Neuf jeunes Palestiniens ont témoigné de leur vie, en la paroisse Saint-Augustin de l'Aqueduc, le 10 octobre 2016 à Montpellier, des récits bouleversants.


Dans le cadre de la Semaine de la Palestine et du jumelage Montpellier-Bethléem, neuf jeunes Palestiniens du Conseil des Jeunes de Bethléem - deux filles et sept garçons, huit chrétiens et un musulman -, à l’initiative de l’Association France Palestine Solidarité (AFPS), membre du Collectif Palestine 34 (Chrétiens de la Méditerranée, CCFD-Terre Solidaire, l’ACAT, Pax Christi, les amis de Sabeel), ont rencontré le vendredi soir 10 octobre des jeunes chrétiens de Montpellier, scouts et guides de France, jeunes du foyer Emmanuel d’Alzon, jeunes professionnels de la paroisse Saint-Jean-du-Lez, jeunes du Collectif Palestine 34, à la salle Jean XXIII de la paroisse Saint Augustin de l’Aqueduc. Ils ont aussi été reçus à la maison des Relations Internationales, accueillis au Conseil Régional, à la mairie. Après une présentation des participants à cette soirée, les Palestiniens ont  fait connaître leur cadre de vie et raconté ce qui se passe chez eux en bénéficiant d’une traduction simultanée en arabe et en anglais.

Une carte a rappelé comment la terre palestinienne est accaparée progressivement depuis 1947 par l’Etat d’Israël. Sur 7,8 millions de citoyens peuplant Israël, les Palestiniens représentent plus de 20 % soit 1,7 million de personnes. Ceux des territoires occupés par Israël depuis la guerre des Six jours, en 1967, habitent en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, avec un statut à part pour les habitants palestiniens de Jérusalem-Est qui reçoivent une « carte de résident » pour pouvoir vivre dans leur ville. 140 000 Palestiniens vivent dans le district de Bethléem, dont 7,5% en camps de réfugiés. Le Grand Bethléem compte 61 000 personnes, composé à part égale de chrétiens et de musulmans avec 46,9 % de moins de 15 ans et 12,9% vivant dans une grande pauvreté avec moins de deux dollars par jour.

Quinze membres permanents dont un tiers de femmes constituent le Conseil des Jeunes de Bethléem. Ils soutiennent la formation, l’éducation, améliorent les compétences des gens pour trouver du travail, développent des activités en faveur des personnes âgées, des orphelins. Ils ont aussi des activités de scoutisme. Ils entretiennent des contacts avec les villes jumelées. En ce qui concerne l’éducation à Bethléem, parmi une université publique, des universités privées, l’université-institution catholique- offre aux 3.200 étudiants dont 70% de femmes des diplômes de type master et plus, meilleure université pour les affaires et l’administration. Elle constitue la quatrième université en Palestine. Des bourses venant de l’étranger, des prêts aident les étudiants dans leurs études.

Les jeunes ambassadeurs de la Palestine pointent quelques difficultés de vie à et autour de Bethléem, comme cette colonie israélienne implantée sur une colline qui rejette les eaux usées sur les terres palestiniennes, les rendant incultes.

Le mur de l’apartheid, dit de sécurité, haut de huit mètres, coupe les gens de leurs terres, rend l’accès difficiles aux autres villes. Pour sortir de Bethléem, un laisser-passer doit être demandé à l’avance. A chaque passage, fouille systématique. Les habitants font la queue à partir de trois heures du matin pour aller travailler. Des chrétiens montés sur des ânes avec le drapeau palestinien n’ont pu vivre la fête des Rameaux.

Dans la bande de Gaza, pendant la dernière agression d’Israël, plus de trois cent mille tweeters ont été échangés sur la situation dans ce territoire : de nombreuses maisons, mosquées, écoles, des hôpitaux ont été détruits par des obus tirés depuis la mer par des navires israéliens entraînant plus de deux mille morts.

Les jeunes ambassadeurs de la Palestine réclament un autre avenir où la violence ne serait pas la seule issue, revendiquent un Etat viable et indépendant, libre de ses mouvements, de sa politique.

La soirée se termine par des échanges de petits cadeaux, des adresses de skype pour  pouvoir continuer les échanges après leur venue.

 

Jean-Louis Maurin, diacre

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