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Samedi 9 novembre à 20h30, à l'Opéra Comédie de Montpellier, Marianne Aya Omac, chanteuse montpelliéraine, se produira avec ses 60 choristes au profit de l'association Habitat et Humanisme qui lutte contre le mal logement.

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Les Chercheurs du Bien Communvous invitent à leur procvhaine réunion qui se tiendra le 14 novembre de 18h à 20h, à Notre Dame de la Paix (1 rue Cyprien Rome, Montpellier) sur le Thème : "Vaincre l’isolement social en s’engageant pour le bien commun".

Avant la rencontre, nous vous proposons de porter vos réflexions et vos actions en prenant pour fil directeur :

« L’isolement social des démunis n’est donc pas principalement physique mais moral, et résulte d’une absence d’engagement social, politique, culturel et surtout moral en faveur du bien commun de grandes métropoles et d’une quête commune d’un bien partagé par les villes et les banlieues, basée sur la dignité mutuelle et égale de leurs résidents respectifs. »

(David HOLLENBACH – Bien commun et éthique chrétienne (Ed. Facultés Jésuites de Paris - page 200).

Messe à l’intention des donateurs, cathédrale de Montpellier
3 novembre 2019, 31° dimanche du T.O.
Homélie de Mgr Pierre-Marie Carré

Nous connaissons bien le passage d’Evangile que nous venons d’entendre ! Pourtant, l’Evangile reste toujours neuf et vient nous rejoindre dans ce que nous vivons. Un mot, répété deux fois, a retenu mon attention. Il s’agit de l’adverbe « aujourd’hui ». C’est une manière de nous faire remarquer que l’histoire de Zachée n’est pas seulement une vieille histoire du passé, mais qu’elle se poursuit aujourd’hui même. Aujourd’hui, Jésus veut s’inviter chez nous, aujourd’hui le salut vient à nous. Il nous reste à y répondre en pensant que tous, d’une certaine manière, nous ressemblons à Zachée : nous avons besoin de rencontrer Jésus et de faire l’expérience du salut.

Revenons à l’histoire de Zachée. Pour les gens de Jéricho, Zachée est un adversaire. Il est à la solde des romains, il est corrompu, ce qui explique qu’il soit riche. On comprend que les gens le détestent. Il paraît absolument scandaleux que Jésus choisisse de venir chez lui plutôt que d’aller dans la maison d’un homme fidèle et pieux. Jésus semble l’approuver ! Mais la foule n’a pas tout vu, elle n’a pas tout compris. Elle n’a pas saisi que Zachée était en attente d’un signe qui pourrait changer sa vie.

Dans la scène racontée par St Luc, Zachée veut voir Jésus. On ne sait pas pourquoi ; est-ce simple curiosité ou y a-t-il davantage ? En tout cas, il est poussé par un désir intense de le voir et il va prendre tous les moyens pour y parvenir, sans avoir peur du ridicule. Il n’est pas grand, on ne le laisse pas passer, alors il monte dans un arbre et s’y installe ; ainsi, il pourra tout voir. Or, note St Luc, ce n’est pas lui qui voit Jésus, c’est Jésus qui le voit et qui lui parle en l’appelant par son nom et en s’invitant chez lui. Cela suffit pour qu’il soit libéré, devienne joyeux et capable de se montrer généreux.

Ce qui est arrivé autrefois à Zachée peut se produire pour nous aujourd’hui. Il n’est pas nécessaire d’avoir amassé des fortunes pour ressembler à Zachée. Il y a tant de raisons qui font que nous pouvons nous replier sur nous-mêmes. Pour l’un, ce sera l’attrait du confort, pour un autre, celui de l’activité constante et de la réussite, en un mot, tout ce qui peut étouffer notre vie spirituelle.

Une parole de l’Evangile, ou un évènement, pourra devenir une rencontre de Jésus qui sera source de salut et ouvrira à une relation renouvelée avec Dieu et avec les autres. Aujourd’hui, à travers cette messe, Jésus veut demeurer en nous par sa Parole et par son Eucharistie. Accueillons-le dans la joie et la simplicité du cœur.

Vous avez remarqué que le récit de Zachée s’arrête sur les bonnes intentions clamées devant tout le monde et sur les remarques de Jésus qui est « venu chercher et sauver ce qui était perdu ». Que va-t-il se passer ensuite ? On peut penser que Zachée fera ce qu’il a dit, mais c’est son secret. Cela ne nous renvoie-t-il pas à ce que nous allons vivre après cette messe du dimanche ? C’est aujourd’hui que le Christ veut demeurer en nous et y prendre toute sa place. Le laisserons-nous agir ?

Mgr Pierre-Marie Carré
Archevêque de Montpellier

Toussaint 2019 – Cathédrale de Montpellier
Homélie de Mgr Pierre-Marie Carré

Bonne fête à vous tous ! Oui, c’est notre fête car nous sommes déjà saints. C’est ainsi que saint Paul, dans ses lettres, saluait les chrétiens des communautés auxquelles il écrivait. C’est ce qui nous est offert depuis notre baptême.

Mais, direz-vous, Dieu seul est saint ! c’est ce que nous chantons au cours de chaque messe. Cependant, par le baptême, nous sommes devenus enfants de Dieu. Nous venons de l’entendre « le Père a voulu que nous soyons enfants de Dieu, et nous le sommes ». Dieu nous a adoptés et nous transmet ce qu’il est : il est saint et nous fait devenir saints. Être saints, c’est devenir ce que nous sommes : des enfants adoptifs de Dieu. St Jean a ajouté dans sa lettre « ce que nous sommes ne paraît pas encore clairement ».

Nous sommes libres et nous pouvons refuser ce lien d’adoption avec Dieu : c’est le péché. Il est la rupture de notre filiation. Mais il y a davantage que le péché, c’est de devenir vraiment fils de Dieu. Comment le devenir ? En étant uni au Christ Jésus, le Fils unique de Dieu, lui qui a pleinement réalisé les Béatitudes. Vous connaissez le Prologue de l’évangile de St Jean. J’en relève une phrase : « ceux qui ont accueilli le Verbe de Dieu, il leur a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu ». Une telle phrase montre bien qu’il y a un parcours à accomplir, un chemin à réaliser pour devenir enfant de Dieu. C’est tout l’objet et le but de notre vie sur terre : rencontrer Dieu et lui devenir semblable. D’ici là, nous avons à faire un pèlerinage, celui de notre vie.

Pour avancer hardiment, il faut de la confiance, ce qui nous manque peut-être le plus. La véritable confiance, nous disent les saints, ne vient pas de nous, mais vient de Dieu. Il serait facile de faire une longue liste de tout ce qui nous montre que nous manquons de confiance.  

C’est dans ce contexte que l’appel à la confiance que nous lancent les saints me paraît bienvenu. La confiance, par exemple, ce n’est pas l’optimisme ou se persuader que demain sera meilleur qu’aujourd’hui. Leur confiance ne vient pas d’un tempérament heureux qui pense que tout finira bien par s’arranger. La confiance des saints repose sur la certitude de la présence de Dieu et de son amour qui les accompagne.

Frères et sœurs, nous pouvons compter sur Dieu ! Comment ne pas reprendre le cri de joie de St Paul qui affirme : « rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu qui s’est manifesté en Jésus », et pour bien montrer qu’il s’agit de quelque chose de solide, il n’hésite pas à faire une liste de tous les obstacles possibles (Rm 8, 39).

Dieu nous tend la main, toujours. Il reste à ouvrir la nôtre et à accepter de la saisir pour pouvoir avancer. Les saints aussi nous tendent leurs mains pour que nous puissions prendre avec eux le chemin de la confiance.

Charles Péguy écrivait : « celui qui ne donne pas la main, celui-là n’est pas chrétien. Le pécheur donne la main au saint et celui-ci donne la main au pécheur. Ensemble, l’un tirant l’autre, ils remontent jusqu’à Jésus, ils font une chaîne aux doigts indéliables ».

C’est ainsi que les saints vivent de Dieu qui seul est saint. Ils sont des signes pour nous, des signes que le Christ est vivant. Avec lui, ils éclairent la vie quotidienne faite de tant de petites choses ; ils nous montrent, chacun à leur manière, qu’il est possible de la rendre sainte en cherchant à y mettre de l’amour. Il y a dans la foule des saints ceux qui semblent être toujours remarquables. Il y a aussi ceux qui ont été marqués par le péché. N’oublions pas que Jésus a dit : « il y a plus de joie dans le ciel pour un pécheur qui se convertit que pour 99 justes qui n’ont pas besoin de conversion ». N’est-ce pas là une parole qui nous rejoint et nous encourage à poursuivre avec confiance notre chemin de vie chrétienne ?

 

Mgr Pierre-Mare Carré
Archevêque de Montpellier

 

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Les évangiles nous montrent Jésus rencontrant beaucoup de personnes assez peu recommandables : des pécheurs, des publicains, des prostituées, des voleurs … On peut comprendre que cela scandalise les Pharisiens si soucieux de l’observance de la Loi et de pureté rituelle.

Mais il se passe quelque chose d’extraordinaire au cours de ces rencontres : Lui, qui est le « Saint de Dieu », les fait sortir des situations dans lesquelles ils étaient enfermés. Jésus leur ouvre un monde nouveau : celui d’une vie libre où ils sont pardonnés et se découvrent aimés de Dieu. Ces rencontres se terminent par « va, et ne pèche plus » ou encore « va, ta foi t’a sauvé ».

La fête de la Toussaint est celle où l’on célèbre la réalisation de la promesse que fait Jésus ; ceux que l’on fête en ce jour n’ont pas réalisé des choses extraordinaires. Ils sont souvent passés sans être remarqués. Leur dignité et leur sainteté provient de l’amour que Dieu leur porte qu’ils ont osé accueillir dans leur vie.

La fête de la Toussaint est la réussite de Dieu et celle de l’être humain. Qu’elle soit donc notre fête !

 

Mgr Pierre-Marie Carré
Archevêque de Montpellier