Le 8 mai 2025, la fumée blanche s’élevait sur la place Saint-Pierre.

Un an plus tard, prenons le temps de regarder en arrière et de mesurer le chemin parcouru. Quel visage Léon XIV a-t-il donné à son pontificat ?

Retour sur une année fondatrice.

Un homme qui gouverne à voix basse

Élu pape le 8 mai 2025, à l’âge de 69 ans, Léon XIV est le premier souverain pontife originaire des États-Unis. Pourtant, rien dans son style ne rappelle l’exubérance souvent associée à son pays natal. Plus sobre que son prédécesseur, ce pape américain s’est révélé sportif, polyglotte, et soucieux de comprendre le monde actuel. Dès les premières heures de son pontificat, il s’est présenté, en dépit du décorum inhérent à la fonction, avec une grande simplicité : fils de saint Augustin, héritier d’une tradition qui place la fraternité avant le pouvoir.
Il ne cherche pas à être une copie de son bouillonnant devancier. Cependant, il marche sur la route pavée par François. Sa boussole ? Vatican II, les pauvres, la collégialité, la paix. Dès son élection, il a réinstallé le conseil hebdomadaire réunissant autour de lui les responsables de la Curie, et décidé d’associer étroitement les cardinaux à la conduite de son pontificat en convoquant plus souvent des consistoires. Léon XIV est un homme de méthode, qui préfère le murmure à l’éclat — sans pour autant manquer de fermeté et de détermination lorsque les circonstances l’exigent.

La paix, fil rouge d’une année de voyages

Depuis sa première apparition publique, le pape a répété son appel à une paix désarmée et désarmante — une idée qui a marqué ses premiers mois de pontificat.

Loin d’être une “formule marketing” : c’est un programme. Il a invité le peuple de Dieu ainsi que le faisait le pape François à construire des ponts, dialoguer, rencontrer et à avancer dans l’unité.
Les voyages apostoliques ont traduit cet engagement en actes. Fin 2025, il s’est rendu en Turquie et au Liban dans le cadre d’un voyage axé sur le dialogue interreligieux et l’unité des chrétiens, coïncidant avec le 1 700e anniversaire du concile de Nicée. Au Liban, il s’est recueilli près des décombres provoqués par l’explosion du port de Beyrouth en août 2020. Un geste silencieux, mais éloquent. Au printemps 2026, son voyage en Afrique a constitué un moment de cristallisation, révélateur des tensions et des orientations d’un pontificat encore en ouverture, déplaçant volontairement le centre de gravité ecclésial vers le Sud global.

La synodalité : marcher ensemble, sans se perdre

Léon XIV a affirmé son intention d’assumer l’héritage de François concernant le Synode sur la synodalité, ce vaste chantier lancé en 2021 pour rendre l’Église catholique plus participative et moins cléricale. Il l’a dit sans ambages : « La synodalité doit devenir une mentalité, ancrée dans les cœurs, les processus décisionnels et les modes d’action. » Pour lui, la synodalité n’est pas un concept abstrait réservé aux théologiens — c’est « Vatican II en un mot » : une communauté ecclésiale plus collégiale, plus participative et plus missionnaire.

Magnifica humanitas

Au seuil de ce premier anniversaire de pontificat, tous les regards convergent vers un texte encore inédit : la première encyclique de Léon XIV. Son titre a déjà été dévoilé, et il résonne comme un manifeste. Magnifica humanitas — « Magnifique humanité ».
Ce texte abordera principalement la question de l’intelligence artificielle, dans la lignée de l’encyclique Rerum novarum de Léon XIII. Un choix de nom chargé de sens : le nouveau pape a replacé ce choix dans le contexte d’une révolution actuelle, celle de l’intelligence artificielle, comparable en ampleur aux bouleversements sociétaux faisant suite à la révolution industrielle du XIXe siècle.

Cette question, Léon XIV l’avait largement abordée à l’occasion de la 60ème journée mondiale des communications sociales le 24 janvier dernier, posant en préambule un constat troublant : sommes-nous en train de sacrifier notre nature profonde sur l’autel de la technologie numérique ?

 

Pape François
Pape François
Pape François

Gestes fondateurs, prises de parole fortes, textes structurants : ce début de pontificat dessine le portrait d’un pape qui entend parler au monde avec une voix singulière, et rejoindre concrètement la vie des croyants. Un an, c’est peu. Mais le sillon est tracé.