Le prénom Joseph vient de l’hébreu Yosef, qui signifie « il ajoutera » ou « que Dieu ajoute ». Un prénom prophétique pour celui qui allait être appelé à « ajouter » sa protection et son amour à la Sainte Famille.

Descendant du roi David, Joseph est donc de sang royal — ce qui permettra à Jésus d’être reconnu comme fils de la lignée davidique, conformément aux prophéties messianiques.

Joseph vivait à Nazareth, en Galilée, où il exerçait le métier de charpentier. Au sens de l’époque, ce terme — tekton en grec — désignait non seulement le travail du bois, mais aussi celui de la pierre et de la construction. Le travail manuel était alors perçu comme une activité noble, ancrée dans la vie quotidienne du peuple. Joseph n’était pas un homme de cour : c’était un artisan, humble et consciencieux.

L’Évangile de Matthieu introduit Joseph avec une formule lapidaire mais décisive : il était un homme juste (Mt 1,19). Dans la tradition biblique, la justice ne désigne pas simplement la vertu morale : elle qualifie l’homme pleinement accordé à Dieu, fidèle à la Loi et ouvert à Sa volonté.

Lorsque Marie se retrouve enceinte avant qu’ils n’aient commencé à vivre ensemble — la coutume juive distinguant les fiançailles officielles de la cohabitation — Joseph se retrouve face à une situation incompréhensible. La Loi de Moïse autorisait la répudiation publique de l’épouse, voire, dans les cas extrêmes, la lapidation. Joseph, lui, choisit une voie différente : il décide de renvoyer Marie en secret, pour ne pas l’exposer à la honte publique. Cet acte de miséricorde discret révèle déjà la profondeur de son caractère.

C’est alors qu’un ange lui apparaît en songe avec ces mots : « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse, car l’enfant qui a été conçu en elle vient de l’Esprit Saint. Elle enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus, car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. » (Mt 1,20-21).

À son réveil, Joseph n’hésite pas. Il accueille Marie.

Cet acte d’obéissance immédiate est au cœur de sa figure spirituelle : il reçoit la Parole de Dieu dans le sommeil, et agit dès son réveil. Pas de discussion, pas de résistance. Une foi nue, agissante et totale.