

Face à cette réalité, ils proposent la relocalisation de l’agriculture comme piste concrète, capable de rapprocher producteurs, distributeurs et consommateurs, redonnant ainsi un sens à une politique agricole de proximité dotée de réelles perspectives sur le temps long : ” Dans cette maison commune, nous voulons prendre en compte « le cri de la terre et le cri des pauvres », par l’éducation, la solidarité, des pratiques coopératives, le partage de transitions réussies ici où là. “

L’alimentation est un bien commun et non une valeur spéculative dont l’unique objet serait de produire sans limite. Au cœur de la lettre se trouve en effet une conviction forte : la souveraineté alimentaire ne peut être sacrifiée sur l’autel du commerce mondialisé.

Nourrir les hommes est une responsabilité éthique et spirituelle. Citant le pape Léon XIV, les évêques rappellent que la lutte contre la faim passe davantage par le partage que par l’accumulation.

S’inscrivant dans la ligne de Laudato Si’ du pape François, les évêques de France réaffirme que la « maison commune » excède la logique du marché.