The Father

Réalisateur : Florian Zeller

Date de sortie du film : 26 mai 2021

Durée : 1h 38 min

Genre: Drame

Nationalité : Franco-britanique

Distribution : Anthony Hopkins, Olivia Colman ….

Créé à Paris en 2012 Le père fut d’abord le deuxième volet d’une trilogie amorcée deux ans plus tôt avec La mère, et poursuivie en 2018 avec Le fils.
Le dramaturge français Florian Zeller porte lui-même au grand écran sa propre pièce, laquelle a connu un grand succès partout, particulièrement dans les pays anglo-saxons. Elle a fait le tour du monde et obtenu de nombreuses récompenses.Plusieurs œuvres abordent le thème de la démence. La particularité de l’approche de Florian Zeller est d’emprunter le point de vue de celui qui en est atteint, sans ne jamais en décrocher. Tout est ainsi vu à travers les yeux d’Anthony.

The Father raconte la trajectoire intérieure d’un homme de 81 ans, Anthony, dont la réalité se brise peu à peu sous nos yeux. Mais c’est aussi l’histoire d’Anne, sa fille, qui tente de l’accompagner dans un labyrinthe de questions sans réponses.
C’est toute une réflexion sur la vie et la condition humaine qui est proposée dans ce film. Sa réussite repose sur le fait qu’il ne parle pas d’Alzheimer, il le traduit.

The Father a obtenu deux oscars dont celui du meilleur scénario.

Philippe Cabrol
Chrétiens et Cultures

Si le vent tombe

Réalisateur : Nora Martirosyan

Date de sortie du film : 26 mai 2021

Durée : 1h 40 min

Genre: Drame

Nationalité : France, Arménie, Belgique

Distribution : Grégoire Colin, Hayk Bakhryan, Arman Navasardyan

Alain, mandaté par un cabinet international,  vient expertiser l’aéroport d’une petite république auto-proclamée du Caucase afin de donner le feu vert à sa réouverture.  Son arrivée suscite beaucoup d’espoirs dans cette communauté éclairée qui parle karabatsi, arménien, anglais, français, russe.  Malgré la requête pressante du directeur de l’aéroport, il refuse  d’être interviewé par la télévision locale tant qu’il n’aura pas abouti à la conclusion de son audit. Deux points lui posent des problèmes : Edgar, un jeune garçon  qui se livre à un étrange commerce autour de l’aéroport et  surtout la  distance exacte  de  la frontière avec l’Azerbaïdjan. Au contact de l’enfant et des habitants, Alain découvre cette terre isolée et risque tout pour permettre au pays de s’ouvrir. 

Si le vent tombe questionne avec justesse le rapport des hommes face aux frontières et aux contraintes territoriales à travers les yeux d’Alain. Rapidement, il va comprendre que la réouverture de l’aéroport va bien au-delà de pures considérations économiques. L’enjeu est ailleurs : rouvrir l’aéroport, c’est s’affranchir des frontières parfois tracées aléatoirement, mais avant tout placer la petite république du Caucase sur la carte du monde. 

Mais cette volonté n’est pas exemptée de dangers : les tensions armées entre le pays et son voisin se cristallisent autour du traçage des frontières, ce qui pose problème quant à l’éventuelle conclusion de l’audit. Et pourtant, au fil des discussions avec les habitants et des moments partagés avec eux de joie comme d’angoisse, Alain semble se détacher de sa fonction pour vivre des moments affranchis du temps et de frontières. 

La réalisatrice arménienne Nora Martirosyan,   instaure dans ce premier long-métrage, film de pistes et de trajectoires, avec une mise en scène précise et atmosphérique   un climat qui sublime la portée documentaire, et sa fiction dans ce pays où les combats font rage est d’une belle force narrative et visuelle.

Philippe Cabrol
Chrétiens et Cultures

Balloon

Réalisateur : Pema Tseden

Date de sortie du film : 26 mai 2021

Durée : 1h 42 min

Genre: Drame

Nationalité : Chine

Distribution : Sonam Wangmo, Jinpa, Yangshik Tso

Nouveau long-métrage du réalisateur tibétain Pema Tseden, Balloon relate les conflits intérieurs d’une famille d’éleveurs dont l’harmonie est bouleversée à la suite de la découverte d’un étrange ballon. En nous emmenant au cœur des plaines retirées du Tibet, ce drame émouvant et contemplatif évoque sobrement les rapports entre spiritualité et modernité dans une communauté encore très traditionnelle. Balloon a aussi une dimension documentaire quasi ethnologique dans l’évocation de la vie quotidienne, des rites bouddhistes, des marchandages lors de la vente des bêtes, des débats sur la réincarnation,… 

Drolkar et son mari élèvent des brebis,dans les grandes plaines tibétaines avec leurs trois fils et leur grand-père.  En réaction à la politique de l’enfant unique mise en place de 1979 à 2015 par les autorités du pays pour lutter contre  la surpopulation, Drolkar  s’initie en secret à la contraception, pratique taboue dans cette communauté traditionnelle. La maigre réserve de préservatifs qu’elle se procure au compte-gouttes devient alors son bien le plus précieux. Le jour où elle surprend ses enfants en train de jouer dehors avec les «ballons» volés sous son oreiller, Drolkar sait aussitôt qu’elle va devoir tout affronter: les reproches des aînés, le poids de la tradition, le regard des hommes. Et une naissance à venir…

 Balloon est une chronique tibétaine  mêlant les thématiques de la reproduction et de la réincarnation. Soulignant les contradictions entre ces deux, le scénario déroule  une histoire de contraception (les ballons avec lesquels jouent les enfants ne sont en fait que des préservatifs gonflés), de potentiel avortement et de croyance en la réincarnation prenant des dimensions particulières du fait de la mort récente du grand- père. Ce long-métrage confronte aussi  l’émancipation sexuelle d’une mère de famille et le conservatisme religieux qui régit les environs.

Sous ses dehors contemplatifs et dépaysants, avec ses plans attentifs sur les plaines désertiques, ses séquences dans une communauté coupée du monde et heureuse de sa position autarcique, le film assume un ton comique, voire cocasse, tout en demeurant constamment à la hauteur de ses personnages. On s’attache insensiblement à eux.

Philippe Cabrol
Chrétiens et Cultures