Du 9 au 12 juin 2026, Barcelone accueillera la 4ᵉ édition des Rencontres méditerranéennes, en présence du pape Léon XIV en voyage apostolique dans la péninsule ibérique du 6 au 12 juin.
Évêques, jeunes et acteurs de terrain issus de 25 pays se réuniront autour d’un enjeu central : la construction de la paix sur les rives de la Méditerranée.
Ce rendez-vous majeur dont la portée spirituelle et politique dépasse les frontières de l’Eglise Universelle, s’inscrit dans la continuité d’un processus ecclésial engagé depuis 2020.
De Bari à Barcelone : un processus ecclésial en marche avec la paix comme horizon
À l’initiative de la Conférence épiscopale italienne, ce processus visant à construire des ponts entre les communautés riveraines de la Méditerranée a été engagé à Bari en 2020. Cette première édition avait réuni une quarantaine d’évêques autour du thème « Méditerranée frontière de paix ».
La rencontre s’est poursuivie en 2022 à Florence, où des maires de plusieurs villes méditerranéennes avaient également été conviés et à l’issue de laquelle avait été signée une charte commune abordant les questions migratoires, le réchauffement climatique et la citoyenneté méditerranéenne.
En septembre 2023, l’édition de Marseille a vu se franchir une nouvelle étape en associant plus de 120 jeunes de toutes confessions et religions aux travaux de près de 70 évêques catholiques venus des 30 pays du pourtour méditerranéen.
Cette dynamique s’inscrit dans l’esprit des voyages méditerranéens du pape François qui, de Lampedusa en 2013 jusqu’à Marseille en 2023, en passant par Tirana, Le Caire, Jérusalem, Chypre, Rabat, Naples et Malte, s’est toujours engagé à faire de la mer méditerranée, un carrefour de paix, de fraternité et d’espérance.
Cette quatrième assemblée des évêques de la région méditerranéenne sera consacrée à « la construction de la paix ». Les sessions de travail se dérouleront au Grand Séminaire de l’archidiocèse. Les évêques seront accompagnés dans leurs travaux par un groupe de théologiens, par des acteurs de la solidarité engagés au service de la Méditerranée et par de jeunes adultes de diverses confessions et originaires de 25 pays.
L’objectif assumé est de bâtir des ponts de fraternité entre les cinq rives de la Méditerranée pour répondre aux défis de la justice et de la paix. Dans un monde contemporain particulièrement meurtri, la priorité reste de fédérer des acteurs de paix et de fraternité, conscients des enjeux écologiques, migratoires et sociétaux, engagés au service d’une écologie intégrale méditerranéenne.
Le pape Léon XIV est un familier du “dossier méditerranéen”. Le cardinal Prévost, en tant que préfet du dicastère, avait en effet participé à la session de Marseille en 2023 et suivi de près les évènements qui en ont découlé. Il assure aujourd’hui la continuité de l’élan donné par le pape François à cet espace méditerranéen qu’il avait placé au cœur son pontificat. Une autre rencontre méditerranéenne locale sera également proposée fin août au Liban, témoignant de l’élargissement et de la vitalité de ce processus ecclésial.
Une Eglise au service des cinq rives
En choisissant Barcelone — ville ouverte, carrefour entre l’Europe et la Méditerranée — l’Église catholique réaffirme son charisme de mise en relation, sa vocation à favoriser le dialogue et la culture de la rencontre dans une région traversée par des tensions migratoires, des conflits armés et des fractures sociales profondes.
La 4ᵉ édition des Rencontres méditerranéennes s’annonce, une nouvelle fois, comme un moment charnière, sous le regard attentif et engagé d’un pape héritier d’un pontificat tourné vers la Mare nostrum.
Retour sur le Bel Espoir, navire-école pour la paix
Entre les éditions de Marseille et de Barcelone, la vision méditerranéenne du pape François a pris littéralement la mer. Le Bel Espoir, navire-école pour la paix, a tracé, durant l’année sainte, un sillon d’espérance à travers la Méditerranée, faisant escale dans 30 ports méditerranéens, créant ainsi un réseau symbolique entre les différentes rives de cette mer partagée.
En naviguant sur la Méditerranée de façon décentralisée, jusque dans ses périphéries, le Bel Espoir sur lequel quelques 200 jeunes de nationalités, cultures et religions différentes se sont côtoyés, a incarné littéralement cette « culture de la rencontre », métamorphosant l’image d’une mer non plus perçue comme une frontière, mais comme un pont naturel entre les peuples et les cultures.
Le 17 octobre, à Ostie, le pape Léon XIV est venu à leur rencontre sur le pont du Bel Espoir, en présence du cardinal Jean-Marc Aveline. Dans ce discours, il a articulé sa vision autour de trois idées : le dialogue, la construction de ponts entre les peuples et l’engagement pour la paix. Sur le dialogue, il a souligné l’importance d’« apprendre à écouter et à exprimer ses propres idées et valeurs, ainsi qu’à se respecter mutuellement ». Sur la paix, il a appelé les jeunes à « promouvoir la paix dans un monde qui tend de plus en plus à la violence, à la haine, au clivage et à la polarisation », rappelant que des personnes venues de pays, de langues et de religions différentes peuvent vivre et travailler ensemble « parce que nous sommes tous des êtres humains ». Il a conclu en citant saint Augustin, dont il porte l’héritage en tant qu’augustin : « Si tu veux changer le monde et le rendre meilleur, commence par te changer toi-même. »
Ces paroles prononcées à Ostie résonnent directement avec les travaux qui s’ouvriront à Barcelone en juin 2026.
Ces jeunes participants ont constitué, durant leur périple un « Livre blanc sur la Méditerranée » qui a été présenté à Léon XIV lors d’une récente audience, incarnant une continuité symbolique forte, entre deux pontificats portés par la même boussole : la fraternité méditerranéenne.


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