À l’approche des ordinations prévues fin juin, les diocèses appellent les fidèles à accompagner dans la prière ceux qui se préparent au sacerdoce.
Prier pour les vocations, c’est rendre grâce pour la générosité de ces hommes et de ces femmes qui répondent à l’appel du Christ, mais aussi, témoigner de la demande confiante adressée à Dieu que d’autres répondent à son appel.
La Journée mondiale de prière pour les vocations, célébrée le 26 avril dernier, invitait chaque baptisé à redécouvrir sa propre mission dans l’Église et à soutenir, par la prière ou un signe fraternel, ceux qui s’engagent au service de Dieu et de leurs frères.
Le 8 mai prochain, notre archevêque nous convie au “Pèlerinage pour les vocations” à Notre-Dame du Suc.
Une réponse à l’appel : interview de Jean Dai Ly Nguyen, jeune prêtre ordonné en juin 2024
Qui êtes-vous père et d’où venez-vous ?
“Je suis né dans une famille où l’amour et la foi étaient plus riches que tout l’or du monde. Mes parents, agriculteurs et producteurs d’alcool de riz, ont travaillé dur pour nous élever, moi, mes quatre frères et mes sœurs, dans la tradition chrétienne.
Deux de mes grands frères ont répondu à l’appel du Seigneur en devenant prêtres, et les autres membres de ma famille se sont mariés. Malgré notre pauvreté matérielle, nous étions bénis d’une richesse spirituelle inestimable.
J’ai grandi en voyant la foi en action : la solidarité dans les moments difficiles, la prière commune, et l’engagement de mes frères prêtres. Cela a façonné ma jeunesse et m’a enseigné que la vraie valeur ne se mesure pas en possessions, mais en amour et en dévotion.
La foi dans mon village était comme un phare dans la nuit, guidant les âmes perdues et offrant espoir et réconfort. Elle a survécu aux épreuves, aux persécutions, et a prospéré, témoignant de la force et de la persévérance de notre communauté…”
Qu’est ce qui est à l’origine de votre vocation ? (rencontre(s), évènement(s), éducation, etc…)
“J’avais 15 ans, à la fin de mes années de collège, lorsque j’ai ressenti l’appel du Seigneur. Ce n’était pas dans un moment de grande révélation, mais plutôt à travers le quotidien, touché par la Parole de Dieu et l’exemple vivant des missionnaires français qui ont fondé notre communauté dans ma paroisse natale.
Malgré le contexte difficile du régime communiste vietnamien, où la foi était perçue comme le chemin des martyrs, cet appel a résonné en moi avec une force inébranlable.
C’était comme une petite flamme qui, au lieu de s’éteindre face à l’adversité, grandissait et se renforçait.
Les missionnaires français m’ont montré que la foi n’est pas seulement une affaire de mots, mais d’actions et de service. Ils ont vécu leur mission avec un dévouement qui allait au-delà des barrières culturelles et politiques, incarnant l’amour et la compassion que prêche l’Évangile.
C’est cette combinaison de la Parole et de l’exemple qui a semé en moi la graine de la vocation. Une graine qui a pris racine dans un sol peu propice, mais qui a finalement fleuri, me poussant à suivre le chemin du sacerdoce…”
Qu’avez-vous ressenti lors de l’appel de Mgr Norbert Turini, archevêque de Montpellier, pour votre ordination ?
“Lorsque j’ai reçu l’appel de Monseigneur Norbert TURINI pour mon ordination, c’était un moment d’une intensité émotionnelle indescriptible. J’ai ressenti une vague de joie, d’humilité et de gratitude déferler sur moi. C’était comme si toutes mes années de prière, de dévotion et de préparation avaient convergé en ce seul moment. J’étais à la fois ému et émerveillé par la grandeur de l’appel que Dieu m’avait adressé par l’intermédiaire de Monseigneur. C’était un sentiment d’être profondément aimé et choisi, une expérience qui a renforcé ma foi et mon engagement envers le service de l’Église et de la communauté. C’était vraiment un moment de grâce divine.”
Quel sentiment cela provoque en vous d’être ordonné prêtre ?
“Être ordonné prêtre a été l’un des moments les plus marquants et les plus émouvants de ma vie. C’est un sentiment qui dépasse les mots – une combinaison de joie, de paix et d’un profond sentiment de responsabilité. Chaque jour, je suis rempli d’une gratitude immense pour avoir été choisi pour servir Dieu et Sa communauté de cette manière. C’est un privilège et un honneur que je ne prends pas à la légère. Chaque messe que je célèbre, chaque sacrement que j’administre, est un rappel constant de cet appel sacré. C’est un chemin qui demande du dévouement, de la compassion et de l’humilité, mais c’est aussi un chemin qui apporte une joie et une satisfaction profondes. Être prêtre n’est pas seulement ce que je fais, c’est qui je suis.”
Comment avez-vous vécu votre ordination et les jours qui ont suivi ?
“Mon ordination a été un moment de joie intense et de profonde humilité. En prononçant mes vœux, j’ai ressenti une connexion profonde avec Dieu et une détermination renouvelée à servir Sa communauté. Les jours qui ont suivi ont été remplis d’une énergie nouvelle et d’un sentiment d’urgence.
Ma mission avec l’équipe de la santé a commencé immédiatement. J’ai été accueilli dans les aumôneries des hôpitaux de Montpellier, où j’ai eu l’honneur de visiter les malades. Chaque rencontre était un rappel poignant de la fragilité de la vie et de l’importance de la compassion et de l’écoute. J’ai été touché par la force et le courage de ceux que j’ai rencontrés, et j’ai été inspiré par leur foi.
En tant que vicaire de la cathédrale de Montpellier, j’ai également eu l’occasion de participer à la vie spirituelle de la communauté de manière plus large. J’ai été impressionné par la dévotion et l’engagement de ceux qui assistent aux services et participent aux activités de l’église.
Chaque jour apporte de nouveaux défis et de nouvelles opportunités pour grandir et apprendre. Je suis reconnaissant pour cette vocation et je suis impatient de continuer à servir Dieu et Sa communauté dans les années à venir.


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